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Edition 2009-07-29 02:20:18
Histoires de highways

Bonjour à tous,
10 jours. Dix jours déjà que nous avons quitté Calgary. Dix jours donc pour arriver à Fairbanks en Alaska. Bon, nous n’avons pas une cadence de forcenés de la route, mais étant donné les paysages traversés pendant ces 4000 kilomètres de routes et de pistes, il n’a quand même pas fallut dormir au guidon. Il faut dire que rien que les noms des routes sont évocateurs : Alaska highway, Klondike highway, Top of the World highway … Ajoutez à cela les parcs nationaux de Banff et Jasper, le Yukon et ses histoires de ruée vers l’or, il y a là de quoi faire fantasmer le moindre motard avide de découvertes et de routes insolites. Mais seulement voilà, entre ce que l’on imagine et ce que l’on vit, il y a parfois tout un monde. Et nous, c’est souvent un monde météorologique qui nuit à nos aspirations. Cela aurait put être bien pire. Ne nous plaignons pas. Mais la traversée des parcs de Banff et Jasper aurait mérité quelques rayons de soleil. Deux parcs qui se succèdent seulement séparés par un col à environ 2100 mètres où se trouve le joyau de la route des glaciers : Colombia Icefield. Un glacier qui arrive presque au col et que l’on peut approcher en dix minutes de marche. Sous la pluie, dans le vent et le froid… Pas de chance. Il faut dire que dans cette grande vallée, la route est encadrée de montagnes dont la plupart supportent des glaciers qui parfois semblent suspendus aux parois rocheuses. Ruisseaux et rivières naissent ici et dévalent les montagnes dans de magnifiques cascades. La météo n’étant toujours pas favorable, nous ne nous attardons pas ici. En route pour l’Alaska. A partir d’Hinton, nous sommes dans le bain. Ce sera forêts, lacs et rivières dans les montagnes pendant ces milliers de kilomètres. Mais ici plus de parc. Les forêts sont exploitées et les gisements de gaz naturel succèdent au puits de pétrole. Ce sont les activités économiques principales de la région. Au fur et à mesure que nous montons en latitude, notre équipement évolue. Les gants d’hiver remplacent ceux d’été, le tour de cou réapparait, les polaires ressurgissent des coffres, et Chris remet les doublures de sa veste et de son pantalon. Le problème, c’est qu’il peut faire très froid un jour et très chaud le lendemain. Grande Cache, Grande prairie (avec des noms pareils, on se doute un peu de la provenance des gens qui ont fondé ces villes…) se succèdent avant d’arriver à Dawson Creek. Cette ville est le point de départ de cette fameuse Alaska highway. Route de 2288 kilomètres construite en 8 mois par l’armée américaine en 1942. En ces temps de guerre, les américains craignaient une invasion par l’Alaska. Il fallait envoyer des troupes rapidement et facilement dans cet Etat lointain. Nous allons suivre cette route jusqu’à Whitehorse avant de bifurquer sur la Klondike highway pour rejoindre Dawson City.
Mais avant cela, ce sont Fort St John, Fort Nelson et Watson Lake que nous traversons. Tout au long de ces routes, les rencontres se succèdent. Avec la faune tout d’abord : Nous ne comptons plus les ours, les biches et cerfs, les bisons, les mouflons, les écureuils (ben oui, pourquoi pas les écureuils ?), et en montant encore, les caribous.
La « balade » en Alaska, c’est pour les américains et canadiens, comme nous le voyage au Cap Nord. De ce fait, beaucoup de motos de toutes sortes. Ce que l’on voit le plus, ce sont des motards qui roulent sur des Kawasaki 650 KLE. Mais il y en a qui tentent l’aventure sur des Harley surchargées. Nous sympathiserons avec quelques bikers qui suivent la même route que nous. Il n’y a pas que les motos. Et quand on sait que les américains adorent le camping mais jamais sans avoir le confort de la maison, c’est un nombre impressionnant de motor-homes et autres caravanes qui forment presque des convois ressemblants aux convois de colons d’il y a un siècle. Alors que nous étions installés à la table d’un petit resto comme on en trouve tout au long de ces axes, arrive un gars en scooter. Un 400 Yamaha. Le gars entre dans le resto et prend la place des bikers qui étaient installés il y a quelques minutes face à nous. Le gars en question est québécois et aime bien parler. Quelle chance pour lui de trouver deux français en manque de conversation pour cause d’anglais déficient ! Et il parle ! Il est parti de la région de Montréal pour aller jusqu’en Alaska avec son scooter. Il a maintenant entrepris la route du retour en se disant bien qu’une fois arrivé, ce sera pour repartir encore ! Duiguidou nous laisse et nous reprenons notre route vers le Nord. Une autre étape insolite nous attend. Watson Lake.
Toute petite ville (mais ici, la moindre maison est un repaire important dans cette immensité) qui nous réserve une surprise. A l’entrée de l’agglomération, un jardin. Non, ici pas de pelouse ou de fleur, non, une forêt oui, mais de poteaux. Et sur ces poteaux, 45000 (on nous l’a dit, pas eu le temps de compter…) plaques et panneaux divers. Des panneaux d’agglomérations du monde entier ! Du monde entier ? Non ! Une ville résiste : Sisteron. Si nous n’avons pas compté, nous avons quand même bien regardé. Sisteron ne fait vraiment pas partie de cette forêt insolite. Tant pis….
Whitehorse. Etape agréable d’une vraie ville avec tous les services que l’on peut en attendre. Et nous ce qu’on demande, c’est des prix plus bas que ceux pratiqués depuis que nous sommes au Canada et qui montent proportionnellement à la latitude. De vrais supermarchés donc, avec des prix honnêtes. Et c’est gagné. La concurrence joue ici à fond. Ca fait du bien au budget.
C’est donc ici que nous quittons l’Alaska Highway (nous emprunterons la portion manquante au retour. Il ne faut rien laisser perdre !). A partir d’ici, c’est la route des chercheurs d’or que nous allons suivre. Ces chercheurs d’or qui débarquaient à San Francisco et partaient avec pratiquement rien vers ces contrées lointaines et froides dans l’espoir d’en revenir riches. Les plus fortunés d’entres eux prenaient le bateau à Whitehorse et allaient à Dawson City en suivant les longues méandres de la Yukon river. Les autres, c’était « la route ». Pas celle d’aujourd’hui avec tout le confort quelle offre. La route, c’était l’Aventure. Et nous voilà donc, après quelques kilomètres de forêt, à Dawson City. Ici aussi, tout est fait pour conserver le cachet de la ville tel qu’il était il y a une centaine d’année à l’époque du grand rush. Grand rush que nous pensions comme faisant partie de l’histoire à tout jamais. Eh bien, à notre grande surprise il n’en est rien. Que ce soit avec des moyens gigantesques ou avec une simple battée, il y en a encore beaucoup qui y croient. Mais en plus d’y croire, il se trouve encore beaucoup d’or dans la région. Ici, c’est souvent un paysage d’apocalypse qui s’offre à nos yeux. Tout a été retourné dans tous les sens. Des montagnes entières ont été déplacées. Et ca continue ! Des vestiges de matériel, d’engins abandonnés dans tous les coins, des dragues énormes. .. En baladant à quelques kilomètres de Dawson, nous nous rendons au bord du ruisseau Bonanza où tout a commencé en 1896. C’est ici qu’un chercheur a trouvé de l’or pour la première fois et a déclenché, bien malgré lui, cette ruée. Et que croyez vous que nous trouvons au bord du ruisseau (mais non, pas de l’or)? Un père avec ses deux garçons, agenouillés sur le ruisseau, battées en main à la recherche de la moindre paillette brillante. Eh bien croyez le ou pas, mais juste devant nous, l’ainé des deux trouve un caillou minuscule tout doré…
Bon, n’allez surtout pas croire que c’est si simple ! Il y a en ville un paquet de chercheurs qui cherchent toujours sans trouver la fortune. Leurs conditions de vie ne fait n’est pas vraiment enviable.
13 juillet. 29 ans (euh non, 49), Pour l’occasion Chris nous offre une soirée au Diamond Tooth Gerties. Cabaret, saloon, casino avec ses spectacles de french can-can qui participent à perpétuer le mythe.
Il faut prendre le bac pour traverser la Yukon river et continuer la route en direction de l’Alaska. Route, plus vraiment. La piste prévue commence ici. Et il pleut au moment de partir. Bon au moins, nous n’aurons pas de poussière. Il faut « positiver ». En plus, les mêmes véhicules qui roulaient en même temps que nous, continuent dans la même direction. Nous ne serons pas seuls en cas de pépin. En fait la pluie cesse de-suite. Donc, pas de boue non plus. Piste finalement très roulante et sans problème. Il faut dire que les « amerlocs » ont toujours tendance à en rajouter pas mal pour que tout soit toujours le plus qu’ailleurs. Si ce n’était les nuages qui touchent trop souvent les sommets, c’est vraiment fabuleux. La piste serpente sur les crêtes des montagnes à environ 1100 mètres d’altitude. De temps en temps nous avons droit à des panoramas qui nous font découvrir des forêts et des montagnes à perte de vue. Punaise, que c’est grand !!!! Poste frontière Canada – USA en pleine montagne. Franchit en deux minutes chrono. Welcome en Alaska comme le stipule le panneau face à nous ! Nous sommes de retour aux USA pour quelques jours. Quelques kilomètres plus loin, nous voilà à Boundary. Un petit point sur les cartes. Nous ne pensions pas y trouver grand-chose. A notre grand étonnement, voilà Boundary Lodge. Station service, hôtel, resto, magasin de souvenirs… Des hauts parleurs installés à l’extérieur diffusent de la musique country dans les montagnes. Un décor à faire pleurer n’importe quel cinéaste, et à l’intérieur, Antony, le proprio, nous sert des hot-dogs comme on en trouve même pas à New-York. Il faut avoir une sacrée dose de courage pour venir s’installer ici. Et voilà, tout le monde s’y arrête.
La piste nous ramène sur l’Alaska highway que nous allons suivre jusqu’à sa fin à Delta Junction. Il ne reste plus que 200 kilomètres pour arriver à Fairbanks non sans être passé auparavant à North Pole et à la maison du père Noël… Nous qui pensions ferme qu’il habitait à Rovaniémi en Finlande ! Nous sommes là avec un sacré dilemme !
Fairbanks. Pas terrible comme ville. Nous étions prévenus. Loin de ce que l’on peut attendre d’une telle destination. Ville plate, au format américain, sans grand charme. Nous sommes à 64°52’. Ce devrait être le point le plus haut en latitude que nous atteindrons pendant notre voyage. 10h00 de décalage horaire avec la France, et seulement 7300 kilomètres nous séparent de Sisteron. C’est la magie du GPS qui choisi le chemin le plus court, soit par le pôle Nord et le Nord de l’Europe. Nous qui pensions nous éloigner de la France en venant dans cette direction, voilà que nous nous en rapprochons… Nous allons faire une petite pose ici, le temps de vous écrire, de s’occuper de la moto et un peu de nous. Cet après midi : Coiffeur à North Pole.
On nous avait prédit de la piste infernale, des conditions très rudes, une nature pas forcément agréable, eh bien, après ce « petit » bout de route, le plus désagréable que nous ayons eu à subir, loin des rencontres avec les ours plutôt sympas, ce sont les moustiques qui nous pourrissent la vie plus que le mauvais temps ou autre.
Demain en prenant la route vers Anchorage, nous commençons en fait notre grande « descente » vers Ushuaïa, à quelques 30 000 kilomètres d’ici. Mais nous aurons le temps d’en reparler.
Nous vous laissons pour quelques jours, le temps que vous profitiez au maximum de vos vacances.
Amitiés
Chris et Alain



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