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Edition 2009-07-29 02:20:46
de retour du pays des ours

Si on vous dit que nous manquons de temps pour vous écrire, ça va certainement vous faire rire, mais c’est vrai. Nous avons beaucoup roulé ces derniers jours pour rejoindre la frontière des USA et nous n’arrivons pas à trouver un endroit où nous poser un peu. Comme si quelque chose nous poussait à toujours aller de l’avant …

Fairbanks est déjà derrière nous. Tout défile très vite. Notre prochaine étape est la ville d’Anchorage, soit un peu plus de 600 kilomètres. C’est grand l’Alaska. Très grand ! A vue de nez, cela doit faire quelque chose comme trois fois la France (au fait, Alaska c’est « continent » en langage Inuit). Et tout cela recouvert de montagnes. En fait, ce n’est pas grand, c’est géant ! La route nous fait passer au pied du Mont Mac Kinley. Sommet le plus haut d’Amérique du Nord avec ces quelques 6193 mètres d’altitude. Eh bien malgré cela, nous n’en verrons pas la couleur du Mont Mac Kinley. En effet, depuis que nous sommes partis, les nuages sont de plus en plus bas et de plus en plus noirs. Des montagnes enneigées, nous ne voyons plus rien. D’ailleurs, en milieu d’après midi, ces gros nuages noirs finissent par nous arroser d’une pluie abondante qui ne va pas nous lâcher jusqu’à notre arrivée à Anchorage.
Les grandes villes sont toujours un problème quand nous arrivons. Il faut prendre le temps de trouver ses repères, et après de choisir le meilleur hébergement. Pour nous, la question ne se pose que dans un sens : C’est camping, ou camping. Reste à trouver le moins cher et le mieux situé. Alors, quand on arrive en fin de journée, après 600 kilomètres de route de montagne, qu’il pleut et que personne n’est capable de vous donner la moindre indication pour vous aider à vous y retrouver, il s’agit de garder le moral. Et comme on dit que souvent le moral est dans la gamelle, rien de mieux qu’un repas pour faire décanter un peu les choses. On y voit souvent plus clair après.
Comme pour Fairbanks, la ville ne correspond pas vraiment à ce que nous attendions. Nous imaginions une ville portuaire accrochée aux montagnes abruptes.
Nous voilà dans une ville plate et de plus de quinze kilomètres de long. Certes il y a un port qui sert à ravitailler une grande partie de l’Alaska, mais cet Etat est tellement peu peuplé, que le port est en conséquence. De plus, de nombreux petits ports sont mieux situés que Anchorage qui est posée au bord d’un fjord très large et peu profond. A tel point, qu’à marée basse c’est une grande étendue de vase qui s’offre à nos yeux plutôt qu’un océan Pacifique que nous étions si pressés de rejoindre. Les montagnes, elles sont bien là, qui surplombent la ville. Il faudra attendre deux jours pour les entrevoir. Le temps que les nuages s’estompent un peu.
Mais n’allez surtout pas croire que l’Alaska n’est que grisaille et tristesse. Il suffit d’un souffle de vent, d’un peu de soleil pour que les montagnes couvertes de neige et de glaciers jaillissent des fjords aux eaux profondes et bleues. Les forêts retrouvent alors un vert éclatant et il n’y a alors plus qu’une envie : Aller voir tout çà de plus prés. Le surlendemain de notre arrivée, nous avons prévu d’allez faire une croisière vers un de ces nombreux glaciers qui viennent mourir dans l’océan en s’y disloquant. Le port d’embarquement se situe à une centaine de kilomètres d’ici. Il faut donc se lever un peu tôt pour être sûr de ne pas louper le bateau. Depuis plus de trois mois maintenant, nous avons oublié ce qu’est un réveil… Bon, nous sommes prêts dans les temps. Casques sur la tête, nous nous installons sur la moto. Contact… Eh bien non, pas de contact. La batterie a choisi de prendre sa retraite aujourd’hui. Et voilà comment une balade en bateau se transforme en balade en taxi pour aller acheter une nouvelle batterie à une dizaine de kilomètres du camping. Ennuyeux cette panne, mais nous allons dire que nous avons beaucoup de chance d’être ici en ville. La même panne quelques jours plus tôt dans les montagnes nous aurait contraints à plusieurs jours d’attente avec tous les problèmes que cela peut engendrer. Du coup, nous allons passer un jour de plus à Anchorage.
Le lendemain matin, après avoir franchi un tunnel qui sert aussi bien pour les trains que pour les véhicules, nous voilà enfin sur le bateau. La météo n’est pas vraiment exceptionnelle, mais pour la région, moins de nuage peut rimer avec beau temps. On ne va pas vous faire un film de la balade, mais en vrac, nous voilà face à une falaise où nichent des milliers d’oiseaux, un peu plus loin, c’est un gros ours noir qui est surpris en train de braconner dans un élevage de saumons, puis des groupes de loutres de mer qui se reposent en faisant la planche avec leur petit sur le ventre…
Le bateau se faufile entre les îles boisées qui forment un véritable labyrinthe pour arriver après quelques heures au pied de « Surprise Glacier » (c’est son nom). Une grande langue de glace blanche avec des reflets bleus qui descend entre les montagnes pour se jeter dans l’eau glacée de l’océan et qui forme à cet endroit une véritable falaise. Eau recouverte de blocs de glace sur lesquels se réfugient les phoques. Nous restons là une bonne demi-heure à attendre qu’un morceau du glacier se détache pour venir se fracasser dans l’eau. Malgré les craquements et détonations, le spectacle attendu n’aura pas lieu. Retour au port en rencontrant quelques baleines qui promènent dans le secteur.
Il est temps pour nous de quitter l’Alaska en ayant bien conscience que nous n’avons rien vu de cet immense Etat. Quelques centaines de kilomètres plus loin, après avoir serpenté entre un nombre incalculable de montagnes, nous voilà à nouveau à la frontière du Canada.
Cette fois, le temps de mettre un coup de tampon sur nos passeports et nous voilà admis dans le pays. Une chose nous préoccupe de plus en plus. Il n’y avait encore pas de poste de douane US à la sortie de l’Alaska. Et nous avons toujours cette carte verte collée à notre passeport, qui va expirer dans quelques jours et dont personne ne veut… Nous craignons des problèmes dans quelques temps pour rentrer à nouveau aux USA. De toute façon, nous ne pouvons rien y faire, nous verrons bien.
Nous sommes à nouveau sur l’Alaska highway, dans le Yukon, alors autant en profiter. Nous apprenons, que contrairement à la Colombie Britannique, ici il est interdit d’exploiter le bois. Seules les forêts ayant brulé peuvent êtres coupées. Ce sont les scieries qui se déplacent. Un autre point intéressant concernant cet Etat, il y aurait ici une population d’ours deux fois supérieure à la population humaine.
En attendant, nous franchissons les premiers 300 kilomètres de cette route qui sont une succession de dos d’ânes, de travaux ou de morceaux de piste. Heureusement, les 300 derniers kilomètres pour rejoindre Whitehorse sont plus relax sur une route neuve.
Nous enchainons en ce moment les journées de route avec en moyenne 600 kilomètres par jour. 4000 kilomètres entre Anchorage et Vancouver, il ne faut pas dormir. A Watson Lake, nous prenons la route du Sud. Un tronçon de 800 kilomètres pratiquement sans rien. Tout au plus 5 ou 6 villages, dont au moins la moitié se résume à moins d’une dizaine de maisons. La route, étroite et souvent en mauvais état quand elle ne se limite pas à une simple piste est très peu fréquentée. Contrairement aux autres axes, les abords ne sont pas débroussaillés, ce qui ne permet pas de voir arriver les animaux qui traversent. Et ils sont nombreux ! Orignaux (orignal au pluriel ?), mountain goats, mais surtout les ours. A croire que ces derniers aiment regarder passer les véhicules sur la route. Nous en trouverons même un assis sagement au bord du goudron. Nous nous arrêtons à deux ou trois mètres de lui. Il nous regarde un moment, et s’en va dans les hautes herbes. La plupart traversent tranquillement la route sans se soucier le moins du monde des voitures ou camions qui pourraient arriver et les percuter. Leurs seules idées, aller de l’autre coté de la route ou fleurs et framboises sont certainement meilleures que de l’autre coté. Il faut donc redoubler de prudence.
Il y en a deux qui ont dû avoir le temps d’admirer les forêts et qui ont du voir plus d’animaux que nous. C’est un couple de cyclistes français. Ils ont vingt mois pour rallier l’Alaska à la Terre de Feu. Quel courage !
Notre arrivée à Kitwanga, va être comme un retour à la civilisation. A tel point que même le paysage redevient banal. Etape à Prince George, ville sans aucun intérêt avant d’arriver à Vancouver. Vancouver où nous pensions faire une pose de quelques jours. Autant vous le dire, la visite a été brève. Le seul camping à proximité de la ville est situé sous une des principales routes d’accès à cette dernière. En plus le prix de l’emplacement est prohibitif. Nous fuyons donc vers la mer et prenons le bateau pour l’île de Vancouver. Le destin nous met sur le chemin d’un motard habitant une petite île voisine. Ce dernier nous invitant à passer la nuit chez lui, nous découvrons à l’occasion, l’île de Gabriola. Un petit paradis de calme et de douceur. Qu’est ce que ce serait sans la pluie … Et nous revoilà sur la route pour aller sur la côte Ouest de l’île de Vancouver. Les montagnes sont toujours au programme, et le spectacle est continu. Surtout quand nous traversons « Cathedral Grove » (la forêt cathédrale) cette forêt aux arbres géants dont certains ont dans les 800 ans. Ces sapins « Douglas » étaient déjà là quand Christophe Colomb a débarqué ! Lacs, rivières et cascades se succèdent au milieu des forêts. Seul manque le soleil. Et notre arrivée sur la cote Ouest de l’île n’arrangera rien. C’est simple. Pour voir l’océan, il faut payer. Ici c’est un parc national, et l’accès au rivage se monnaye. Pour dormir, c’est pas mieux: jusqu’à 46$ pour un « emplacement » à côté des sanitaires et sur un terrain récemment défriché au bulldozer et presque tel quel. Quand nous demandons pourquoi de tel prix, on nous répond : Mais le terrain est cher ici monsieur ! J’avais oublié que chez nous on nous le donnait le terrain. En fait, comme dans beaucoup d’endroit sous ces latitudes, la saison est courte. Il faut gagner en 3 ou 4 mois de quoi déplacer le gros motor-home vers le Mexique et de quoi y vivre le reste de l’année… Eh bien, comme la ville du même nom, l’île de Vancouver ne nous retiendra pas longtemps… Pour la quitter, nous décidons de prendre un bateau qui doit nous mener directement aux USA, au nord de l’Etat de Washington. A l’embarquement, nous passons la douane canadienne sans aucun problème. Et, surprise, le bureau des douanes des USA est de ce côté. Il faut y passer avant d’embarquer sur le rafiot d’une autre époque et qui est amarré à quelques mètres de nous.
Reste à savoir comment cela va se passer avec notre carte verte expirée depuis la veille… Pourrons-nous embarquer et continuer notre voyage comme prévu en traversant l’Ouest des USA pour aller vers le Mexique ?



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