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Edition 2009-07-29 02:21:28
Nous avons eu chaud !

Elle est là, devant nous. Ou plutôt c’est nous qui sommes devant elle. Elle, derrière son comptoir et qui nous regarde d’un air autoritaire. De plus, son autorité est proportionnelle à son volume. C’est dire le pouvoir quelle a ! Et pour nous elle en a beaucoup du pouvoir… cette douanière noire. Et elle nous le fait bien sentir en repoussant d’un air négligeant mais autoritaire nos deux passeports et en nous vociférant dans un américain pur chewin-gum que nos cartes vertes sont expirées depuis la veille et que nous aurions dû les remettre aux autorités US et qu’il est hors de question que nous rentrions aux USA à nouveau et que de toutes façons nous ne comprenons rien à ce quelle nous dit mais que nous avons très bien compris que ça va mal pour nous…
Nous savions bien qu’il fallait s’en débarrasser de cette carte verte. Mais les américains, à vouloir trop bien faire ont une faille dans leur système. Et pas des moindres. S’ils veulent savoir qui sort du pays et quand, il faudrait peut être installer des postes de douane à toutes les sorties du pays…
En attendant, nous sommes là et bien embêtés. Il ne nous reste plus qu’à faire appel à une autre douanière, canadienne celle là, qui parle très bien français afin qu’elle nous aide à prouver notre bonne foi. Et ça marche ! Après quelques minutes, une photo d’identité et deux empruntes digitales de plus, nous voilà en possession de nouvelles cartes vertes à nouveau valables trois mois. Elles sont juste antidatées de la veille. Quand on disait qu’elle avait beaucoup de pouvoir ! Pour vous dire combien elle était grosse ! Mais finalement, on lui aurait bien fait la bise tellement nous étions soulagés…
Bon, nous avons eu chaud ! Nous voilà maintenant en train d’embarquer sur un vieux rafiot qui doit avoir pas loin de cent ans. Il ne lui manque que les rames. Finalement ce sera suffisant pour rallier la côte des USA après avoir slalomé entre une multitude de petites îles. Nous pensions en avoir fini avec les formalités. Erreur. Sur le port, contrôle. Douanier encore… Il est décidément plus facile de passer les douanes par voie terrestre. Un grand balèze en uniforme et à la tête de Brutus s’approche de nous. Passeport. OK. Ouvrez ce coffre. Puis celui là, puis cette sacoche… Et voilà notre beau chargement en vrac sur le bitume alors qu’il commence à pleuvoir. Tiens, nous l’avions oublié la pluie… Elle nous avait laissé 24 heures de répit. Bon, nous revoilà donc sur le sol US avec pour seules limites, mais non des moindres, la validité de l’assurance de la moto et notre budget qui en ce moment a un peu triste mine. Et cela ne vas pas s’arranger dans l’immédiat. Avec ce qu’il tombe, le motel s’impose ce soir. Nous verrons bien demain pour la suite.
Seattle. Les priorités en arrivant ici, sont de trouver un camping. Pas facile. Et le moins cher possible. Encore moins évident. La solution, dans ce cas, c’est le camping dans un parc d’Etat. Malheureusement cette solution nous fait découvrir ou redécouvrir la misère de plus en plus grande qui s’étant aux USA. Le rêve américain n’est pas pour tout le monde. Beaucoup de gens n’ont d’autre solution que de s’installer dans ces campings et vivent soit dans des tentes, soit dans de vieux motor-homes délabrés. Pas gai tout çà…
Notre deuxième urgence en arrivant ici, c’est de trouver quelqu’un qui veuille bien nous changer les pneus de la moto et y faire une bonne révision. Les routes de l’Alaska ont éprouvé le matériel. Et là, nous rencontrons des gens super compréhensifs et efficaces. La concession BMW de Tacoma. Le chef d’atelier après avoir compris nos besoins, nous dit : Problème n°1, les pneus. Nous vous les changeons de-suite. Il est 15 h00 et la journée finie à 17h00. Et il rajoute : Pour la révision, si vous le pouvez, soyez là demain matin à 9h00.
Le lendemain, un quart d’heure avant l’heure prévue, un mécano réceptionne la moto que nous récupérons en fin de matinée. Pendant l’attente, voilà que l’on vient nous servir le petit déjeuner avec les donuts et autres spécialités locales. Mise à disposition d’un ordinateur avec internet, et n’allez pas croire que çà s’arrête là. Le chef d’atelier, en fin de matinée, après nous avoir remis la moto nous dit: Vous allez bien manger avec nous à midi. Nous faisons les grillades.
Les visites chez notre concessionnaire en France vont devenir bien tristes après de telles expériences…
Nous voilà donc avec une moto prête à parcourir 10 000 kilomètres. Cela tombe bien, il y en a encore quelques uns devant nos roues. Après une petite visite de Seattle, et avec le beau temps, nous voilà en route pour San Francisco. Pour y arriver, il faut traverser l’Etat de Washingon, l’Orégon, et une bonne partie du nord de la Californie. En deux mots, ce n’est encore pas la porte à coté. La route nous emmène encore une fois au cœur des montagnes et nous permet de découvrir deux volcans « actifs » : Le mont Rainier avec ses 4392 mètres d’altitude couvert de neige et de glaciers et qui parait flotter au dessus des forêts et le Mont Ste Helens qui culmine actuellement à 2549 mètres. Actuellement, car cette altitude évolue au gré des éruptions dont la dernière est survenue le 1er octobre 2004.
Il semble se confirmer que voyager peut être dangereux. Ici nous risquons d’être engloutis par un volcan, sur la côte, ce sont les panneaux indiquant les risques de tsunamis qui nous interpellent. Des deux côtés sont mis en place des itinéraires d’évacuation. Et nous allons tout droit vers la faille de San Andréas…
Entrée dans l’Oregon par Portland. Passage sur le fleuve Columbia, et d’un coup la chaleur. Comme si la « frontière » y faisait quelque chose… Nous nous disons, que cette fois çà y est. Nous allons cuire. Eh bien non, après une paire de centaine de kilomètres, nous franchissons les collines qui bordent la côte Pacifique. Celles-ci sont recouvertes d’une couche de brouillard qui vient de l’océan. Et en franchissant ces collines, nous plongeons dans cette brume épaisse.
De la côte de l’Oregon, nous ne verrons pas grand chose. De temps à autre, un souffle de vent la dégage un peu, juste pour nous laisser apparaitre une côte déchiquetée, avec des pics de roche qui émergent de l’eau et des forêts de pins (d’Oregon bien sûr) qui viennent prendre un bain de pieds (ou de troncs) sur la plage. Plages qui sont bordées elles même de milliers de troncs d’arbres morts à ne pas confondre avec les troupeaux de phoques qui attendent désespérément le soleil. C’est vraiment magnifique. En plus la route qui suit le plus souvent la côte au plus près est somptueuse. La météo ne se prête guère aux photos. Dans un sens, heureusement, il faudrait s’arrêter tous les 500 mètres tellement c’est beau! L’idéal serait de tout filmer du bord d’un hélicoptère ... avec le soleil !
Pour notre première halte en Californie, nous choisissons de planter la tente au cœur du Redwood National Parc. Les séquoias qui vivent ici sont des rescapés de la ruée vers l’or. En effet, le besoin de bois était tel à cette époque, que si quelques écologistes n’avaient pas réagit à temps, il ne resterait rien de ces arbres dont certains atteignent plus de cent mètres de haut et dont le tronc peut faire 6 mètres de diamètre. Rouler sur une piste au travers d’une telle forêt laisse des souvenirs impérissables.
C’est d’ailleurs la Redwood highway qui va nous mener jusqu’à San Francisco. Route qui s’éloigne de la côte pendant quelques centaines de kilomètres et qui du coup nous fait replonger dans la chaleur. Et l’on se dit, la Californie au mois d’août, ça ne peut être que la chaleur. Il ne peut en être autrement. Eh bien, n’allez pas croire comme nous, ce que vous raconte la télévision en vous montrant des images de plages et de soleil. L’arrivée à San Francisco va nous démontrer que ce ne sont que sornettes. Nous avons failli ne pas voir le fameux Golden Gate Bridge, symbole de la ville, tellement le brouillard y est intense ! Il a fallut attendre d’y être dessus pour se rendre compte que nous y étions bien. Et même si en milieu de journée les célèbres rues en pente sont arrosées d’un peu de soleil, nous ne quitterons pas nos vestes pour visiter la ville. A propos de rues en pente, il y en a une, au centre ville, dont la pente atteint 26 %. Lombard street. Quelqu’un a eu l’idée géniale d’y aménager des lacets afin de réduire cette pente. Quelques bacs à fleurs qui donnent à la rue un air de fête, et voilà que Lombard street vole la vedette aux célèbres « câble-cars » qui arpentent ces rues collées aux collines avec leur chargement de touristes. Le temps de trouver la maison bleue accrochée à la colline et nous quittons la ville et son brouillard froid pour aller faire une pause de deux jours chez des motards qui vivent au fin fond d’une forêt de séquoias un peu plus au Sud.
Juste le temps de tout remettre en ordre, de redonner un peu de couleur à la moto, de prendre une douche et de se préparer à affronter la chaleur. Nous avons en effet décidé de retourner vers l’Est pour visiter quelques parcs au sud de l’Utah et en Arizona. Et pour aller là-bas, il faut traverser la Vallée de la Mort… Si ce n’est pas la bonne saison pour venir sur la côte californienne, ce n’est certainement pas la bonne saison non plus pour aller faire un tour dans cette vallée, qui plus est, à moto.
En espérant que tout se passera bien, nous vous donnons rendez vous d’ici une dizaine de jours.
A bientôt !

Chris et Alain

 


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