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Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:23:55
en passant par la 66

Une calandre de vieille américaine des « Sixties », des logos « Route 66 » gravés dans le béton et une plaque qui rappelle que la « Mère des routes » passait ici il y a encore quelques décennies. Il faut bien cela pour maintenir le souvenir. Car le long de la « nouvelle » interstate 40, il ne reste rien ici de « La Route ». Comme à de nombreux endroits, elle a été détruite lors de la construction de l’autoroute.
Nous y revoilà donc sur cette fameuse route 66. Et pour tout dire, çà commence bien. En venant du Nord, nous traversons « Painted Desert ». Il est fort possible que toutes les couleurs rouges et mauves ainsi que leurs nuances soient présentes ici au gré des « lavines » dessinées par l’érosion. Il ne manque qu’un rayon de soleil pour faire éclater tout cela (décidément, jamais là quand il faut celui là !).
En parcourant quelques kilomètres, nous nous trouvons au beau milieu d’une forêt. Vous allez dire, ils ont pris la foudre les Arnaud. En quelques minutes ils passent du désert à la forêt… Sauf, que celle là de forêt, elle a juste quelques millions d’années. Et ses arbres, ont mieux résisté que cette pauvre route 66. Nous voilà au milieu d’arbres pétrifiés étalés sur le sol sableux et désertique aux environs de Holbrook. Site protégé par un Parc National où il est interdit de ramasser le moindre caillou, qui plus est, si ce dernier est du bois fossilisé. Si le site en lui-même n’a rien de spectaculaire, c’est cette concentration d’arbres datant de 250 millions d’années qui en fait tout le charme. Incroyable, il semble que certains ait été coupés à la tronçonneuse tellement les coupes sont régulières et parfaites. D’ailleurs, ces dernières révèlent des couleurs insoupçonnées dans une telle matière. Mais bon, quand on se balade sur la route 66, la forêt, aussi pétrifiée soit elle, n’est pas forcément le centre d’intérêt majeur recherché. La petite ville d’Holbrook est là pour nous le rappeler avec ces vieux motels, dont l’un d’eux a des chambres qui ressemblent à des tipis (en béton). Le propriétaire a même garé devant chaque chambre une voiture des années 50/60. Et ce n’est qu’un exemple, pratiquement chaque commerce affiche son soutien à cette vieille Route 66. Le logo est repris sous toutes les formes à tous les coins de rues et presque sur chaque devanture. Il faut bien cela pour retenir les voyageurs qui viennent du monde entier pour parcourir ce qu’il reste de la route. Ici, l’interstate 40 a coupé la ville en deux.
Souvent, aux USA, les campings sont installés au bord de ces grandes routes qui traversent ce pays continent. Cela laisse tout le loisir au voyageur campeur d’apprécier cette colonne infinie de camions qui roulent sans arrêt, nuit et jour et sept jours sur sept. Quand on y pense un peu, c’est vraiment impressionnant ! D’autant que souvent, le camping en question est longé de l’autre côté par la voie ferrée. Si vu de France le « Santa Fé » peut paraitre exotique, quand on a entendu ses klaxons toute la nuit, il l’est beaucoup moins. Il faut dire que tout ce qui n’est pas sur la route est sur les trains. Des convois de quatre locomotives qui trainent cent cinquante wagons, il y en a un toutes les dix minutes environ… De quoi, vous l’aurez compris, bien dormir.
Justement, nous ne sommes pas ici pour dormir ! De gros efforts ont été faits pour signaler au mieux chaque petit bout de la 66 ayant survécu. A tel point, que de temps en temps nous nous retrouvons sur une route au revêtement complètement défoncé ou même des fois, dans des « culs de sacs ».
Passage au fameux cratère de météorite à proximité de Flagstaff, puis halte à Williams d’où part un train à vapeur qui relie la ville au Grand Canyon. En cherchant un peu dans ces villes, nous trouvons vite les fameux « Dinners ». Restaurant qui ont gardé le look sixties (et même des fois le personnel), mais où malheureusement les prix ont une sale tendance à flamber.
S’il ne doit y avoir qu’une étape à faire sur la 66, c’est à Seligman (Arizona) qu’il faut la faire. En effet, c’est d’ici que tout a pu continuer. Les frères Delgadillo, commerçants, et bien décidés à ne pas baisser le rideau suite à la construction de l’autoroute, ont créé l’association qui a fait classer la Route 66 monument historique. Bien leur en a pris. Le commerce a repris de plus belle et maintenant, Seligman est devenue une étape incontournable des tours opérators et Capitale de la 66. Et même si Juan, « le clown de la Route 66 » est décédé en 2004, son frangin, Angel, barbier à la retraite et fort de ses plus de 80 ans, ne manquera pas de venir vous saluer si d’aventure vous faite étape dans sa boutique devenue un véritable mémorial à La Route.
Et le voyage continue. Pas par l’I 40, mais bien par la 66. Direction Kingman par le vieux bitume. C’est là que l’on croise quelques motards accros à cette route et qui n’en manqueraient pour rien au monde le moindre kilomètre. Nous commençons à entrevoir le bout de l’Arizona et la Californie pointe ses palmiers à l’horizon. Alors que nous venons de traverser une zone assez désertique couverte d’arbres de Joshua et autres yuccas, au détour d’un virage, dans une descente nous tombons littéralement dans un village comme nous en avons tant vu dans les westerns. S’agit-il d’un remake de « Retour vers le Futur » ou nous aurions rendez vous avec Doc ? Eh bien non ; Nous sommes simplement à Oatman. Petit village qui semble être resté tel qu’à l’époque de la ruée vers l’or, même si les mines ont donné leur dernier filon il y a bien longtemps. Ici, les ânes se baladent en toute liberté dans la rue principale. Ce qui est rigolo dans l’histoire, c’est qu’ils sont nourrit par les touristes qui achètent les carottes aux commerçants locaux. Qui a dit que le filon était tari ?
Dernière étape vers l’océan Pacifique et Santa Monica Beach, terme de la route. Juste un petit désert à traverser. Le désert de Mojave. Là aussi, nous nous y prenons assez tôt le matin. La chaleur nous guette... Si l’I 40 file droit vers Los Angeles, la 66 elle, fait quelques détours afin de desservir deux ou trois villages isolés. Elle nous permet donc de faire une pause dans un lieu insolite. Amboy. Ancienne étape importante de la 66, il reste ici un motel fermé mais entretenu par deux passionnés, et une station service. Cette dernière comprenait aussi un restaurant bar. Tout a été conservé dans l’état, mais seule la climatisation nous invite à rester à l’intérieur car pour obtenir une boisson fraiche il faut aller s’adresser à une machine à l’extérieur... Là nous trouvons qu’il est un peu dommage de ne pas aller jusqu’au bout et de ne pas maintenir une activité dans ces lieux qui ont vu passer tant de monde… Et en plus, qui donc ne s’y arrêterait pas ?
Après avoir transpiré un peu sur ce bout de route perdue, et la traversée du Nord de Los Angeles qui n’en finie pas, nous voilà à nouveau face au Pacifique à Santa Monica. La fraicheur est toujours de mise avec une brume légère.
De Hollywood et compagnie, nous ne verrons rien. Trop de distances à couvrir dans des rues engorgées par un trafic trop intense. Il nous semble que le jeu n’en vaut pas la chandelle. De plus, nous sommes attendus un peu au sud de la ville chez un couple que nous avions rencontré à Prague en 1995. Les revoir après ces quelques années a pour nous plus d’importance que d’aller faire une photo au pied d’une colline où à côté d’enseignes prestigieuses pour certains.
Nous profitons de l’hospitalité de nos amis canadiens momentanément expatriés aux USA pour préparer la suite de notre voyage et surtout le passage au Mexique.
C’est qu’à partir de Mexico, il nous sera surement impossible de trouver des pneus et des pièces pour la moto avant d’être à Santiago du Chili. Il faut donc essayer de prévenir cette situation du mieux que nous le pouvons (c’est là que l’on se rend compte qu’Internet a complètement changé les habitudes de voyage).
Et nous voilà ce soir à San Diego, à une dizaine de kilomètres de la frontière, à une dizaine de kilomètres d’un autre monde…


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