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Edition 2009-07-29 02:24:41
Fêtes et galères

Une heure. Une simple petite heure pour changer de monde. Pour passer d’un monde aseptisé à un monde de couleurs, d’odeurs et de vie.
Assurance de la moto, un coup de tampon sur nos passeports et importation temporaire de la moto en poche, nous voilà de l’autre côté du mur de tôle construit par M. Bush afin de freiner l’immigration clandestine vers le pays de l’oncle Sam. Cet alignement de tôles rouillées n’étant pas suffisant, un mur, un vrai cette fois est en construction.
Après tout ce que nous avions entendu sur la zone frontalière, notre espérance de survie dans la ville de Tijuana ne devait pas dépasser quelques dizaines de minutes. Nous avions donc prévu de rouler au plus vite et le plus loin possible de cette frontière maudite. Pour trouver la bonne route pour s’échapper, nous avons simplement fait quatre fois le tour de la ville en … toute sécurité. Quand enfin nous trouvons la bonne direction, les panneaux ne sont pas légion ici, la route nous conduit sur la côte en longeant le mur.
Nous avions perdu l’habitude de la spontanéité, du contact humain en plus de quatre mois en Amérique du Nord. C’est toute la chaleur et la convivialité latine que nous retrouvons ici. Nous pouvons parler pendant une demi-heure juste pour acheter une bouteille d’eau. La barrière de la langue n’est plus un obstacle. Au contraire, les conversations n’en sont que plus « colorées ».
Dans notre projet de voyage, la Baja California n’était pas au programme. Ce sont les diverses rencontres d’autres motards ayant déjà parcouru cette région qui nous ont incité à en faire de même. Oui, mais voilà : La Baja est un désert. Et qui aurait l’idée de traverser le Sahara en plein été ? Pas grand monde certainement. Et bien nous, nous allons traverser la Baja au début du mois de septembre, soit le mois généralement le plus chaud. A vrai dire, nous avions le choix entre désert ou désert. Nous avons donc choisi désert. L’autre option, plus à l’Est, s’appelait désert de Sonora…
La première journée nous fait un peu douter des dires des uns et des autres quand à la beauté des lieux. Certes, la route en corniche qui surplombe le Pacifique est sympa, mais pas de quoi justifier un passage dans cette région. C’est le lendemain que les choses vont prendre forme. La route nous entraine à l’intérieur des terres, justement dans la région désertique. Petit à petit la terre est de plus en plus aride, la chaleur augmente et les cactus sont de plus en plus hauts. Les sagaros sont les rois ici. Nous avons d’ailleurs affaire à des « forêts » de sagaros . Dépaysement garanti ! Ces derniers ne vont pas nous quitter de la journée.
Le gros problème en cette saison ici, c’est que la plupart des campings sont fermés. Et comme cette région est une des destinations favorite des Nord américains, les prix sont relativement élevés pour le pays. Ce soir enfin, nous allons faire un bivouac. Le premier depuis le début du voyage ! Nous n’aurions jamais imaginé avoir autant de mal à faire du camping « sauvage » dans les grandes étendues de l’Amérique du Nord. Ce soir donc, à la fraicheur de la brume côtière de l’océan Pacifique, nous plantons la tente au milieu de nulle part et loin de tout. A nous de bien profiter de cette fraicheur. Car après avoir retraversé la Baja, et nous être rendu sur les rives de la mer de Cortés aux eaux turquoises autant que chaudes, nous savons que la chaleur sera au rendez vous. C’est en nous arrêtant dans la petite ville de Santa Rosalia, que nous nous rendons compte à quel point il fait chaud. A peine descendus de la moto, nous sommes « en nage ». Vêtements trempés et incapable de faire le moindre effort. Nous nous réfugions dans un bar pour nous réhydrater et constatons que nous ne sommes pas les seuls à souffrir. Tout le monde se tient à l’ombre auprès des ventilateurs et passe son temps à s’éponger le front. Autant rouler, au moins il y a un peu d’air…
Cette fin de journée, tout s’annonce mal malgré la proximité d’une multitude de plages paradisiaques. Impossible de trouver un camping qui nous propose un minimum de confort, et la moto qui se retrouve posée sur le coté alors que nous tentons de joindre une plage par l’accès principal, accès qui pourrait d’ailleurs constituer un morceau de liaison sympa dans un enduro, et en plus cette chaleur qui nous accable et qui parait nous empêcher de prendre les bonnes décisions. Nous finissons par planter la tente sur une plage privée moyennant la somme colossale pour le pays de 15 dollars. Au moins, on va pouvoir se baigner… Eh bien, même le bain n’est pas agréable. L’eau est bien trop chaude ! En plus, quand Chris apprend que c’est ici que vivent les poulpes géants…
De plus, rien à manger ce soir. Nous pensions qu’il y avait un resto ici, il n’en est rien.
On dit bien qu’un bon sommeil vaut deux steaks, il n’y a plus qu’à mettre en application. Manque de chance, il n’y a pas un brin d’air. Le sol est brulant. Nous ne pouvons pas laisser la tente ouverte à cause des moustiques qui nous ont repérés. Commence alors une nuit presque blanche où l’on finit par se poser ce genre de questions : Au bout de combien de litres d’eau perdus en transpiration risque t’on de ne pas se réveiller demain matin ? Allongés sur nos matelas, nous sentons les goûtes de sueur qui nous courent sur le corps comme des insectes. En une demi-heure, matelas et oreillers sont trempés. Heureusement, nous sommes encore bien gras, et avons survécu à cette épreuve. Même le chien, surnommé Rantanplan, qui nous a tenu compagnie toute la nuit (et nous a refilé ses puces ?) a du mal à lutter. Le pauvre, lui, il reste là. Par contre, il semble certain que l’option camping va être remise en question pour un moment.
Après une deuxième nuit presque blanche pour cause de fiesta à Loreto, il ne nous reste plus qu’à rejoindre la Paz, presque à l’extrême sud de la péninsule. Et comme si le ciel nous avait entendu, nous voilà en train de zigzaguer entre d’énormes flaques d’eau et à franchir des gués profonds. Nous arrivons en ville en milieu d’après midi sous des nuages noirs qui ne demandent qu’à grossir les étendues d’eau dans les rues. Pas terrible de rouler là dedans, quand on voit les remontées « d’eau » des plaques d’égouts. Le mot d’ordre du moment : Eviter à tous prix de croiser un camion qui nous couvrirait de gerbes d’eau…
Le temps d’apprendre que la compagnie maritime que nous recherchons n’existe plus, qu’elle a été remplacée par une autre bien mieux, avec des bateaux plus performants, nous nous retrouvons en possession de nos billets pour … le soir même à 20h00. Heureusement que nous n’avons pas cherché un hébergement avant…
19h00, nous embarquons sur un vieux bateau, qui, il y a encore quelques mois, battait pavillon italien. Tout ce qui se voit sur le bateau a été relooké avant la livraison au Mexique. D’ailleurs, il semble qu’auparavant, lors de précédentes traversées, nous n’ayons jamais eu une cabine aussi belle et confortable. La moto sanglée dans le garage, nous au frais dans notre cabine climatisée, il n’y a plus qu’à profiter de la traversée de la mer de Cortés en se disant, que vu le confort, ce serait bien que ça dure plus longtemps. 12h00 heures, c’est un peu court pour se remettre de la traversée de la Baja. Après une bonne nuit de sommeil, nous nous levons en prévision d’une arrivée dans une paire d’heures, soit vers 8h00. Quand nous allons jeter un coup d’œil à l’extérieur, surprise. Pas de côte en vue. Bizarre ce bateau qui penche sérieusement à droite et qui a un roulis important alors que la mer est calme… En plus il semble qu’il n’y est qu’un moteur qui fonctionne… Renseignements pris, nous savons que nous avons un peu de retard et que nous n’arriverons qu’en début d’après midi. Un repas nous est offert, et à l’arrivée devant la ville de Mazatlan, notre destination, le deuxième moteur nous lâche. Nous savons maintenant que nous ne prendrons pas la route aujourd’hui. Il sera bien trop tard pour s’y risquer. Et c’est comme cela, que notre magnifique bâtiment, fraichement acquis par la compagnie mexicaine, entre dans le port poussé et tiré par deux remorqueurs…
Et pendant tout ce temps, nous avons franchit une première fois, sans nous en rendre compte le tropique du Cancer.
Ce qui nous attend le lendemain n’est pas mal non plus et a pour nom : El Espinazo del Diablo. Une route d’enfer (çà tombe bien pour le diable)! Route qui franchit d’Ouest en Est la Sierra Madre en passant par des altitudes atteignant 2750 mètres. On se dit que sous les tropiques, nous allons forcément avoir chaud, eh bien encore une fois, non ! Depuis le départ ce matin, une pluie diluvienne nous accompagne. Le froid cumulé avec le brouillard s’en mêlent. Nous sommes obligés de faire une halte pour remettre les doublures de nos vêtements et réenfiler les polaires. Vous pensez que c’est tout ? Non ! Cela ne serait pas assez rigolo comme çà. La recette idéale pour bien galérer est de rajouter une route complètement détruite, des camions trop longs qui pour tourner à droite sont à leur gauche et donc en plein sur notre trajectoire (cherchez à comprendre !), le vide de temps en temps des deux côtés de la route que l’on se demande même sur quoi elle est construite, et, cerise sur le gâteau, si l’on peut dire, des rochers gros comme des voitures qui se détachent de la parois. Pas mal comme balade n’est ce pas ? Mais le souvenir que nous garderons de ce passage, c’est celui d’un employé chargé de l’entretien de la route, debout sur un rocher énorme, en train de s’attaquer à ce dernier avec… une masse et un burin pour dégager la route !!!
Durango, Zacatecas et sa féria, Guanajuato et son festival folklorique, les villes où nous faisons étape au long de la route vers Mexico se succèdent et les fêtes aussi. Pas facile de dormir dans ces conditions… Et nous savons que nous allons arriver dans la capitale au moment de la célébration de l’Indépendance du Mexique …
Déjà 10000 kilomètres parcourus depuis la dernière révision à Tacoma. Il va falloir remettre çà ici à Mexico tout en préparant la suite du voyage vers l’Amérique centrale et en visitant un peu la ville…
5 mois de voyage déjà. A 300 kilomètres prés, nous avons déjà bouclé l’équivalent d’un tour du Monde. Bien plus que ce qui était prévu.
Nous vous laissons encore pour cette fois, nous venons d’arriver à Mexico et il faut se préparer aux festivités. Pas facile à tenir le rythme…
 
A bientôt
 
Chris et Alain


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