TOTAL VISITEURS


NOS PARTENAIRES
Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:25:43
Viva Mexico

16 septembre 1810, indépendance du Mexique. Nous voilà donc dans la capitale de cet immense pays qui compte 123 millions d’habitants et dont 22 sont regroupés ici à Mexico. 22 millions plus deux depuis ce soir… Nous sommes accueillis chez un couple de motards qui le soir même de notre arrivée nous entraine au centre ville où la fête a déjà commencée avec 24 heures d’avance. Monuments illuminés, décorations aux couleurs du drapeau, animations… De quoi s’entrainer comme il se doit pour le lendemain.
15 septembre. Hors de question ce soir d’aller au centre ville. Nous regarderons à la télévision le Président au balcon du « Palacio Nacional » lancer les trois « Viva Mexico », « el Grito », et sonner la cloche, avec les quelques 30 autres invités de nos hôtes. Et la soirée ne sera pas triste !
Notre séjour dans la capitale va être partagé entre visites, entretien de la moto et préparatifs pour la suite du voyage. La partie la plus agréable, les visites, va être la plus réduite. Il faut dire que le moindre déplacement ici peut prendre des heures. Nous sommes à 70 kilomètres du site de Teotihuacan où se dressent les pyramides du Soleil et de la Lune. Site extraordinaire (datant de 150 à 600 de notre ère)! D’autant plus que ce sont les premières pyramides que nous voyons de notre vie ! Nous allons en monter des marches ! Et pas des petites : Les Aztèques mesuraient en moyenne 1m63 et ils ont construit des escaliers pour accéder au sommet de leurs édifices pour des gens mesurant au mois 2m20… Allez comprendre… Toujours est-il que pour nous, c’est gymnastique ! Mais quel plaisir en découvrant la vue sur tout le site une fois en haut ! En plus, possibilité de se ressourcer en énergie gratuitement (si cela pouvait être pareil pour l’énergie de la moto…). Il suffit d’appliquer quelques instants un index sur la pierre marquant le sommet de la pyramide, pour repartir gonflé à bloc.
Pour en revenir aux déplacements dans Mexico, 4h15 pour parcourir ces quelques 70 kilomètres. Cela calme les ardeurs et les envies de découvertes. Nous nous « contenterons » par la suite d’une visite du centre ville. De toutes façons, avec au moins une centaine de musées (entres autres monuments), il faudrait rester au moins trois mois ici.
Moto presque propre et révisée, nous revoilà sur la route. Pas pour bien loin. Nos hôtes nous accompagnent vers un petit village situé dans les montagnes à proximité de la ville. « Tres Maria ». Avec sa route sinueuse à souhait, qui a des airs de Nationale 8 aux environs du Beausset, ce village est le lieu de rendez vous des motards de Mexico. Tous les dimanches, la rue principale et les restaurants la bordant prennent des airs d’entrée du circuit Paul Ricard ou de Cuges Les Pins à la grande époque. Le tout saupoudré d’un peu de Lambesc avec les vendeurs de pièces d’occasion et d’accessoires (très chers ici…).
Après ce petit bain dans le monde motard mexicain, qui nous montre à quel point la mondialisation uniformise le mode de vie des terriens, la route nous mène à Taxco. Petite ville perdue dans les montagnes et capitale de l’Argent. Nombre impressionnant de bijouteries. Elles se touchent toutes. Mais c’est loin d’être l’intérêt majeur de cette petite ville dont les rues envahies de coccinelles Volkswagen et autres mini bus de la même marque, grimpent à l’assaut des collines. La plupart des façades sont blanches, avec des encadrements de portes et fenêtres de couleur, ce qui donne un cachet exceptionnel à cette petite agglomération regroupée autour de sa cathédrale baroque avec ses décors qui font penser à un gros gâteau surchargé de crème... En nous baladant dans ces rues, nous sommes complètement dépaysés. Il y a des moments, nous ne savons plus du tout où nous sommes… Un rendez vous avec un ardéchois exilé à Cuautla, au sud de Mexico, nous oblige à nous pencher sur le temps qui passe trop vite. Du coup, nous prenons conscience que nous ne sommes vraiment pas en avance sur nos prévisions. La pause à Mexico a été un peu longue, les distances sont énormes et les routes pas toujours très bonnes… Il va falloir se bouger sérieusement si nous voulons avoir une chance de croiser quelques amis en Amérique du sud et être à Ushuaïa avant le 31 décembre… Allez, 600 kilomètres pour rejoindre Oaxaca. Là, une route au péage exorbitant mais qui nous permet de couvrir la distance à une moyenne honnête en passant encore une fois au pied d’un monument géologique sans le voir : le Popocatépetl pris dans les nuages. Heureusement que nous arrivons assez tôt. Deux heures à tourner à proximité de la ville sous la pluie et dans la boue pour trouver un camping que l’on nous avait conseillé et qui est … fermé ! En plus, bizarrement, la moto ne tient plus le ralenti alors quelle a été réglée à Mexico il y a quelques jours. Et c’est là que comme souvent, la magie du voyage opère. Sans que nous l’ entendions arriver, une Kawasaki 1100 Zéphir immatriculée en Suisse se gare à côté de nous. Et dans un français parfait : « Vous avez besoin de quelque chose ? » C’est comme cela, que ce soir là nous plantons la tente dans le jardin de Félix (Allemand d’origine, exilé lui aussi au Mexique et arrivant d’un séjour professionnel en Suisse de plusieurs années), presque face aux pyramides du monte Alban.
Le lendemain, sur la piste boueuse pour rejoindre la route, la moto ne marche pas mieux… Souci. D’autant, qu’après la visite du site archéologique, la route qui va nous mener à Tehuantepec, petite ville prés du Pacifique, ne va pas être de tout repos. Pluie, bien sûr, mais virages à n’en plus finir. Nous traversons cette fois la Sierra Madre Sud. Champs d’agave (qui sert à la fabrication de la téquila) alternent avec les forêts de cactus dans des paysages magnifiques. Mais dans notre tête, en ce moment, le tourisme n’a que très peu de place. Notre souci principal est maintenant d’arriver à Cancun ou nous pourrons faire réparer la moto. Et pour y aller à Cancun, nous ne sommes pas sur la route la plus directe. Loin de là. Il nous faut maintenant traverser l’Etat du Chiapas. Ici, pas de grandes routes. C’est montagne et jungle. Après, la route, elle passe par où elle peut. Ce qui se traduit par des temps de roulage très longs pour de petites distances. Mais la grande plaie, de ces petites routes, ce sont les « topes ». En français, les ralentisseurs dont le nombre doit être proportionnel à la largeur de la route. Et là, elle n’est pas large. Des « topes » signalés, des hauts, des doubles, des peints, des larges … Toute la collection y passe et même plus… Usant, quand en plus la moto ne tient plus le ralenti et que les camions roulent au milieu de la chaussée empêchant tout dépassement. Ah, nous allions oublier, de temps à autre, il pleut !
Cette pluie ! Nous passons à quelques kilomètres du canyon Del Sumidero dont la profondeur atteint à certains endroits 800 mètres. Inutile de se demander si nous allons y faire une visite, nous en voyons l’entrée depuis la route, et il y tombe un déluge. La visite de San Cristobal de Las Casas se déroule entre les averses.
La panne de la moto doit s’aggraver. La pompe à essence fait un sale bruit.
Bon, on dit que le moral est dans la gamelle. Cela tombe bien, pozole, tostadas, burritos, tacos, tortillas, quesadillas, frijoles et autres spécialités n’ont plus de secret pour nous maintenant. Les tracas du voyage pèseront moins après un bon repas.
Et en avant à travers les montagnes du Chiapas. La jungle cerne la route. Les habitations se limitent la plupart du temps à de petites cabanes de bois, au mieux, peintes de couleurs vives. Le long de la route, hommes et enfants se déplacent machette à la ceinture. Etant donné l’état de la route, il faudra faire encore quelques heures de moto pour rejoindre notre destination pourtant pas si lointaine. Palenque. Ville et site archéologique en bordure de la jungle. « Camping » à proximité de l’entrée du site.
Debout à 7h00 du mat., après la pluie.
Nous n’avons qu’à marcher quelques centaines de mètres et nous y voilà. Il n’y a pas si longtemps, un siècle environ, tout ici était recouvert par la végétation épaisse de la forêt tropicale. Maintenant nous pouvons découvrir les pyramides surmontées de temples et bordées de belles pelouses dans le plus grand confort. Les Mayas avaient choisi le bon emplacement pour s’installer en bordure d’une rivière entrecoupée de cascades que l’on franchi sur un pont suspendu.
11h30. Arrêt au supermarché à la sortie de la ville. Nous mangeons sur le parking.
12h00. Nous quittons la ville.
12h15. Une grosse déflagration dans le casque. Pendant quelques fractions de secondes je ne vois que du noir. La route réapparait. Arrêt d’urgence sur le bas côté. Nous venons de percuter un vautour qui prenait son repas sur le bord de la route. Ses collègues sont partis à l’opposé, lui est venu se jeter sur nous. Bilan : Un casque bien abimé, une visière et son système de fixation cassés, et un mort. Le vautour.
12h25. La route continue. Alternance de pluie et de ciel gris agrémenté de travaux.
16h00. Il pleut tellement, nous sommes obligés de faire une pause à l’entrée d’une ville. Ici, pas de système d’évacuation de l’eau de pluie. A travers la fenêtre, nous observons, inquiets, le niveau de l’eau monter sur la chaussée. Il va nous falloir un bateau pour repartir…
17h30. Nous revoilà sur la côte atlantique en bordure du golfe du Mexique. La route est bien meilleure maintenant. Ah ! si seulement la pluie pouvait faire une trêve…
18h30. Arrivée enfin à Campeche après un dernier gros orage pour finir la journée.
Reste à trouver un hôtel avec un parking pour la moto, et à enfin prendre une bonne douche chaude (nous n’en avons pas eu assez).
20h00. Après une petite visite de la ville, nous cherchons un resto. C’est comme cela qu’Alain se retrouve sur le fauteuil d’un coiffeur. Il n’y a pas d’heure ici. Pourvu que le coiffeur puisse travailler en assistant au match de foot à la télé…
21h00. Resto où nous nous faisons truander au moment de l’addition.
22h00. Mise à jour du site internet.
23h00. Ecriture du journal quotidien.
24h00. Il est peut être temps de profiter du lit de la chambre d’hôtel trop cher payée…
Voilà à quoi peut ressembler une journée de voyage. Mais la suivante sera complètement différente, c’est tout le charme du voyage. Il nous faut rejoindre Cancun aujourd’hui. Et le restaurateur qui nous a truandé hier, a refilé à Alain, dans sa salade, quelques saletés qui lui ont déclenché une « belle » intoxication alimentaire. 500 kilomètres dans ces conditions, le plaisir n’est pas vraiment au rendez-vous dans ces moments là. Après maints efforts, nous voilà en vu de la ville. Il est temps de mettre un peu de carburant. La station est de l’autre coté de la route. Un choc suivit d’une douche à l’essence sur les jambes droites. Pas vu le « topes »…
Le choc a fait se casser complètement un raccord rapide d’essence, celui-là même qui devait faire forcer la pompe. Au moins un problème de résolu. Réparation de fortune au bord de la route, et il ne nous reste plus qu’à trouver l’hôtel où loge un couple de motards qui nous a invité. Juste une heure pour y arriver, tard dans la soirée. Mais quelle récompense : Nous sommes logés dans un de ces magnifiques hôtels qui bordent la côte d’une mer aux eaux turquoise, comme on en voit sur les dépliants publicitaires des agences de voyage. La soirée est difficile pour Alain qui a les tripes à l’envers, mais l’accueil de nos hôtes est réconfortant.
Il ne nous reste plus qu’à passer trois jours ici afin de remettre la moto en état et encore préparer la suite du voyage. Nous allons quand même bien trouver un moment aussi pour profiter un peu de la belle plage de sable blanc qui s’étire sous la terrasse de notre chambre…
Le voyage nous réserve des surprises complètement inattendues…
Départ le 2 octobre pour le Guatemala en passant par le Bélize.
Vanessa et Pascal qui nous héberge, partent vers l’Amérique du Sud. Pourquoi ne pas faire quelques kilomètres ensemble ?
Nous ne savons pas trop quand il nous sera possible de vous donner de nos nouvelles, mais sachez que nous y pensons.
A bientôt
Chris et Alain

 

 

 


Réalisé par Communicator 2.0.2