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Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:28:31
bons et mauvais rendez-vous

Avant de partir, nous disions souvent : « nous avons rendez-vous avec des gens aux quatre coins de la planète, mais nous ne savons pas qui ils sont, nous ne savons pas où nous allons les rencontrer, ni quand. »
Et des rencontres, depuis le début du voyage, nous en avons fait énormément. Des motards, des pas motards, des gens de tous horizons. Il suffit d’être à un endroit précis à un moment précis pour que le programme de la journée soit chamboulé et que notre carnet d’adresse s’enrichisse encore.
Nous sommes chez le représentant de la marque de notre appareil photo à San José (Costa Rica). L’appareil n’a pas apprécié les expositions répétées à la pluie. Comme nous attendons le verdict du technicien, un homme nous aborde.
« - Je vous ai entendu parler français. » et il se présente :
C’est Luis, un homme d’une soixantaine d’années. Il parle un français parfait. Et Luis, il aime parler ! Il faut dire qu’il a eu une vie qui est une véritable aventure. De quoi remplir un bon gros livre. Etudes en France, vice - ministre de l’agriculture au Nicaragua, propriétaire de 90 boucheries à travers le Costa Rica, d’un hôtel, d’un restaurant, d’une ferme, de plusieurs maisons… et nous en oublions. Et en plus, Luis, il connait Sisteron. Bon, nous sommes convaincus depuis longtemps qu’il n’y a pas de hasard… Le soir même c’est autour d’une bonne table que nous faisons plus ample connaissance… Soirée qui se conclue par ses mots : « Dommage que j’ai certaines contraintes, sinon je ferais bien un bout de route avec vous en Amérique du Sud… »
Justement, il serait temps d’y penser à l’Amérique du Sud. Même si elle n’est plus très loin, il va falloir songer à s’extirper de San José au plus vite avant que tout soit inondé. Nous venons d’apprendre que le record historique de quantité d’eau tombée sur la ville en 24h00 a été pulvérisé hier. Et pourquoi pensiez vous que nous étions là ? Bagages enveloppés dans des sacs plastiques tout comme nos chaussures (il y a longtemps que nous avons renvoyé nos couvre chaussures à la maison, ceux-ci étant bien trop encombrants), combinaisons de pluie, c’est comme cela que nous quittons la ville sous des trombes d’eau. Très vite, la route nous conduit vers les montagnes. Le col, qui nous fait basculer vers le versant Atlantique du pays, se franchit en fait par un tunnel. Passé ce dernier, la pluie se calme et laisse doucement la place au brouillard et à la chaleur. Nous plongeons carrément dans la jungle. Toute la descente se fait au travers d’une végétation luxuriante, qui semble-t-il, ne demande qu’à envahir la chaussée. Les grands arbres semblent retenir les nuages qui forment une mer en contre bas de la route. La moto marche parfaitement et avec ce changement climatique inespéré, nous reprenons plaisir à rouler sur ces routes sinueuses à souhait dans des décors exotiques comme on peut en rêver. Mais comme d’habitude, tout ne peut pas être parfait. Nous sommes sur la route principale reliant la capitale au principal port sur l’Atlantique, à savoir Puerto Limon. Et au plus nous approchons de cette ville, au plus il y a de camions sur la route. Nous savons maintenant d’où viennent les bananes et autres ananas que nous mangeons en France. Nous en aurons vu des conteneurs siglés des grandes marques fruitières… D’ailleurs, la grande plaine que nous traversons maintenant est couverte de ces cultures et de bien d’autres que nous ne connaissons pas.
La mer des Caraïbes est enfin devant nous avec ses plages de sable bordées de cocotiers qui s’étirent à n’en plus finir. En prime, nous avions oublié que cela existait, il y a du ciel bleu avec du soleil !!! Il n’y a plus qu’à trouver un toit pour la nuit dans ce petit paradis. Paradis qu’il nous faut déjà quitter le lendemain. Il est temps de nous rendre au Panama. Bien content d’avoir échappé aux inondations, nous quittons le Costa Rica avec beaucoup de regrets et le sentiment de ne rien avoir vu de ce si beau pays.
Il est là devant nous ce fameux pont de chemin de fer désaffecté qui sert de passage entre les deux pays. On nous en avait parlé, mais les descriptions sont bien en deçà de la réalité. Digne d’un décor de film pour « Indiana Jones ». Il n’est pas rouillé, il est prêt depuis très longtemps à s’écrouler. Les planches des deux côtés des rails sont mal ajustées et un pneu de moto peut s’y coincer. Et gare où l’on met les pieds en cas d’arrêt au cours de la traversée. Il est très facile de « poser » le pied dans le vide et de basculer. Chris va faire le trajet à pieds. Ce n’est guère plus sûr, mais mieux vaut limiter les risques. Les formalités sont vite expédiées des deux cotés.
La route que nous devons emprunter au Panama pour rejoindre la Panaméricaine n’est marqué sur aucune carte en notre possession, pas plus que sur notre « GPS ». Nous roulons donc vers le sud dans l’attente d’un croisement où nous pourrions emprunter cette route qui nous ramènerait vers l’ouest, soit, vers la Panaméricaine. En attendant, nous longeons la côte dans des paysages que nous imaginons pratiquement similaires à ceux qu’à dut trouver Christophe Colomb et ses équipages à leur arrivée. La mer bleu turquoise est parsemée d’îles couvertes de végétation tropicale où il ferait certainement bon passer quelques jours pour se reposer.
Un choc suivit d’un bruit violent nous tire de nos rêveries. Nous venons de heurter de la roue avant un morceau de ferraille qui trainait sur la chaussée. Celui-ci en étant éjecté par le pneu est allé trouer la protection placée sous la béquille centrale avant d’aller finir sa course dans le bas côté. Plus de peur que de mal. Il est déjà tard quand nous nous engageons enfin sur cette route qui devenait inespérée. Une centaine de kilomètres pour rejoindre la ville de David, située non loin de la côte Pacifique. En temps normal, pour couvrir cette distance, une heure et demi est suffisante. Mais depuis que nous arpentons l’Amérique centrale, nous avons appris que les déplacements ici se calculent en temps et non en kilomètres. Très vite nous commençons à gravir les montagnes sur une route constellée de virages au cœur d’une jungle dont les arbres les plus hauts semblent retenir les nuages (c’est une habitude ici…). En fait nous allons plonger rapidement dans un brouillard épais qui ne nous permet que de rouler au pas… Et ce trajet qui ne devait être qu’une formalité devient une véritable galère. Entre la nuit qui tombe trop vite, les camions qui nous foncent dessus dans les virages qu’ils prennent à leur gauche et l’état de la chaussée qui après toutes ces pluies a tendance à s’affaisser en créant de véritable marches, c’est un véritable parcours du combattant que nous effectuons. Et rien ne serait complet sans la pluie qui s’en mêle à nouveau bien sûr… Après cette liaison, nous pensions avoir mérité un peu de tranquillité. Il n’en ait rien. Nous surprenons un employé de l’hôtel en train de « visiter » la moto pensant que nous étions absents. Police, blablabla… et pour finir, la fatigue aidant, j’efface un dossier de photos, celui contenant les images du fameux pont, avant de les avoir enregistrées. Il y a des jours comme çà où on pense que tout va bien se passer et où les choses dégénèrent rapidement. Rien de grave bien sûr, mais le cumul peut devenir usant. Et la journée du lendemain ne va pas nous aider à aimer le Panama. La Panaméricaine tantôt à deux voies, tantôt à quatre, avec par moment un bon revêtement et par moments une succession de trous va nous faire connaitre la police du pays. Plus corrompue que çà, il ne doit pas y avoir…
Nous roulons à la même vitesse que les autres véhicules. De l’autre côté de la route un flic discute avec un automobiliste. La seule vision de notre moto le fait bondir et il nous fait signe de nous arrêter. «Excès de vitesse » prétexte ce dernier alors que son pistolet radar est resté posé sur le toit de sa voiture à bonne distance de lui et que nous suivions une voiture, donc qu’il ne pouvait pas nous contrôler … Il nous informe qu’il va garder le permis de conduire d’Alain pour être sûr que nous allons bien payer l’amende. Pour cela il faut retourner à David et attendre lundi matin. Impossible pour nous et il le sait bien. Et voilà 20 dollars qui tombent directement dans la poche de cet enfoiré. Pas terrible ce rendez-vous…
Ce jour là, nous retrouvons Pascal, Vanessa et Mike qui ont finalement réussit à passer par la côte Pacifique. L’après midi va se répéter la même histoire. A croire qu’ils font un concours à celui qui ramasse le plus d’argent en provenance des motards. Sauf que cette fois ci l’histoire prend de telles proportions que nous ne payons pas…
Nous pensions rester assez longtemps à Panama city. Le temps de trouver une solution au transport de la moto vers l’Amérique du sud.
Le dimanche est consacré à la visite du canal. Impressionnant de voir ces navires passer d’un océan à l’autre pratiquement à travers champs. Le ballet des locomotives qui tractent ces immeubles flottants à travers les écluses où il ne doit pas rester vingt centimètres de chaque côté de la coque de certains navires est un vrai spectacle. D’ailleurs, pour les visiteurs, des terrasses ont été aménagées en surplomb de la plus célèbre : l’écluse de Miraflorès. Pendant la durée des manœuvres tout est commenté en anglais et espagnol.
Le lendemain, direction l’aéroport. Et là encore, tout va très vite. Les motos peuvent partir demain soir pour Bogota en Colombie. Le temps pour nous de trouver des billets d’avion pour la même destination et nous confirmons.
Entre temps nous rencontrons Peter qui vit dans le Vaucluse et qui envoie sa moto à Bogota lui aussi.
Le mardi matin, livraison des motos. Il n’y a plus qu’à attendre patiemment le lendemain en espérant que tout se passe bien pour le transport des motos et en ne pas sachant ce qui nous attend de l’autre côté, en Colombie…

A bientôt !


Chris et Alain


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