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Edition 2009-07-29 02:31:42
un peu d\'Atacama pour le desert?

Un beau ruban de goudron bien lisse avec un magnifique marquage au sol bien blanc. Des autocars qui ne fument pas, une signalisation routière digne de ce nom et des automobilistes qui la respectent. Même pas un coup de klaxon avant que le feu ne passe au vert… Et puis, il y a des boucheries avec des banques réfrigérées… La première ville du Chili où nous faisons escale ressemble à une ville européenne. Après trois mois passés en Amérique Centrale et du Sud, c’est comme si nous venions d’une autre planète. Le prix de la chambre d’hôtel de ce soir aussi va nous rappeler que nous avons à nouveau changé de monde… Plus rien à voir avec les pays un peu plus au Nord. Le confort se paye au prix fort.
Mais avant d’arriver à Calama, ville où nous faisons étape, il a fallut encore parcourir des kilomètres de piste pas vraiment faciles. Heureusement, comme bien souvent dans cette situation, la beauté des paysages est proportionnelle à la difficulté. C’est dire que nous nous sentons un peu privilégiés de découvrir des sites comme les salars d’Ascotan ou de Carcote où vivent paisiblement des milliers de flamants roses et où courent des vigognes aux couleurs de l’herbe qui pousse au pied du volcan fumant. Tout en admirant ces paysages d’un autre monde et en luttant pour faire avancer la moto sans tomber, nous entrons dans le célèbre désert d’Atacama. Encore plus sec que le Sahara en étant si proche du plus grand océan de la planète. Encore plus minéral aussi. C’est incroyable, mais ici les couleurs sont en fête perpétuellement. Le gris banal peut côtoyer le rose le plus éclatant en passant par toutes les nuances de rouge. Inutile de dire, que même si nous en avons plein les bras, nous en prenons aussi plein les yeux !
Le lendemain, la petite centaine de kilomètres de goudron qui nous permet de rallier San Pedro d’Atacama, n’est qu’une formalité réglée en une heure. Nous avions aussi perdu l’habitude de nous déplacer aussi rapidement. Le village de San Pedro, construit en pisé, est bâti au milieu d’une oasis de verdure qui semble faire une tache verte au milieu du désert. L’activité reine ici : Le tourisme. Sans cela, personne n’aurait de quoi vivre dans ce coin perdu. Il y a de quoi voir dans la région. Les touristes affluent et les prix s’en ressentent. La ville la plus chère du Chili dit-on ici. Heureusement, nous retrouvons la possibilité de planter la tente dans un camping. Excellent point de base pour rayonner dans les alentours. Les journées qui suivent vont donc être consacrées à la découverte de différents sites comme les lagunes de Mercanti, coincées à plus de 4000 mètres d’altitude entre les volcans, ou la vallée de la Lune à proximité du village. Mais le « gros morceau » de notre séjour ici, ce sont les « lagunas Verde et Colorada ». Et celles-ci se trouvent côté bolivien. Chris trop fatiguée préfère faire une pause d’une journée pendant que je pars seul vers ces destinations très prisées des agences de tourisme du coin. Il faut ressortir officiellement du Chili, refaire les formalités d’entrée en Bolivie et vice versa au retour. La balade commence par une belle route goudronnée qui en cinquante kilomètre nous fait passer de 2400 mètres à plus de 4000. Une belle piste conduit ensuite au poste frontière bolivien. Et c’est après celui-ci que les choses sérieuses commencent. Ou recommencent à dire vrai. La Bolivie n’a pas changée en quelques jours… C’est comme une piqure de rappel pour les gens qui auraient trop vite oublié la difficulté des pistes boliviennes. Passé l’entrée du parc national, revoilà le sable, la tôle ondulée et les 4X4 des tours opérateurs qui roulent comme s’ils effectuaient une spéciale du « Dakar ». Projections de pierres et poussière en prime. D’ici, il y a tout juste 122 kilomètres pour rejoindre la laguna Colorada. Pas grand-chose en temps normal. Mais ici, rien n’est normal. C’est la galère pour le moindre déplacement. Et 122 kilomètres, cela peut prendre beaucoup de temps et d’énergie. A tel point, que j’ai emmené avec moi mon sac de couchage, au cas où, et des victuailles pour tenir jusqu’au lendemain. En fait, il faut vraiment venir ici avec un gros 4X4 capable de « survoler » la tôle ondulée et les passages de sable trop mou. C’est la seule façon d’apprécier vraiment le fantastique paysage qui entoure cet enfer qu’est la piste. A certains moments, les volcans entourent la piste, puis laissent la place à d’immenses surfaces planes couvertes de gravier rose. Un peu plus loin, un nouveau salar apparait avec ses flamants roses qui se tiennent prés de la source d’eau chaude qui s’écoule d’un bassin où il ferait bon prendre un bain, si seulement j’avais plus de temps… Un col à 4918 mètres d’altitude, qui pulvérise notre ancien « record », et la voilà qui apparait enfin cette fameuse laguna Colorada ! Il a juste fallut 5h30 pour y arriver. De plus, quand on dit « colorada », c’est un bien grand mot, qui aujourd’hui n’est pas d’actualité. Nous sommes loin de ce que nous avons pu voir sur certaines photos. Il semble qu’aujourd’hui, la télé couleur soit en panne… En effet, en début d’après midi le ciel s’est chargé de gros nuages noirs et maintenant tout est gris. Pourtant, des milliers de flamants fouillent paisiblement le fond de la lagune à la recherche de nourriture et il est vrai qu’à quelques mètres de la berge, l’eau est rouge… Tant d’efforts pour un bien maigre spectacle… Pas de chance. Et en plus, il faut retourner… Le trajet aller a été épuisant, et il faut donc en faire autant avant que le poste de douane bolivien ne ferme en début de soirée. De plus, pour éviter de faire 20 kilomètres supplémentaires, j’ai choisi de ne pas aller au poste de douane (qui ne se trouve pas sur la piste principale, cela aurait été trop simple) et je suis donc sur une moto « clandestine ». Il ne fait donc pas bon s’attarder dans les parages, et il vaut mieux qu’il n’arrive rien si je ne veux pas moisir dans une prison bolivienne pendant quelques temps… En fin d’après-midi, à l’approche de la frontière, détour à la laguna « Verde » dont l’eau, comme son nom l’indique est verte. Magnifique au pied du volcan Licancabur. A nouveau les formalités de passage de la frontière et me revoilà au Chili. Cette fois, c’en est terminé de la Bolivie. La suite du voyage sera beaucoup plus calme. Si ce n’est quelques passages sur la Panaméricaine qui mériteraient quelques pelles de goudron, nous longeons tranquillement la côte Pacifique pour continuer vers le Sud. Passage du tropique du Capricorne, étape agréable à Antofagasta où se déroulent des festivités (le 8 décembre est férié au Chili), passage à proximité du VLT (le plus grand télescope du monde, dont une partie est financée par la France), et quelques bivouacs à proximité de l’océan où nous faisons une cure de calme et de sommeil. Les pistes au Chili étant bien meilleures qu’en Bolivie, par exemple, nous en empruntons de temps en temps, qui longent la côte, et nous permettent de découvrir de petits villages de pécheurs complètement perdus. Mais déjà, arrive le passage obligé à Valparaiso. Obligé, car en plus de visiter la ville (ce n’est pas le plus désagréable), nous allons ici, commencer à chercher une compagnie maritime qui veuille bien transporter la moto en Australie le mois prochain. Et ce n’est pas gagné : Il semble, après une demi-journée de recherche, qu’aucun bateau n’aille dans cette direction, faute de commerce assez important entre les deux pays. Tous vont vers l’Asie. Cela commence mal.
Dans ce cas là, il n’y a qu’une chose à faire : S’installer à une terrasse et déguster une bonne glace ! Cela ne résout pas le problème, mais au moins nous pensons à autre chose… Et à ce sujet, il y avait une chose que nous avions oubliée complètement : Les fêtes de fin d’année. Ici aussi, comme en Europe, tout le monde s’active pour les préparatifs de Noël. Les magasins ouverts les dimanches, les décorations, les arbres en plastiques avec la neige en bombe, et les gens qui parcourent les rues chargés de paquets. Il est plaisant de regarder toute cette agitation en dégustant un kilo de cerises fraiches achetées 40 centimes d’euro et en se rappelant qu’à Sisteron, actuellement, il y a 50 centimètres de neige ! Ici, l’été arrive dans quelques jours.
Malgré tout, Valparaiso ne nous laissera pas un souvenir impérissable. Ville qui semble abandonnée à son sort. Maisons non entretenues depuis longtemps, rue sales et complètement défoncées, des graffitis partout sans parler des « zonards » qui envahissent les rues en fin d’après-midi. Cette ville mythique du Chili est loin de tenir ses promesses aux touristes de passage. Même les fameux ascenseurs qui permettent d’escalader plus facilement la multitude de collines sur lesquelles est bâtie la ville et qui sont l’image de cette dernière, sont complètement délabrés. C’est avec cette triste impression que nous nous dirigeons vers la capitale du pays, Santiago. Les descriptions de la capitale données par certaines personnes rencontrées plus tôt ne nous incitent pas à y aller plus vite. Nous avons en mémoire les villes de Lima, la Paz ou encore Quito encastrées entre les montagnes pour les deux dernières, toutes polluées et surpeuplées. Et à notre arrivée, surprise : Environ 560 mètres d’altitude, une ville assez plate et construite en damier avec de larges avenues où l’on respire. Une ville moderne où il fait bon se balader tranquillement dans le centre réservé aux piétons. Soleil, environ 27 degrés, que demander de mieux ?
Un seul détail, dans notre histoire, depuis maintenant 8 mois, se balader tranquillement ne fait plus parti de notre programme.
Faire changer les pneus de la moto, faire effectuer une mise au point moteur et réparer deux bricoles d’une part ; d’un autre coté, il nous faut absolument trouver des solutions pour nous rendre en Australie le mois prochain. Notre visite de la ville, pendant trois jours, va consister à se rendre d’une agence de transport à l’autre, d’une agence de voyage à un bureau de compagnie aérienne à un autre… Passionnant ! C’est finalement à la zone de fret de l’aéroport que nous allons trouver un tarif et des conditions intéressantes pour transporter la moto. Nous quittons du coup la capitale soulagés, sachant très bien qu’il va tout falloir recommencer dans quelques semaines à Buenos Aire. Il parait que les tarifs sont plus bas de l’autre côté de la frontière…
Nous avions deux solutions pour rejoindre Puerto Montt, où débute la Carretera Austral. Soit en passant en Argentine avec des paysages beaucoup plus sauvages, soit directement par l’autoroute sur plus de mille kilomètres. C’est cette deuxième solution que nous avons choisie. Et à peine à la porte de la Patagonie, nous en profitons déjà au maximum. Il faut voir ce qu’il tombe ici ! En plus avec le vent, la pluie tombe presque à l’horizontale…
D’ici nous souhaitions aller visiter l’île de Chiloé… Il va nous falloir attendre un peu que le temps soit plus clément, si çà doit se calmer un jour…
De plus nous apprenons qu’il y a très peu de bateaux entre l’île et la Carretera Austral, très peu de bateaux aussi au départ de Puerto Montt. Et le tout à des tarifs à vous donner envie de créer une compagnie maritime !
Quoi qu’il en soit maintenant, il semble que nous nous acheminions vers un détour assez long par l’Argentine pour revenir au Chili plus au Sud.

En attendant de savoir ce qu’il advient de la suite de notre voyage, nous espérons que vous avez passé de bonnes fêtes de Noël (faute d’avoir eu une connexion avant pour vous souhaiter de passer un joyeux Noël) et nous vous souhaitons une excellente fin d’année !

Chris et Alain
www.motards-nomades.com



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