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Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:36:29
Faux départ

Le temps parait interminable. Après un vol sans histoire qui nous a fait frôler la banquise de l’Antarctique, nous passons de longues journées à attendre que la compagnie Qantas veuille bien honorer son contrat de transport jusqu’au bout. Et le bout, ce n’est pas Sydney mais Brisbane. Alors que tout avait bien commencé, et que nous avions traversé le Pacifique dans le même avion, voilà que la moto attend plusieurs jours dans les entrepôts de l’aéroport de Sydney un transfert dérisoire d’un millier de kilomètres. Autant de jours perdus pour notre voyage avec nos visas qui ont commencé à courir depuis le 1er février. D’autant plus que les formalités pour l’importation temporaire d’un véhicule paraissent très lourdes ici. En bref, une situation que nous nous attendions à vivre dans un pays d’Amérique centrale ou du Sud, mais pas du tout ici. Comme quoi, le voyage nous en apprend toujours et fait tomber de gros préjugés.
A force d’attendre et de harceler la compagnie aérienne de multiples coups de téléphone, un employé bienveillant a fini par apposer un autocollant « urgent » sur notre gros colis. Et après 4 jours, la voilà enfin. Il nous faut naviguer entre les entrepôts de Qantas et les bureaux de la douane pendant quelques heures pour pouvoir enfin charger la moto sur la remorque. Finalement, tout se passe bien. Devant notre moto « comme neuve », l’inspecteur des douanes n’a rien trouvé à redire, et pour la partie administrative, le carnet de passage en douane facilite extrêmement la procédure. Par contre, ici, hors de question de quitter l’aéroport sur sa moto. Il faut d’abord passer un contrôle technique, prendre une assurance, et enfin obtenir un permis de circuler auprès d’un bureau des transports (ici, du Queensland).
Quelques jours encore s’écoulent ici à Brisbane. Le temps d’essayer encore et toujours de maintenir la moto dans le meilleur état mécanique possible, d’essayer de faire réparer ce qui doit l’être (l’utilisation intensive du matériel vient vite à bout de ce dernier, pourtant de la meilleure qualité possible) et de visiter un peu la ville et ses alentours.
Si nous avons laissé le vent violent en Amérique du Sud, ici c’est maintenant la chaleur humide qui nous accable. Nous nous sommes beaucoup rapprochés du tropique du Capricorne et alors qu’au Nord du pays les cyclones font des ravages, il va nous falloir affronter au Sud des températures pouvant dépasser les 40°. De plus, dans l’Etat du Victoria, de gigantesques incendies ont déjà provoqué la mort de centaines de personnes.
En attendant que toutes les conditions pour poursuivre notre voyage soient réunies, nous profitons de l’hospitalité de nos amis franco – australiens. Et alors que, justement, nous sommes enfin prêts au départ, il s’avère que surgit un problème qui était pratiquement programmé. Notre ami René nous avait prévenus. Vous vous souvenez de la petite panne de la moto à quelques kilomètres d’Ushuaia, la bougie qui se dévisse ? Eh bien, le taraudage de la culasse a été abimé à cette occasion. Et voilà qu’au moment de poser des bougies neuves, il nous faut faire réparer ce taraudage défectueux. Ici, c’est l’été et la saison motocycliste bat son plein. Plus de quinze jours de délai pour avoir un rendez-vous chez le concessionnaire BMW. Nous faisons appel à un mécanicien spécialisé dans ce type de problèmes et qui doit venir réparer la moto à domicile… d’ici quelques jours… En attendant l’attente se prolonge encore et encore. Les perruches multicolores ou les opossums qui se baladent dans les arbres du jardin c’est bien joli, mais nous commençons à avoir des fourmis un peu de partout. Entre l’attente à Buenos Aires et ici à Brisbane, cela va faire un mois que nous ne roulons pas. Le temps et l’argent filent vite et nous sommes scotchés ici, comme si la poursuite de notre voyage en Australie, débutait par un faux départ.
Et il arrive enfin avec son vieux pick-up et ses caisses à outils rouillées. Trois jours d’attente pour dix minutes de travail. Le temps de refaire un taraudage, de poser un filet rapporté, de payer la facture et la moto est à nouveau apte à reprendre la route. D’ailleurs, dés le lendemain matin, nous y revoilà. Pas pour longtemps à vrai dire. Nous sommes invités chez des motards à Yamba, soit seulement trois cent kilomètres au Sud. Et manque de chance, alors que soit disant la sècheresse sévit ici depuis longtemps, le ciel recommence à nous tomber sur la tête. Nous pensions bien nous êtres débarrassés de la pluie mais la proximité des tropiques se rappelle à nous.
Désormais, et pendant quelques semaines, il va falloir faire très attention à un nouveau risque sur la route. Les Kangourous. Complètement imprévisibles ils peuvent bondir devant la moto en une fraction de seconde. Les conséquences d’une collision avec un tel animal peuvent être dramatiques, et quand on sait qu’ils peuvent fréquemment atteindre 65 kilogrammes et qu’ils sont environ 40 millions (soit le double du nombre d’australiens) à vivre ici, il vaut mieux éviter de rouler en bordure de la chaussée.
Malgré la météo détestable, Yamba sera une étape très agréable avec tout le confort souhaitable. Les bateaux de pêche à la crevette sont amarrés le long des rives de la Clarence River où l’on peut voir des groupes de dauphins à la poursuite de leur repas. Un peu plus loin, sur la côte du Pacifique, ce sont d’immenses plages de sable bordées de cocotiers au long desquelles les surfeurs attendent la vague.
Deux semaines, trois cent kilomètres. Rien ne va plus. Dés demain, on roule. Quoi qu’il arrive !
Sydney, Melbourne, Hobart, nous voilà !
 
A bientôt, au Sud !
 

Chris et Alain


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