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Edition 2009-07-29 02:37:01
L\'Australie enfin!

Cette newsletter a tardé à vous parvenir simplement parce qu’il semble que l’Australie soit encore à la préhistoire d’internet. Très rares sont les campings ou motels équipés de la wifi, et quand cela est le cas c’est souvent à des tarifs prohibitifs (du genre 5,50 euros pour une heure !). La çà devient une histoire de gros profits et nous ne pouvons pas nous permettre de dépenser de telles sommes pour une simple connexion qui partout dans le Monde ne coute pratiquement rien.
Nous avions dit que nous prenions la route quoi qu’il arrive, et bien c’est ce qui se passe. Mais une chose est sûre, il fallait vraiment que nous ayons un rendez-vous chez le concessionnaire BMW de Port Macquarie, à 320 kilomètres de Yamba, pour se remettre en route. Pluies diluviennes, champs et maisons inondées, rivières qui affleurent les tabliers des ponts que nous franchissons en nous disant à chaque fois que nous avons encore eu de la chance de pouvoir passer, routes recouvertes par des flots descendant des collines ou des champs de canne à sucre où, croiser un camion devient un problème tellement les vagues formées par le passage dans l’eau de gros véhicules sont hautes et pourraient provoquer des dommages à la moto. Vraiment pas un jour à en faire … de la moto… Quand nous arrivons à destination, en fin de matinée, nous sommes complètement trempés. Les combinaisons de pluie n’ont rien pu faire face à ce déluge. Nous oublions vite l’idée d’aller planter la tente au camping et nous réfugions dans une chambre de motel voisin du motociste. L’intervention sur la moto est rapide. Changement du gros roulement de couple conique qui est un des points faibles de cette moto. Après plus de 70 000 kilomètres de routes pas toujours très bonnes, il nous tardait de pouvoir faire changer cette pièce avant d’avoir un problème au milieu de nulle part.
Une fois nos vêtements passés dans le sèche linge, rejoindre Sydney n’est plus qu’une formalité. La pluie a cessé de tomber et au fur et à mesure que nous avançons, les nuages s’estompent. Et, coup de chance, nous arrivons sur les bords de la baie de Sydney sous un soleil radieux.
A coté du très connu Harbour Bridge, d’où est tiré le premier feu d’artifice du Monde chaque premier de l’an, les toits en forme de voiles du célèbre opéra brillent de mille feux sous la lumière du soleil couchant.
Notre escale dans cette ville sera brève. Le temps de résoudre un dernier problème d’appareil photo, de faire un petit tour dans le centre de la cité, non sans avoir dégusté une bonne glace sur une terrasse de Darling Harbour (ancien quartier des docks réaménagé dans les années 80 et où se trouvent aquarium, musée naval, et bien d’autres attractions), et nous continuons notre route vers le Sud. C’est après Wollongong, que nous bifurquons un peu vers l’Ouest pour nous hisser sur un plateau à quelques 700 mètres d’altitude. La route qui nous conduit sur ces hauteurs emprunte un passage à travers une forêt, où, à notre passage, les grandes feuilles des fougères arborescentes viennent nous effleurer. Le Macquarie Pass. Dix kilomètres de route étroite et extraordinaire à flanc de montagne où conduire une moto est un vrai bonheur. Un seul regret : Nous pensions bien qu’à l’occasion de notre passage, la route serait fermée pour que nous puissions en profiter pleinement. Ils ont dû oublier…
Le paysage change complètement. Alors qu’à quelques kilomètres d’ici nous nous demandions comment il pouvait y avoir des restrictions d’eau avec ce qui nous tombait sur la tête, après avoir avancé un peu sur cet immense plateau, les arbres se font rares et l’herbe sèche est jaune.
La majeure partie du temps, nous faisons escale dans des campings. Depuis notre départ, nous sommes rodés quant au montage et démontage de la tente, le chargement de la moto est réglé comme du papier à musique. Chaque chose, depuis le temps, a trouvé sa place. Seul le décor et l’environnement changent continuellement. Et ce matin, ce sont des kangourous qui sont à proximité de notre tente pour nous souhaiter une bonne journée. Et du coup, nous la commençons par un safari photo !
La route, la Hume freeway, traverse d’immenses étendues d’herbe séchée et parsemées d’eucalyptus odorants. L’essence que la chaleur fait dégager à ces arbres teinte l’air d’un bleu léger. Alors que vaches et kangourous se tiennent à l’ombre, un tourbillon de poussière affole un troupeau de moutons.
Souvent quand nous traversons un village, une nouvelle curiosité sert de prétexte pour nous arrêter. Cette fois, c’est un mémorial dédié aux chauffeurs routiers morts sur la route et édifié à grands coups de publicités, un peu plus loin, c’est un sous-marin posé sur la pelouse… Chaque arrêt est mis à profit pour se réhydrater en plus de se reposer un peu. Il commence à faire chaud. Le thermomètre fleurte souvent avec les 40°.
En franchissant la Murray River, le plus grand fleuve d’Australie, nous changeons d’Etat. Des bateaux à aubes naviguent sur le cours d’eau bordé de grands arbres dans lesquels vivent de bruyants cacatoès.
Les kilomètres défilent et nous approchons de Melbourne. Alors que nous traversons l’Etat du Victoria qui vient d’être ravagé par d’immenses incendies de forêts ayant causé plusieurs dizaine de morts, nous avons la chance de ne pas croiser les régions touchées par cette catastrophe. Avec l’océan qui approche, l’air se rafraichit sensiblement.
Notre étape dans cette ville est l’occasion d’une rencontre avec Didier. Français qui a effectué un tour du Monde à moto il y a quelques années, il est resté ici pour exercer son métier et faire déguster aux Australiens la pâtisserie française.
La semaine perdue à Brisbane contrarie nos projets. Nous ne pouvons plus aller en Tasmanie avant le grand prix de Superbikes qui doit se dérouler le week-end prochain à Phillip Island. Notre départ pour l’île aux diables est reporté au 2 mars. En attendant, nous passons une journée au milieu des tours de béton de la citée dont les rues sont sillonnées par d’antiques tramways.
Une journée en ville est bien suffisante pour nous. La Grande Route de l’Océan, à proximité, nous tend les bras, ou plutôt son goudron. Route construite au début du siècle dernier par des soldats rescapés de la « grande guerre », elle relie Geelong à Port Campbell, tantôt en surplombant l’océan, tantôt en plongeant au cœur de la « rain forest » de l’Otway National Park. Plus précisément, un paradis pour motards ! Les haltes y sont toutes plus exotiques les unes que les autres. Cacatoès blancs à la crête jaune qui semblent se disputer constamment la moindre branche où se poser en poussant de grands cris, oiseaux multicolores qui paraissent s’être échappés d’un livre de contes pour enfants, kookaburra qui adore se faire photographier, et, clou de la visite, comme pourrait le dire un guide de musée, les koalas. Espèce protégée, ces animaux sont très difficiles à voir. En général, nous ne voyons d’ailleurs que la signalisation routière qui nous prévient de leur éventuelle présence. Or, là, pas de panneau. Par contre, les koalas, eux, sont bien là ! Et en nombre. Une fois que nous avons compris comment les trouver, il suffit de lever les yeux ou d’écarter quelques branches pour voir ces « peluches » coincées entre des branches pour y dormir.
Ce qui est formidable ici, c’est que tous ces animaux, aussi sauvages soient-ils, viennent vous manger dans la main ou se laissent approcher de très près.
Notre escapade va nous conduire jusqu’aux « Douze apôtres », (pitons rocheux qui émergent de l’océan le long d’une impressionnante falaise), avant de devoir rebrousser chemin pour nous rendre à Phillip Island ou, pingouins « fairy » et le Grand Prix nous attendent.
Un bateau nous évite de faire tout le tour de la baie de Melbourne. C’est une chance car cette fois, le thermomètre affiche plus de 40° et rouler dans les embouteillages d’une grande ville avec nos équipements relève plus d’une corvée que d’un quelconque plaisir.
Nous élisons domicile à Cowes. La « grande » ville de l’île. En cette période de course de moto sur le circuit voisin, elle prend un peu des airs de Cuges-les-Pins et du Beausset à l’époque des grandes courses sur le circuit Paul Ricard ou de mini Daytona avec ses vendeurs d’accessoires motos dans des boutiques éphémères.
Une chose est frappante ici, à l’autre bout du monde, c’est le nombre de motos européennes. Il est étonnant de voir toutes ces Ducati, Triumph, Aprilia, KTM, Moto Guzzi, Benelli, Laverda ou autres BMW sans oublier les prestigieuses MV Agusta (un véritable répertoire des marques actuelles !) dont on dirait quelles sont fabriquées pour l’Australie exclusivement tellement il y en a.
En attendant dimanche pour une immersion complète dans le monde de la moto, il est temps de rendre visite à la colonie de pingouins qui vivent à la pointe de l’île. Pour y aller, il faut être vigilant. De nombreux petits kangourous très vifs, et au pelage foncé, sautent dans tous les sens dans l’herbe haute et … sur la route.
Les trottoirs construits le long de la falaise nous permettent de traverser la zone de terriers des pingouins sans en déranger leurs habitants … quand ils y sont… Car cette fois, personne. Les derniers nés étant en âge de nager et de se nourrir seuls, tous sont à la pêche. Ils ne rentreront qu’à la tombée de la nuit, quand le site sera fermé au public…
Pour les voir, il faut aller un peu plus loin, attendre la nuit et payer avec interdiction de photographier ou filmer!
Dimanche matin, nous sommes sur le fameux circuit de Phillip Island, qui surplombe l’océan. Site sublime qui permet de faire des photos magnifiques quand il est sous le soleil. Mais, comme nous sommes ici, ce début de matinée nous apporte un peu de pluie. Il en est ainsi. S’il ne nous pousse pas des nageoires avant la fin du voyage, nous aurons de la chance ! C’est au fil des courses très disputées de ce premier « grand prix Superbikes » de l’année que la météo se met au beau, pour nous laisser quitter l’île sous un soleil radieux.
Une étape de plus à Melbourne, le temps de se préparer pour notre départ vers la Tasmanie.
Comme un immeuble qui se détache de la ville, le Spirit of Tasmania, à bord duquel nous avons embarqué vient de larguer ses amarres pour s’engager dans le chenal balisé par des bouées lumineuses qui donnent un air surréaliste à la grande baie de Melbourne. Le navire semble glisser sur l’eau dans un rare silence. Avec la nuit, les tours de la ville se sont illuminées et brillent de mille feux avant de disparaitre à l’horizon.
Dans le garage, la moto est sanglée avec des dizaines d’autres motos. On se croirait presque sur le bateau qui conduit les motards sur l’île de Man à l’occasion de la plus vieille course de moto au Monde : le Tourist Trophy.
Il ne nous reste plus qu’à rejoindre notre cabine pour y passer la nuit pendant que le bateau traverse le détroit de Bass. Détroit ou deux océans (Pacifique et Indien) se rejoignent et s’affrontent. En plus, comme si cela ne suffisait pas, la météo a annoncé des vents violents pouvant atteindre 150 kilomètres/heure dés demain. Mais d’ici là, nous serons certainement en train de rouler sur la terre ferme…
Nous ne manquerons pas de vous faire partager ces paysages que les européens n’ont découvert qu’il y a deux petites centaines d’années.
Amitiés
Chris et Alain

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