TOTAL VISITEURS


NOS PARTENAIRES
Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:37:59
Diable de Tasmanie!

Une voix dans le haut parleur nous tire de notre sommeil. Le bateau va accoster d’ici quarante cinq minutes à Devonport, en Tasmanie. Juste le temps de se préparer, mais surtout d’aller voir sur le pont à quoi ressemble notre destination prochaine. Désillusion… La lumière du jour qui nait n’arrive pas à percer l’épaisse couche de nuages noirs qui s’agrippe à la côte et empêche de contempler les paysages que l’on nous a vantés. Les « Cradle mountains » restent invisibles.
Pourtant, avant l’achat de nos billets de bateau, nous avons surveillé autant de fois que possible, la météo de la Tasmanie. Soleil radieux depuis des jours. Nous partions donc confiants, sûrs de faire une belle balade sur cette île méconnue.
Nous pensons sérieusement nous faire payer par des gens habitant des régions touchées par la sécheresse afin que nous leur apportions la pluie ! Car encore une fois, après une longue période de chaleur, l’herbe jaune en témoigne, notre arrivée coïncide avec celle de la pluie. Et pas que la pluie ! Si les diables vivent bien ici, leur enfer à une autre couleur que celle que nous imaginons. Le vent promis est au rendez-vous accompagné du froid ! Nous sommes passés de 40° à 6° !
C’est sûr que l’île doit être belle ! Des centaines de kilomètres de côtes, des forêts de gros eucalyptus aux troncs blancs, des cascades, des prairies qui recouvrent les collines, des rivières, des lacs et bien d’autres, mais nous ne faisons que les entrevoir à l’occasion d’une petite accalmie. Les lourds nuages restent accrochés aux sommets des arbres et déversent des tonnes d’eau sur notre chemin. Impossible encore de visiter quoi que ce soit. Nous hésitons à rebrousser chemin aussitôt et à réembarquer dans le prochain bateau, mais le prix élevé de ce dernier nous convint de rester quand même quelques jours ici. Des fois que le temps change subitement…
Paradoxalement, alors qu’environ 20 % de la surface de l’île est protégée, les exploitations minières ou forestières et les canalisations d’eau forcées défigurent souvent le paysage.
Nous roulons d’un village à l’autre. Les escales sont rythmées par la recherche de stations services équipées d’un compresseur d’air. Depuis quelques jours, le pneu arrière perd régulièrement de l’air et nous n’arrivons pas à trouver l’origine de la fuite. Rouler avec un petit kilo de pression dans le pneu sur des routes tortueuses au revêtement pas forcément régulier et dans des conditions météorologiques déplorables, cela rajoute du piment…
De nombreux cadavres de petits kangourous gisent tout au long de la chaussée. Encore une fois il faut être très vigilent. Au sujet de la faune, il est un animal que nous ne nous attendions pas à trouver ici : La sangsue ! Horreur ! Les serpents, les araignées, les lézards, passe. Mais ces bestioles qui s’accrochent à votre peau pour vous pomper le sang avec tout leur corps noir qui frétille, la cela devient insupportable. Et justement, alors qu’entre deux averses nous essayons de planter la tente dans un coin de camping pas trop inondé, en voilà une qui s’accroche sur l’ongle de mon pouce d’où nous avons toutes les peines à l’en déloger.
A rouler sans ne rien voir, nous voilà déjà à Hobart au Sud de la Tasmanie. Impossible de camper ce soir. Il pleut toujours et encore, ce matin nous avons plié la tente sous des trombes d’eau, et du coup, le matériel est trempé. Le prix des chambres ici étant ridiculement élevé, la seule solution qui s’offre à nous est la location d’une caravane dans un camping. Intérieur glacial alors que nous sommes trempés et déjà presque congelés.
Il a encore plu toute la nuit et cela continue. Triste de passer à côté d’une telle occasion de découvrir un endroit aussi éloigné de chez nous à cause de la météo. La décision est vite prise et radicale. Nous remontons vers le Nord et bateau pour un retour sur le continent australien où nous avons tellement de kilomètres à parcourir et de choses à voir. De plus, comme toujours, le temps manque. Il ne faut pas le gaspiller ici avec la seule illusion que la météo va changer… Au diable la Tasmanie !
Et c’est sur cette décision que nous abordons la côte Est de l’île. Et petit à petit, le ciel s’éclaircit pour devenir bleu et même bleu foncé. Certes c’est au prix d’un vent un peu fort, mais nous allons enfin pouvoir sécher. Nous faisons halte dans un magnifique petit village bâtit au fond d’une jolie petite baie bordée de rochers roses. Bicheno. Les affaires sèchent rapidement et nous n’avons plus qu’à faire griller quelques saucisses avant d’aller dormir.
Nous avons rendez-vous ce matin avec le maire du village. Vous pensez un peu, un français, maire d’un village aussi joli en Tasmanie, nous n’allions pas manquer cette rencontre. Et si l’on vous dit qu’en plus, Bertrand, car c’est de lui qu’il s’agit, fait un peu de moto… Quand on dit un peu, même son véhicule de fonction est un deux roues. Un gros scooter de 600 cc avec lequel il effectue environ 25000 kilomètres par an sur les routes tortueuses de l’île. En fait d’une simple visite, Bertrand nous invite chez lui pour quelques jours. Imaginez, une jolie petite maison, au milieu d’une forêt d’eucalyptus et qui surplombe la mer, nous n’allons pas refuser !... Et puis, Bertrand, avec sa stature colossale, ses 120 kilos et ses moustaches aux mêmes proportions, un personnage incroyable qui a une vie digne d’un roman tellement elle est riche d’aventures en tous genres ! Ce dernier a vite fait de nous donner les meilleurs conseils pour visiter la région. Et nous ne nous en privons pas ! En commençant par le petit musée de la moto du village. Eh oui, avec un tel maire, le village est déclaré « MOTORCYCLE FRIENDLY ».
Avec un peu de matériel nous avons trouvé les deux trous qui laissaient fuir l’air du pneu arrière, le temps d’y mettre deux mèches, de gonfler un peu et nous roulons.
C’est l’occasion d’effectuer de petites randonnées à pieds, qui nous font accéder à des points de vue sur des baies et plages idylliques et qui nous permettent de rencontrer ces kangourous qui viennent se frotter à nous, des fois que nous ayons quelques victuailles à leur donner, ou des animaux inconnus comme ces échidnés …
De pistes en petites routes, nous traversons des forêts où vivent les plus vieux eucalyptus de la planète avec leurs 91 mètres de haut et leur 16 à 17 mètres de circonférence, et où coulent de magnifiques cascades sous d’énormes fougères arborescentes qui nous procurent une ombre et une fraicheur bienvenues.
Une dernière petite balade sur les rochers de Bicheno pour voir l’évent (l’eau des vagues de l’océan s’engouffre dans une faille rocheuse et monte à la verticale par une « cheminée » pour offrir un spectacle similaire à celui d’un geyser) et quelques pingouins fairys et il est déjà temps de rouler vers le Nord de l’île. Nous allons déjà quitter cet endroit paradisiaque que tous les motards australiens sillonnent régulièrement (ils trouvent ici les virages qui leur manquent sur le continent). Après une petite visite de Launceston, les routes tortueuses nous ramènent à Devonport où le « Spirit of Tasmania » nous attend amarré dans l’estuaire d’une rivière.
Nous n’avons pas rencontré les fameux diables de Tasmanie, de plus en plus rares, mais nous avons découvert, alors que c’était assez mal parti, une île extraordinaire de contrastes et de beauté.
Traversée vers Melbourne le temps d’une nuit, escale technique d’une paire de jours, et nous partons vers l’Ouest. Au menu, Adelaïde, Port Augusta et Perth soit environ 3500 kilomètres, mais où nous attend aussi le redoutable désert de la plaine de Nullarbor. C’est avec l’Australie authentique que nous avons désormais rendez-vous.
Nous n’avons plus qu’à trouver une connexion internet pour vous faire parvenir de nos nouvelles et ce ne sera pas le plus facile !
Bonne continuation et à bientôt !
Amitiés
Chris et Alain

www.motards-nomades.com


Réalisé par Communicator 2.0.2