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Edition 2009-07-29 02:39:52
Welcome to Paradise !

Pinnacles Desert. La petite route qui y mène traverse un maquis odorant.

Mais d’un coup, un énorme kangourou bondit devant la roue avant de la moto ! Freinage d’urgence. On a évité le pire. Nous qui pensions qu’ils ne sortaient qu’à la nuit tombée, nous voilà fixés ! Leur montre est certainement déréglée…

Nous disions, Pinnacles Desert. Le sable ocre est hérissé de roches qui s’élèvent jusqu’à 5 mètres de hauteur. Comme une forêt pétrifiée. Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Une forêt recouverte par l’eau, des limons qui se déposent, l’eau qui se retire, l’érosion qui dégage les troncs fossilisés et, après quelques années, nous voilà au beau milieu d’un site qui pourrait paraitre surnaturel sans les explications trouvées au « visitor center ». Pas de chance pour les photos, de gros nuages cachent le soleil. Le site est séparé de l’océan par de grandes dunes d’un sable blanc éclatant. Une piste décrit une boucle au milieu de ce paysage insolite. Nous hésitons un peu à nous y engager avec une moto aussi lourde. Le sable est damé et le tour ne fait que 4 kilomètres. Aucun problème finalement et nous ne pas regretterons pas la balade !

Le pays est grand. Immense même. Un continent ! Les distances pour joindre les différents sites sont énormes. Nous sommes souvent seuls sur les routes interminables qui traversent le bush. Des motos ? C’est presque à oublier que cela existe tellement elles sont rares. Et quand nous croisons quelqu’un qui se balade sur ce genre de machine, c’est souvent une rencontre avec un phénomène. Steve par exemple. Lui, est parti de la région de Brisbane sur un petit cyclomoteur Honda harnaché de sacoches plus grandes que le véhicule qui les porte. Il a pratiquement bouclé les deux tiers du tour de l’Australie et ne compte pas s’arrêter là. L’Indonésie fait partie de ses projets à venir.

Un rond point d’où émerge un bouquet de palmiers et juste derrière, les eaux turquoise de l’océan Indien. Ils auraient pu remplacer le panneau « Denham » par « Welcome to Paradise » tellement nous avons cette impression en entrant dans le village. Et pourtant, notre route ne va pas s’arrêter là. Encore une trentaine de kilomètres pour traverser la péninsule et nous voilà arrivés à Monkey Mia. Un endroit comme on en voit sur les cartes postales. Une pelouse verte séparée de la plage par une bande de palmiers et d’où nous avons accès à cet océan Indien qui nous invite à plonger dans ses eaux claires et chaudes. Nous n’allons pas manquer cette occasion. Mais si nous sommes ici, c’est avant tout pour rencontrer les copains des dauphins que nous n’avons pas vu à Bunbury. Et ici, eux, leur pendule fonctionne ! Tous les matins, à 7h30, un groupe de dauphins vient faire un tour sur la plage pour le plus grand plaisir des gens qui ont fait des milliers de kilomètres pour venir les voir. On ne dira pas que quelques poissons sont distribués histoire d’entretenir ce rendez-vous avec l’Homme au fil des années, mais le fait est, que ces animaux complètement libres ne manquent jamais d’être à l’heure. Extraordinaire !

Au camping, juste un peu plus loin, il y en a d’autres qui ont bien compris qu’il y a quelque chose de bon à côtoyer les humains : Un groupe d’émeus, pas farouches du tout, fait le tour des tentes en quête de quelques bouts de pain ou autre nourriture. Et quand rien ne vient assez vite, ils profitent de leur imposante stature pour bousculer les campeurs prenant leur petit déjeuner et s’emparent de ce qui leur tombe sous le bec en faisant éclater de rire les voisins des campeurs agressés.

Depuis que nous sommes sur la côte Ouest, nous rencontrons beaucoup de jeunes français détenteurs d’un visa « working holidays » pour une année. Pas de chance pour eux, cette année de crise a mis un frein à l’embauche saisonnière dans les exploitations agricoles.

Nous continuons à rouler vers le Nord. Nouveau passage du tropique du Capricorne. Dans l’autre sens cette fois. Nous nous dirigeons vers l’équateur. De grandes termitières apparaissent sur les étendues herbeuses et desséchées. Il fait chaud. De plus en plus chaud. A tel point, que par moment, il semble que les poignées chauffantes soient branchées en position maxi tellement le soleil frappe fort. Heureusement, nous arrivons à nouveau à proximité d’une plage perdue sur cette côte qui parait sans fin. La plage est protégée par une barrière de corail que fréquentent requins-baleines et raies mantas. Malheureusement, les prix pratiqués par les tours opérators ne nous permettent pas d’en profiter (un bateau est nécessaire pour approcher le récif). Par contre, la moto s’enrichit à cette occasion de nouveaux accessoires tels masque et tuba afin de profiter du corail à portée de quelques brasses. Là aussi, il parait incroyable que des poissons gros comme çà viennent nous manger dans la main. Et pourtant… Bon, c’est sûr, il est interdit de donner du pain aux poissons qui mangent… des poissons… Mais ils aiment tellement cela !

Toujours plus loin. Cap nord Est. Il y a encore plusieurs milliers de kilomètres pour rejoindre Darwin. La moto ne fonctionne pas mieux.

Lors d’une halte dans une station service, nous rencontrons, très brièvement, et pour cause, Terry. Lui, essaie de faire le tour de l’Australie à moto en deux semaines pour récolter des fonds afin de venir en aide aux pompiers qui ont lutté contre les violents incendies dans le Victoria. Vraiment incroyables ces gens que nous rencontrons…

Une pause de deux jours à Broome est bien venue pour prendre un peu le temps de vivre et oublier les problèmes de la moto. Tente plantée au bord d’une plage, eau à température tropicale, il n’y a plus qu’à se laisser vivre. C’est tellement rare ! Avant notre départ, nous pensions pouvoir nous arrêter une semaine de temps à autres dans de tels endroits. Nous nous sommes vite rendu compte de l’impossibilité de mettre en pratique de tels projets. Non seulement, rester sur place coûte très cher, mais en plus le temps passe bien trop vite et nous en manquons tellement ! Qui donc a dit que c’est long deux ans ?

Les Kimberley sont devant nous. Nous entrons à l’intérieur des terres. Les bouquins feuilletés à maintes reprises nous promettaient des paysages somptueux dans cette immense région. Mais voilà, c’est vraiment immense ! Et les sites en question sont parsemés de-ci de-là, avec des centaines de kilomètres entre chacun. De plus, un véhicule à quatre roues motrices est souvent indispensable pour y accéder. Nous étions persuadés que nous pourrions visiter le parc national des Bungle Bungles. Hélas, la piste bien trop longue et trop mauvaise pour y parvenir et le manque d’autonomie en eau, nous ont invités à la prudence et nous avons rebroussé chemin. Nous ne nous attendions pas à de tels problèmes d’accessibilité aux parcs. Après ceux d’Amérique du Nord où tout est fait pour qu’un maximum de visiteurs puissent profiter des plus beaux sites de la planète, nous avons l’impression qu’ici, au contraire, ces joyaux sont réservés à une minorité. Il est dommage de parcourir des milliers de kilomètres comme cela est le cas ici, pour ne pouvoir profiter de rien… Les solutions sont pourtant simples : Avoir un 4X4 ou en louer un, acheter un survol des lieux en avion ou hélicoptère, ou, selon le cas, se payer une croisière sur le lac ou dans les gorges quand il est question de sites aquatiques…

Comme vous le voyez, tout n’est pas simple et comme on le voudrait.

La moto continue à mal fonctionner et nous continuons à avaler des milliers de kilomètres de routes presque rectilignes sous une chaleur accablante.

Pour le moment, un seul but, arriver à Darwin à moto… Ce n’est pas gagné ! Comme on peu le dire sous d’autres cieux : Inch’Alla.

A plus ! A Darwin ?

Chris et Alain

www.motards-nomades.com

 


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