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Edition 2009-07-29 02:40:24
... un petit bout de brousse ?

Katherine. La Stuart Highway. Nous voilà sur l’axe principal et légendaire qui coupe l’Australie par son milieu et du Nord au Sud. Un panneau annonce Darwin à un peu plus de trois cents kilomètres. Autant dire un saut de puce dans cet immense pays. Nous sommes pratiquement au bout de notre route australienne. Après une petite visite de la région, on se dit que l’on pourrait bien aller se tailler un bout de brousse (vous vous rappelez de « crocodile Dundee » ?) dans le parc du Kakadu tout proche. Encore un petit détour de quelques centaines de kilomètres, mais encore une fois, c’est le moment où jamais. La moto a finalement tenu le coup jusqu’ici, elle ne doit pas en être à quelques kilomètres de plus. C’est comme cela que nous nous engageons sur la route qui conduit au parc. Du parc, immense lui aussi (de la taille de la Belgique), nous ne verrons pas grand-chose. Encore une fois, sans 4X4, pas grand-chose n’est possible.

 

Du haut d’un belvédère nous pouvons seulement constater que nous sommes au beau milieu d’une forêt gigantesque bordée de falaises et de zones marécageuses. A ce sujet, nous franchissons de nombreux ponts où il est souvent interdit de s’arrêter à cause de la présence possible et fort probable de crocodiles (ces trois dernières semaines, deux personnes ont péries dévorées par les sauriens dans la région). Nous faisons quelques randonnées pédestres malgré la chaleur épouvantable et l’humidité étouffante. Le moindre point de vue se mérite ! Heureusement, nous finissons par être récompensés de nos efforts. Nous terminons notre première journée d’excursion au pied d’une grande falaise de roche rouge, où nous pouvons admirer les plus belles peintures rupestres aborigènes que l’on puisse voir dans le pays.

 

La route dessine comme une flèche à l’intérieur du parc. A la pointe de cette flèche, en quelque sorte, et du coup à mi-chemin, un village. Ici, la seule source de revenu provient du tourisme. Pour nous, à moto, c’est un des rares endroits où nous pouvons espérer nous approvisionner. Mais voilà, tout est tellement chers ici, que le commerçant australien n’a pas besoin de travailler beaucoup. Au diable les touristes, qu’ils se débrouillent ! Aujourd’hui c’est le vendredi de Pâques, nous, on ferme. Encore une fois, nous sommes confrontés à cet état d’esprit propre à l’Australie. Cool, cool, cool. « No worries », mais faites comme vous pouvez… Inutile de dire que pour nous ce n’est pas cool du tout. En plus, c’est ce moment que choisit une durite d’alimentation d’essence pour éclater. Il y a vraiment quelque chose qui ne tourne pas rond dans l’injection ! Je commence à être impatient d’arriver à Darwin pour pouvoir un peu mettre les mains dans tout cela sans avoir peur de rester en panne au milieu du bush.

 

Pendant les préparatifs de notre voyage, nous avons choisis, au moment de nous équiper, de le faire dans l’optique d’avoir le moins froid possible, dans les régions où il fait … froid ! Bravo ! Et tout notre équipement « grand froid », nous le subissons dans les régions chaudes du globe. Le matériel de camping en fait bien sûr partie. Le soir, au moment de rentrer dans la tente, nous avons l’impression de nous glisser dans un four dont le thermostat serait réglé sur 300° ! La chaleur remonte du sol brulant et il n’y a pas un souffle d’air. Hors de question de dormir la tente ouverte. Des nuées de moustiques n’attendent que çà pour se ruer sur le gueuleton que nous représentons pour eux! L’air est chaud et devient vite irrespirable. Nous nous retrouvons dans la même situation que quelques mois auparavant, sur la Baja California. Nous nous liquéfions ! Le lendemain, au moment de reprendre la route, nous ne sommes pas au mieux de notre forme.

 

Tout en roulant au milieu de ces zones marécageuses et envahies de crocodiles, nous commençons à échafauder des plans pour remédier à ces problèmes. Il n’y a pas de solution miracle, mais une tente moustiquaire, légère, risque de bientôt venir s’ajouter à notre chargement. C’est que l’équateur est encore haut, et nous ne sommes pas prêts de sortir de la région tropicale en nous dirigeant vers le Sud Est de l’Asie. Et pourtant, il faudra bien arriver à dormir un peu…

 

En attendant d’en arriver là, nous avons la chance d’avoir des amis qui vivent ici, prés de Darwin et chez qui nous pouvons faire étape quelques jours. Cela tombe on ne peut mieux, pour se refaire une santé et préparer la suite de notre voyage. Nous allons grandement apprécier les gros ventilateurs suspendus aux plafonds, qui nous dispensent un air frais et agréable.

 

Les journées se passent à chercher un transporteur pour la moto, trouver des billets d’avion pour nous, réviser la moto après l’avoir lavée, réparer tout ce qui en a besoin, laver tout le matériel et enfin acheter quelques bricoles sensées nous faciliter la vie plus tard (ne pas oublier un rendez-vous chez BMW qui nous l’espérons, va résoudre ce problème d’injection). Pas le temps de s’ennuyer… De plus, avec cette chaleur ; mais surtout cette humidité, chaque tache devient une corvée. Le simple fait de démonter une pièce sur la moto fait s’écouler quelques litres de transpiration… Il faudrait presque boire en permanence…

 

N’allez quand même pas nous plaindre, nous nous accordons de temps à autres quelques pauses.

 

Balade en bateau sur l’Adelaïde River pour y voir de très prés les fameux crocodiles « salties » par exemple. Si la balade tourne un peu à la représentation de cirque (distribution de viande au bout d’une perche pour faire sauter les animaux hors de l’eau), elle permet néanmoins de vraiment voir ces animaux de prés. Pas facile en temps normal de les approcher, malgré qu’ils soient partout. Interdiction de se balader le long des rivières pour aller taquiner un peu le sac à main sur pattes. Comme nous le disions un peu plus haut, plusieurs personnes perdent la vie chaque année, dévorées par les crocodiles. Et il y en a vraiment de partout ! Et les sacs à main sur pattes en question, ils peuvent atteindre dix mètres de long… Et n’espérez pas vous en tirer en vous disant que le crocodile est vieux et susceptible d’être édenté ; les dents repoussent perpétuellement. Vraiment aucune chance de s’en tirer avec ces bestioles… Et quand on sait que certains s’aventurent même dans le port de Darwin !...

 

En parlant de Darwin, la ville du fin fond de l’Australie, un superbe musée. Art aborigène, faune et flore de l’Australie, section maritime… et fin de la visite consacrée au cyclone « Tracy » qui ravagea la ville en 1974. Impressionnant ! Tout a été littéralement rasé !

 

Quelques rencontres sympas, et il va être temps de quitter cette île immense pour continuer notre voyage.

 

Un nouveau continent se présente à nous : L’Asie. Il n’est pas question bien sûr de parcourir tous les pays de cette nouvelle destination, mais au moins de faire un survol du Sud Est asiatique avant de prendre la direction de l’Ouest et de l’Europe (déjà !).

 

Finalement, c’est par la Malaisie que nous allons plonger dans ce nouveau monde et que nous allons faire nos premiers tours de roue sur ce continent.

 

Juste le temps de finir de se préparer, d’effectuer un petit transfert aérien, et nous vous retrouvons donc au cœur de cette terre de légendes.

 

 

A très bientôt !

 

 

Chris et Alain

 

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