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Edition 2009-07-29 02:40:52
Géant !

Tout est géant ! Les routes, les buildings, les tours, les panneaux publicitaires… On peu même acheter ici une bouteille d’eau minérale à deux heures du matin et à un prix raisonnable… Il faudrait que les australiens viennent un peu prendre des leçons de service ici. Nous venons de franchir un nouveau cap dans notre voyage. L’Asie. La Malaisie plus précisément et pour commencer. Nous n’imaginions pas vraiment ce pays. Nous ne savions, et nous ne savons pas à quoi nous attendre. Notre première vision : la capitale. Souvent on dit que la première ville d’un pays n’est pas l’image de celui-ci. Trop tôt actuellement pour se faire une quelconque opinion là-dessus. Mais c’est certain, en visitant Kuala Lumpur, l’impression de gigantisme est bien présente. Vue du haut de la tour des Télécommunications, la ville s’étend bien plus loin que ne porte notre regard. Un peu partout, des constructions qui rivalisent d’audaces architecturales. L’exemple le plus proche, là, juste devant nous, les tours jumelles Petronas construites à la fin des années 90 par le géant pétrolier local. 452 mètres de hauteur. Fantastique de voir ces deux tours couvertes de verre et de métal poli qui changent de couleur au fur et à mesure que la lumière évolue. Le soleil couchant les teintes d’orange feu avant que la nuit ne tombe pour avoir face à soi deux tours de cristal reliés par un pont à mi-hauteur. Il semble que le pays veuille donner une image de modernisme et de technologie de pointe. C’est réussi ! Il n’y a qu’à se référer au circuit de Sépang où se déroule chaque année la manche de Moto GP de Malaisie, à quelques dizaines de kilomètres au Sud de la ville, juste à côté de l’aéroport… hypermoderne.

 

A propos de Grands Prix, la petite vingtaine de motos au départ de chaque course fait pâle figure à côté du passage d’un feu tricolore au vert en centre ville : Une nuée de deux roues s’emble s’éjecter d’une imaginaire grille de départ en laissant sur place les automobiles. Ici, le deux roues en ville est roi. Honda l’a compris, et depuis bien longtemps avec son 100 cc « Dream ». Au moins la moitié du « paddock » !

 

Tout est fait pour le bien être des conducteurs de deux roues. Des abris sont aménagés sous les ponts où le long des routes pour que les motocyclistes s’y réfugient en cas de pluie. Pas de péage pour les motos. Une magnifique déviation est construite pour éviter chaque racket routier, et au cœur de la ville, des parkings immenses sont réservés à ces véhicules... Dis, Monsieur le gouvernement français, tu ne pourrais pas prendre un peu exemple ?

 

Bon, nous parlons moto, d’accord, mais la notre dans tout cela ? Eh bien figurez-vous, qu’à Darwin, en rencontrant Graeme, le transitaire aérien avec lequel nous avons eu à faire, nous avons rencontré une des rares exceptions australienne, c'est-à-dire, une personne efficace (tout à fait aux antipodes du concessionnaire BMW de la ville). Nous doutions un peu quand il y a quelques jours il nous annonçait que notre moto serait à Kuala Lumpur le lundi 27 au soir. Eh bien elle y était. Nous recevons même un fax à notre hôtel à 23h00 pour nous en informer. La journée suivante est donc consacrée à la récupération de notre véhicule. Il nous faudra un après midi complet pour venir à bout d’une administration douanière qui a l’air, avec sa paperasserie, d’un serpent avalant sa queue (vous voyez de quoi nous voulons parler ? La maison des fous, dans Astérix et Obélix, ça vous cause ?). Et la chaleur n’aide en rien à supporter cette inertie.

 

Une autre épreuve nous attendait sournoisement après la douane. Retourner à l’hôtel par la route. Déjà, cette dernière fait un long détour pour rejoindre la capitale. Alors que l’aéroport est au Sud, à 75 kilomètres, nous accédons à la ville par le Nord. A partir de ce moment il nous faut oublier le format en damier des villes américaines ou australiennes où il est si facile de se repérer et se déplacer. Nous allons en faire tout de-suite l’expérience. Même en ayant le point GPS, nous n’allons pas arriver à rejoindre notre but. Nous allons bien effleurer une fois les tourelles de style mauresques de l’ancienne gare transformée en hôtel, mais nous n’étions pas sur la bonne voie. Impossible de faire demi-tour. Nous enchainons les tronçons d’autoroute qui traversent la ville en tous sens. Nous essayons d’emprunter différentes sorties, mais toutes mènent à une autre autoroute… A y perdre son sens de l’orientation… La solution miracle, quand enfin nous arrivons à aborder un endroit plus calme, consiste à demander à un taxi de nous conduire. Et il passera par des chemins que jamais nous n’aurions trouvés…

 

Il y a tellement de choses à voir, ici, à Kuala Lumpur, qu’il nous faut y prolonger notre séjour. Nous passons de quartiers hyper modernes à d’autres donnant l’impression que tout va s’écrouler. Visites de temples chinois et indiens qui côtoient églises et mosquées. C’est une des choses qui frappe le plus le visiteur occidental en arrivant ici. Un tel brassage de population et de religions et une telle tolérance des uns vis-à-vis des autres. Une autre chose saute aux yeux : La propreté de la ville. Propreté et respect. Pas de dégradation, pas de graffiti, des bus, un métro et des trains comme neufs, et, en parlant de respect, la discipline des gens qui empruntent les transports en commun. Tous attendent d’embarquer en faisant la queue. Ici, on n’essaye pas de monter dans la rame de métro avant que les passagers en soient descendus… Certes, tout ne doit pas être au top, comme de partout, mais il semble que nous ayons déjà là, quelques leçons à prendre…

 

Il est quand même temps d’aller voir un peu plus loin. Et encore une fois, nous allons être surpris. Pas par les paysages, pas par des constructions insolites, non, tout simplement par la densité de la circulation et du fait, par la longueur des bouchons (géants eux aussi) qui encombrent l’autoroute qui file vers le Sud du pays. Nous avons prévu de nous rendre à Malaca, à environ 200 kilomètres de route de la capitale. En rigolant, on se dit : Tu vas voir qu’ils vont tous à Malaca… Et bien pour rigoler, on rigole. Jaune. Car quand enfin nous arrivons à la brettelle de sortie vers la fameuse ville, elle est complètement bloquée. En effet, tout le monde c’est donné rendez-vous ici. Et du coup, nous, nous faisons l’impasse. Il ne nous reste plus qu’à aller un peu plus loin. On vient juste de se rendre compte que nous sommes le 1er mai, et que, mondialisation oblige, ici aussi c’est la fête du travail et jour férié. Accolé à un week-end, cela explique ce flot de voitures continu. Et cette situation va contrarier nos projets au cours des jours suivants. Hôtels complets et dont les prix flambent, zones inaccessibles à cause de la circulation trop dense vont chambouler notre programme touristique. Du coup, nous roulons. Nous roulons vers la Thaïlande sans voir grand chose de la Malaisie. Une exception : Le lac Chini semble épargné de cette frénésie touristique. Une nuit au calme sur la berge du lac nous conviendrait bien. Nous comprenons à notre arrivée pourquoi nous y sommes pratiquement seuls : Des travaux de bétonnage des lieux sont en cours. Tout est sans dessus dessous. Décidément, quand rien ne veut marcher, rien ne marche. De plus, nous avons renoué avec nos rendez-vous quotidiens avec la pluie. La saison humide semble jouer les prolongations et nous en profitons à nouveau pleinement.

 

Avec tout cela, nous sommes passés du détroit de Malaca sur la côte Ouest à la mer de Chine à l’Est. Pour se faire, il a fallut franchir une mini-chaîne montagneuse et des kilomètres de plantations de palmiers qui recouvrent les collines. Si nous avons oublié les kangourous, ce sont maintenant les singes qui les remplacent. Même si ces derniers semblent plus prudents quand ils décident de traverser la route, nous en voyons quelques uns qui frôlent les roues des voitures que nous suivons.

 

Ce week-end à rallonge semble propice aux rassemblements de motos. Nous en croisons des groupes imposants.

 

La visite du parc national Taman Negara faisait partie de nos projets de visites. La météo et l’isolement du site nous y font renoncer. Nous nous voyons mal aller marcher dans la jungle alors qu’il fait 35° et 90% d’humidité. Déjà sans rien faire nous nous liquéfions…

 

Il semble que notre visite de la Malaisie soit amputée du meilleur au risque d’être quelque peu écourtée.

 

 

Les différentes informations que nous recevons depuis quelques temps n’incitent guère à l’optimisme pour la suite de notre voyage. Problèmes récurrents à Bangkok, situation tendue au Pakistan, agitation au Népal, jusqu’à la Turquie qui a voté récemment une loi limitant la vitesse des motos à 78 kilomètres /heure… Et nous ne pensons pas encore à l’Afrique…

 

 

Avec tout cela, nous nous rapprochons vite de la Thaïlande. La route le long de la côte de la mer de Chine est encombrée d’agglomérations et d’un trafic dense. Il y a quand même une visite incontournable que nous allons pouvoir faire. Il s’agit d’abandonner la moto quelques temps pour se rendre aux îles Perhentian. Genre paradis sur terre, ou plus exactement sur l’eau. Bon, l’accès aux îles est, nous allons dire, « sportif ». Bateau rapide pour rejoindre notre destination « en 30 minutes » qu’ils disaient. En guise de bateau rapide, il s’agit en fait d’une grosse barque pouvant accueillir une quinzaine de passagers. L’originalité provient des deux énormes moteurs accrochés à l’arrière de l’embarcation (il semblerait plutôt que ce soit la barque qui soit accrochée aux moteurs). Deux V6 de 200 chevaux chacun. Vous avez dit rapide ? La barque vole carrément sur l’eau ! Heureusement, ça ne dure qu’une demi-heure…

 

Une fois débarqués, nous pouvons apprécier le charme des îles. Calme, balades le long des plages, eaux cristallines, soleil, cocotiers… Et si en plus, vous avez la bonne idée de mettre un peu la tête sous l’eau, alors là, c’est le gâteau sous la cerise. Vous vous trouvez immédiatement dans un immense aquarium surpeuplé de poissons multicolores et de toutes tailles qui évoluent sur un fond tapissé de corail et autres plantes aquatiques polychromes. Inutile de dire, qu’à ce train là, le temps passe vite.

 

Notre séjour en Malaisie touche déjà à sa fin. Nous faisons escale à Kota Bharu, à quelques kilomètres de la frontière de la Thaïlande. Hors de question toutefois de franchir cette dernière ici. Les troubles régnant côté Sud Est de la Thaïlande vont nous obliger à faire un détour de 400 kilomètres pour revenir sur la côte Ouest et vers moins de tumultes. Bizarrement, c’est à partir de cette journée de route que nous allons enfin et vraiment avoir le sentiment de nous trouver en Asie. Rizières, montagnes recouvertes de jungle, panneaux indiquant la présence possible d’éléphants, camions fumants… Tout concourt à nous transporter hors d’une Malaisie finalement tellement multiethnique, quelle en perd tout caractère particulier, toute identité et spécificité.

 

Visas en poche qui nous offrent un séjour de deux mois en Thaïlande, nous nous apprêtons encore une fois à procéder aux formalités douanières.

 

La moto fonctionne toujours aussi mal à bas régime ; il nous tarde de savoir ce que va nous réserver la suite de notre voyage.

 

 

A bientôt et bonne continuation !

 

 

Chris et Alain

 

www.motards-nomades.com

 

 

 


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