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Edition 2009-07-29 02:41:24
Voyage dans le 26ème siècle

La saison des pluies avait du mal à se terminer sur la côte de la Mer de Chine en Malaisie. Alors que nous accédons à la Thaïlande, en longeant l’océan Indien, nous roulons à nouveau sous des orages à répétition. De ce côté ci de la péninsule, la saison des pluies … commence. Comment faire pour s’y retrouver dans ce dédale météorologique avec des saisons différentes à seulement trois cents kilomètres de distance ?

 

Les formalités de douane pour les deux pays auront duré, tout au plus, quarante minutes. Le carnet de passage en douane, même s’il exige des contraintes financières lourdes, facilite grandement les choses. De plus, cette fois, aucun problème pour assurer la moto. Une succession de boutiques propose ce service. Il n’y a qu’à choisir celle…qui assure les motos. Nos premiers tours de roue au royaume Thaï se déroulent donc le long de forêt d’hévéas, de temples bouddhistes, de villages encombrés, mais surtout sous une pluie battante. Si nous ne mutons pas en poissons pendant ce voyage, nous aurons de la chance !

 

Notre première étape dans ce nouveau pays va nous permettre de découvrir des réalités financières qui vont faire un grand bien à notre budget. Une nuit d’hôtel à 18 euros avec le petit déjeuner, des repas à 1 ou 2 euros, voilà qui va nous aider à oublier plus facilement cette très, mais alors très chère Australie !

 

La première visite touristique prévue, au Sud de la Thaïlande, est destinée aux îles de Koh Lanta. Pas de pont pour y accéder. Il faut emprunter des bacs d’un autre âge pour traverser les bras de mer qui séparent l’île Nord du continent, puis l’île Sud de la Nord. Des embarcations qui ressemblent plus à des tas de ferraille prêts à êtres envoyés à la casse qu’à des navires… Pourtant, en voyant les dates marquées sur nos différentes notes et factures, nous pensions avoir fait un petit bond dans le futur. 2552. Ici, grâce, ou à cause, du calendrier bouddhiste, nous avons quelques années d’avance. En voyant ces deux embarcations, nous pouvons donc en déduire que le futur ne sera pas forcément meilleurs… Si l’île Nord n’a aucun attrait particulier, la Sud, elle, aurait tendance à nous faire croire que nous sommes tombés dans un film publicitaire vantant les mérites et charmes touristiques de la région. Comme nous le disions plus haut, la saison des pluies arrive. Les touristes ont pratiquement déserté les lieux et beaucoup de petites entreprises liées au tourisme cessent leurs activités pour trois mois. Cela nous permet à nous, toujours un peu décalés, de profiter de tarifs plus attractifs. Nous en profitons pour nous offrir une paire de nuits dans un bungalow situé dans un « resort » en bordure de plage le long de l’océan Indien. Plus que le confort et le cadre de vie, c’est la rencontre du gérant du site qui va s’avérer passionnante. Didier, français, vit ici depuis quatre années. Auparavant, après avoir vécu dans divers pays, il a navigué sur quatorze navires différents sur toutes les mers du globe. Mais là où le personnage devient exceptionnel, c’est quand il nous raconte son voyage entre la Thaïlande et l’Europe en « tuk tuk ». Vous savez, ces espèces de trois roues qui servent de taxi bon marché en Asie… Eh bien lui, il en a ramené un jusqu’en France et par la route ! Et comme, cela n’était pas assez loin, il a quand même fait le tour de l’Inde (ceux qui connaissent ce pays comprendront et apprécierons l’exploit) et il a fait un détour par le Cap Nord. Comme nous le constatons au fil de notre voyage, celui-ci est ponctué de rencontres extraordinaires.

 

Il nous faut quand même nous arracher de cette carte postale et continuer notre chemin. Mais comme la prochaine destination est elle aussi du même genre, nous consentons à faire l’effort plus facilement. On nous avait parlé de la baie de Phangnga. Des scènes d’un James Bond y on été tournées. Bon moyen de faire connaitre une région. Après être passé au niveau de la ville de Krabi, tout à coup, le paysage se constelle de pitons rocheux couverts de forêt et qui émergent de la végétation tropicale. Nous roulons entre deux murs de verdure. De temps en temps, celle-ci recouvre la route en formant un tunnel. La chaussée se faufile entre les aiguilles en prenant un peu d’altitude. Pas grand monde. Cela permet de profiter un peu, et du paysage, et du plaisir de conduire.

 

Il faut se lever assez tôt pour visiter la baie avant l’affluence de touristes, surtout chinois, qui arrivent ici par autocars entiers. La veille nous avons réservé une pirogue et notre guide nous attend. Il parait soulagé en nous voyant arriver. Il faut dire qu’en cette fin de saison, les particuliers, comme nous, ne se bousculent pas, et comme nous ne lui avons rien versé la veille…

 

Deux heures de balade à naviguer entre ces pitons rocheux qui sortent de l’eau, à passer sous des arches où dégringolent des stalactites et autres draperies minérales, à longer la mangrove, à supporter le bruit infernal du moteur dépourvu de silencieux d’échappement… Eh ! On avait dit carte postale ! Tout n’est jamais parfait… Cela enlève un peu au plaisir, mais c’est tellement beau !

 

Un pont tout à fait banal permet d’accéder à l’île de Phuket. Si Koh Lanta nous a laissé un souvenir impérissable, ce ne sera pas le cas cette fois. Béton qui n’en fini pas, usines à touristes et à tourisme… Rien pour plaire. Rien, si ce n’est la concession BMW et l’accueil qui nous y est réservé en plus du service. En dix minutes, la moto retrouve enfin un régime de ralenti normal et régulier. Il ne faut souvent pas grand-chose pour que tout aille bien ! Et la montée qui nous conduit au sommet de la colline où à été érigé un gigantesque Bouddha qui domine la baie de Chalong, va nous le confirmer. Tout va beaucoup mieux !

 

Nous ne nous attardons pas ici. La route risque d’être longue et encombrée pour rejoindre Bangkok à environ neuf cents kilomètres.

 

Nous longeons la frontière du Myanmar avant de retrouver la côte Est du pays.

 

Ici, les concessions des marques japonaises de voitures se touchent pratiquement. Il faut dire que les routes sont encombrées de pickups tous plus flamboyants les uns que les autres. Si certains sont surchargés d’ananas ou de noix de cocos, les autres ne sont ici que pour transporter leurs propriétaires à la plus grande vitesse. A moto, il faut avoir les yeux de partout car on aurait vite fait de se faire enlever du milieu… Et pour éviter les 4X4 fonceurs, il nous faut jongler avec les … side-cars. Il y en a autant que de voitures. Les motos sont des 100 ou 125 cc et les « paniers » des constructions artisanales plus ou bien moins réussies. Les normes et les homologations étant inexistantes, on voit vraiment de tout. Comme celui-ci construit en fer à béton… ou cet autre aménagé avec une grosse glacière pour vendre des crèmes glacées, et encore cet autre avec son barbecue fumant à l’arrière, les brochettes étant en train de cuire alors que le véhicule se déplace. Vous l’avez compris, c’est le véhicule utilitaire populaire par excellence.

 

Nous voulions arriver assez tard dans la soirée à Bangkok pour éviter au maximum la circulation. Eh bien, il n’est pas assez tard. Nous entrons dans l’agglomération soixante dix kilomètres avant d’arriver à notre hôtel ! Autant de kilomètres de bouchons, de feux tricolores, de croisements aux panneaux incompréhensibles, d’échangeurs en tous genres… Un concentré de tout ce qu’il faut pour se perdre dans cette ville de plus de dix millions d’habitants et que nous ne connaissons absolument…pas ! Il faudrait élever un monument à la gloire des inventeurs du GPS grâce auquel nous allons directement devant le hall de l’hôtel qui nous avait été recommandé.

 

A cet instant, nous garons la moto pour quelques jours. Hors de question de se balader ici avec. Les taxis bon marché, le métro ou les bateaux ferons l’affaire.

 

Tiens, nous n’avons pas eu de pluie aujourd’hui ! Que se passe-t-il ?

 

Cette étape à Bangkok était prévue en priorité pour préparer (déjà !) notre départ du Sud Est asiatique. Pour aller vers l’Ouest, nous sommes coincés par la Chine et le Myanmar où il nous est impossible de circuler avec notre moto. Ce ne sera que dans un bon mois, mais autant déjà commencer à préparer pour que ce soit plus facile à notre retour après une boucle dans le Nord du pays et au Laos et Cambodge.

 

Bon, c’est le week-end, nous ne pourrons pas faire grand-chose… Il n’y a plus qu’à aller se balader.

 

Nous commençons par le plus impressionnant, fascinant, déroutant, ou même ahurissant : Le site du Bouddha d’émeraude. Une enceinte où la concentration de monuments tous plus flamboyants les uns que les autres est telle, qu’il est difficile de prendre du recul pour apprécier et que nous ne savons plus où donner de la tête. En fait, cela fait plus penser à un parc d’attraction qu’à un ensemble de temples. De plus, cette fois, nous n’avons pas réussi à éviter le flot tout aussi spectaculaire des visiteurs. « Heureusement », nos alliés les orages, vont se charger d’en éclaircir un peu les rangs. Même si nous nous retrouvons avec les chaussettes trempées dans les chaussures (on se déchausse pour accéder dans le temple, au moment où il pleut, donc on se mouille les pieds en allant récupérer nos chaussures…) la fraicheur, toute relative, est bienvenue. Juste ce qu’il faut pour nous propulser devant le Grand Palais, tout aussi « pharaonique ». En fait, tout ceci est indescriptible. La couleur est reine, les toits semblent s’envoler, les arbres se tordent pour ressembler à des œuvres d’art. En bref, il vous faut venir voir !

 

Et ce n’est pas la visite suivante au Wat Koh qui va infirmer cette description. Le temple principal renferme le plus grand Bouddha couché au Monde : Datant du 18éme siècle, 45 mètres de long et 15 de haut, le tout recouvert d’une pellicule d’or!

 

C’en est assez pour cette fois ! Une balade en bateau, afin de souffler un peu, sur le fleuve Chao Phaya recouvert de plantes aquatiques qui dérivent. Le spectacle y est permanent aussi avec ses maisons sur pilotis qui le longent, ces énormes barges attelées les unes aux autres et tractées par de minuscules remorqueurs, ces temples qui le bordent…Cela ne fini jamais…

 

Nous finissons quand même par prendre quelques contacts avec des transporteurs. Nous allons quitter la capitale avec des devis et le prix de nos billets d’avion. Bonnes choses !

 

La moto est à nouveau chargée, nous remettons nos vestes et nos casques (formidable avec cette chaleur ! C’est encore loin l’Himalaya ?), et il n’y a plus qu’à réussir de s’extirper de cette mégalopole tentaculaire pour rouler vers de nouveaux horizons d’où nous vous expédierons certainement une prochaine « carte postale » exotique.

 

En attendant nous vous envoyons un grand bonjour de Thaïlande !

 

 

Chris et Alain

 

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