TOTAL VISITEURS


NOS PARTENAIRES
Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:41:52
1864 virages et plus

Nous avons l’impression de ne plus avancer. Depuis que nous avons quitté Bangkok, notre kilométrage journalier est en chute libre. Il faut dire que la Thaïlande a tellement à offrir, qu’il serait illusoire de penser pouvoir respecter le programme que nous nous étions fixé. Des étapes que nous pensions parcourir dans la journée se font en réalité en deux jours. Et encore, c’est au pas de course que nous survolons l’essentiel ! Beaucoup de sites mériteraient que l’on s’y attarde bien plus longtemps. Et en plus de ce qui est prévu, il faut compter aussi avec les découvertes tout au long de la route… Et c’est loin d’être négligeable !

 

Même les marais salants à la sortie de la capitale sont un spectacle avec cet alignement d’étals colorés et ordonnés tout au long de la chaussée. Mais ce n’est pas le but de notre étape et notre route doit nous conduire vers le marché flottant de Damnoen Saduak. En partant en milieu de journée, nous savions qu’à notre arrivée tout serait plié. Qu’à cela ne tienne, une balade dans les environs, au milieu de plantations de cocotiers et bananiers, irriguées par des canaux couverts de lentilles d’eau vertes fluo ne sera pas pour nous déplaire. Nous en profitons même pour nous reposer un peu une fois l’hôtel du jour trouvé.

 

Des canaux aux berges aménagées, bétonnées et bordées de commerces en tous genres, mais surtout spécialisés dans la vente de souvenirs pour touristes, « made in ici ou juste à coté », c’est ce qui frappe le plus en arrivant. Mais en se penchant un peu sur les canaux (attention, pas trop quand même, on ne peut pas vraiment dire que l’eau y soit très claire, et y tomber serait certainement une mauvaise idée), nous sommes presque surpris d’y trouver encore autant d’authenticité. Le marché, le vrai, existe bel et bien encore. Même si les embarcations transportant les touristes sont au moins aussi nombreuses que celles des commerçants, ce que nous voyons, nous, ce sont ces barques regorgeant de fruits, légumes, chapeaux, où très souvent, une vieille femme assise en tailleur semble imbriquée dans son étalage flottant. Mais comment fait elle pour attraper les litchis à l’avant de l’embarcation, alors qu’elle est assise à l’arrière, et le tout sans chavirer ?

 

Question existentielle…

 

On pourrait croire, un peu plus loin, que certaines barques prennent feu. Il n’en est heureusement rien. Ce sont simplement les barbecues ou autres marmites contenant de l’eau à ébullition qui dégagent fumées et vapeurs. Des cuisines flottantes. Il serait si simple de s’installer sur la terre ferme…Oui, mais cela obligerait le client potentiel à descendre lui aussi de son embarcation alors qu’il n’en a nul besoin, il trouve tout sur l’eau ! Logique. Evident.

 

Nous allons déjà laisser derrière nous ce festival de couleurs, d’odeurs et de bruit pour rouler encore et encore. Nous pensions en avoir fini avec les agglomérations à rallonge et pouvoir rouler un peu au milieu de la verdure. Ce sera certainement pour plus tard. On l’espère du moins. Pour le moment, la moindre ville est construite toute en longueur de part et d’autre de la route, ce qui donne des cités qui n’en finissent plus, et cette désagréable sensation de ne jamais en sortir. De plus, on ne peut pas dire que les architectes aient fait des efforts pour dessiner ces blocs de bétons infâmes le long desquels se déroulent des milliers de kilomètres de dentelle de fils électriques tous plus emmêlés les uns que les autres. Les couleurs criardes de certaines façades, conjuguées aux panneaux publicitaires grand format ne font que renforcer cette impression de mauvais goût. Disons, que nous nous attendions quand même à un peu mieux…

 

Au même titre, on le croyait en bois et au milieu de la jungle. Et bien non, il est en béton et métal, et juste à la sortie d’une ville. Nous ne pourrons pas le franchir sur notre moto, c’est un pont ferroviaire, mais au moins nous pourrons l’emprunter à pieds pour franchir la rivière Kwai. Eh oui, c’est bien devant le fameux pont que les japonais s’obstinaient à construire et à défendre lors de la deuxième guerre mondiale, que nous faisons étape ce soir. Juste le temps de se remémorer un peu d’histoire, et d’essayer presque en vain, de revoir du fond de notre mémoire quelques images du célèbre film. Les cimetières des soldats victimes des batailles qui se sont déroulées ici, par contre, ne sortent pas du film et nous rappellent les tragédies qui ont eu lieu aux « quatre coins » de la planète lors de cette sombre période.

 

La moto fonctionne parfaitement, la route n’est pas trop mauvaise, il ne pleut pas encore, nous roulons tranquillement vers Ayutthaya qui se trouve à quelques dizaines de kilomètres au Nord de Bangkok. Si tout se passe bien, nous y serons en fin de matinée et pourrons aller nous balader dans les multiples temples cet après-midi. Çà, c’était dans notre tête, sans compter avec la traversée de Suphan Buri. On savait, grâce à nos célèbres bouquins d’histoire que les romains étaient fous. Mais les chinois alors ? Construire des temples de folie comme celui qui se dresse devant nous… Ils ne sont pas fous eux ? Un dragon d’environ 15 mètres de haut et de quelques dizaines de mètres de long… Tout autour, pagodes, et décorations aux couleurs on ne peut plus vives, statues, gongs, et autres cloches, temples et tours qui dominent ce lieu de pèlerinage mais que ne renierait pas un décorateur de film à Hollywood. Voilà, il suffit de peu de choses pour « perdre » deux heures sur notre programme.

 

Et du coup, la balade à dos d’éléphant prévue cet après-midi, elle se fait sous… la pluie ! Gagné ! Nous pensions qu’en changeant de monture nous allions conjurer le sort que nous a certainement lancé Jupiter, le dieu du ciel, au début de notre voyage. Ben non, rien n’y fait ! Même ces pauvres bêtes à la mémoire légendaire se souviendront de notre passage et des trombes d’eau qui nous accompagnent. Avec tout cela, il est bien trop tard pour commencer notre tournée quotidienne des temples. Il nous faut, dans l’urgence, voter un budget supplémentaire pour une nuit de plus dans cette ville où les « stupas » semble avoir poussé comme des champignons et où les temples rivalisent d’audace pour se faire remarquer plus que le voisin. Statues géantes, couvertes d’or, en bronze, en nombre (un des temples, par exemple, contient dans son enceinte 48000 statues de bouddha ! Vous avez bien lu : 48000 !), en plus des alignements de Bouddhas habillés de tissus aux couleurs orange-safran tout comme la toge des bonzes qui parcourent eux aussi cette multitude d’édifices.

 

En bref, et encore une fois, nous nous contentons de survoler l’essentiel… Quand la nuit tombe, vous savez, juste après la pluie, nous replongeons dans le centre de la ville, beaucoup moins propice à la méditation, mais au combien plus vivant !

 

Les « tuk tuk » qui semblent participer à une course permanente se faufilent à grands coups de gaz entre les voitures et les autocars aux peintures incroyables qui vont même jusqu’à recouvrir les pare-brises ! De l’autre côté de la rue, les lampes illuminent le marché de nuit qui borde l’axe principal de la ville et où l’on trouve tout ce qui peut être fabriqué en Asie. Et ce n’est pas rien !

 

Un bol de nouilles chinoises, du riz accompagné de poulet, quelques morceaux de légumes bouillis, c’est le repas typique du voyageur à moto (et de tout le monde) de ce côté ci de la planète. A ce sujet, et après avoir eu un aperçu assez sérieux sur la question culinaire, il semble d’ores et déjà, et ce n’est pas une surprise, qu’une confirmation se dessine dans notre tête : C’est vraiment en France, et de très loin, que nous mangeons le mieux.

 

Et nous sommes en Asie où nous pouvons parler quand même d’une cuisine élaborée et variée au-delà de ce que nous caricaturons ici. Mais de Fairbanks à Ushuaia, de Brisbane à Darwin, ils ont tout oublié ? Comment peut-on vivre en se nourrissant aussi mal ?

 

Rouler. Il nous faut rouler encore un peu pour faire une brève étape à Phitsanulok. Pas qu’il y est grand-chose à y voir, la ville a complètement brulé il y a une trentaine d’années. Seul un temple a été épargné par les flammes. Et il se trouve que nous y faisons une visite un dimanche matin. Un monde fou se retrouve ici en fin de semaine. Il faut dire qu’en plus de l’aspect religieux (il y a là, à l’abri d’un temple, le plus beau Bouddha de Thaïlande, resplendissant de tout son bronze doré), un immense marché propose tous les produits locaux et une multitude de services. Et comme le dimanche à Phitsanulok c’est la fête, il y a aussi des spectacles. De quoi ravir et occuper tous ces gens venus des alentours de la ville à bord de 4X4 flamboyants, en taxi collectifs, à moto ou en tuk tuk.

 

Il n’y a pas long pour rejoindre Sukhothai, la première capitale Siam. Quelques kilomètres de bitume bordés de rizières.

 

Nous allons dire que nous commençons à avoir vu quelques temples… Ce n’est pas ici que notre cure intensive va s’arrêter. Le plus beau site archéologique du royaume qu’ils disent dans le guide. Et c’est bien possible. Le site est très vaste. En plus de marcher beaucoup, la moto est bienvenue pour se déplacer d’un secteur à l’autre. Il nous semble voir ici, les vestiges de ce que nous avons visité à Bangkok tellement la concentration de monuments est intense. Sauf qu’ici, ce sont des ruines réparties sur de belles pelouses bien vertes et arborées (on sait pourquoi elles sont vertes…) et où courent des canaux couverts de fleurs de lotus en dessinant des formes géométriques parfaites. Balade reposante si l’on ose dire. Car avec les kilomètres parcourus sous cette chaleur intense, nous ne pouvons pas dire que nous soyons dans un état de fraicheur enviable quand nous nous replions dans notre chambre d’hôtel. Hormis le confort hygiénique quelles apportent avec ces conditions météorologiques, les chambres d’hôtel qui se succèdent chaque soir deviennent lassantes. Quand pourrons-nous replanter la tente ? Ici, pas de terrain de camping. Impossibilité de bivouaquer. Ce sont les rizières ou la forêt qui parait impénétrable et la pluie bien sûr…

 

La dernière fois, nous vous parlions de ces concessions automobiles qui semblent se toucher toutes tellement il y en a. N’allez pas croire qu’il n’y a que des véhicules à quatre roues ici. Bien au contraire ! Les motos doivent être le premier et le plus populaire moyen de déplacement. A tel point que même au supermarché des parkings leur sont réservés. Du coup, entre chaque vendeur de voiture, il y a un vendeur de motos avec un magasin au stock débordant sur le trottoir. Seul petit couac, ce ne sont que des petites cylindrées de 100 ou 125 centimètres-cubes. Les gros cubes, même s’il y en a, sont très rares.

 

Nous allons enfin sortir de cette immense plaine monotone qui s’étend au Nord de Bangkok pour nous lancer sur la route aux 1864 virages. On nous avait promis des virages, du relief, nous allons être servis. Effectivement, après trois jours pour parcourir cet itinéraire d’un peu plus de 500 kilomètres dans le Nord Ouest de la Thaïlande, nous pouvons le confirmer : Ça monte, çà descend et çà tourne sans arrêt à travers ces montagnes couvertes de forêt, voire de jungle. Et même si le revêtement de la chaussée n’est pas toujours le meilleur, rouler ici est un vrai plaisir, même avec une moto trop chargée, d’autant que la circulation est bien moindre que dans la plaine. Le béton a laissé la place à des maisons de bois plus traditionnelles et les temples ont changé d’aspect sous l’influence du style birman. Nous sommes tout près de la frontière du Myanmar, ancienne Birmanie.

 

Nous savons que dans cette région, le trafic de drogue, comme l’opium, est intense. Nous n’en verrons évidemment strictement rien. Ce n’est pas plus mal, parait qu’ils ne rigolent pas ces gens là…

 

C’est dans cette partie du Monde, que la moto passe les 100 000 kilomètres au compteur. Jusqu’ici, en ce qui concerne sa fiabilité et nos craintes, nous nous en tirons pas trop mal. Espérons que cela dure encore 40 000 autres kilomètres, de quoi arriver sans encombre en France…

 

La route nous ramène inexorablement à la ville. Chiang Mai. Presque du « copié – collé » avec Bangkok, en plus petit. Beaucoup d’européens sillonnent les rues. Les agences de voyages abondent et proposent une multitude d’activités dans la région.

 

Nous allons faire une courte étape ici avant de continuer plus à l’Est.

 

Parallèlement à nos visites et au gré des connexions internet, nous préparons toujours notre départ de cette région de l’Asie et commençons aussi à prévoir notre transfert vers l’Afrique.

 

Pas facile tout cela… Mais en attendant, nous profitons bien de tout ce que nous offre la Thaïlande, y compris, la pluie !

 

 

Nous vous envoyons un nuage de bonjours !

 

Profitez bien du soleil en pensant que nous en aurions bien besoin un peu.

 

 

 

A la prochaine fois, toujours un peu plus loin…

 

 

Chris et Alain

 

www.motards-nomades.com

 



Réalisé par Communicator 2.0.2