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Edition 2009-10-21 20:55:10
Good morning Africa !

Allez, quelques longues heures d’avion, le voyage est Ă  ce prix, et nous voilĂ  enfin dans le hall de l’aĂ©roport de Jo’burg comme ils disent ici. La fatigue mĂŞlĂ©e Ă  la joie de replonger dans le voyage nous font oublier les deux mois de galère prĂ©cĂ©dents. 4 heures et demi du matin. « Good morning Africa ! Â». Il nous faut trouver un coin un peu calme de manière Ă  attendre patiemment une heure raisonnable pour se rendre Ă  la zone de fret afin d’y rĂ©cupĂ©rer la moto qui a du arriver hier dans la journĂ©e. Nous avons bien vu lors de notre escale Ă  Abu Dhabi, et grâce Ă  internet, qu’elle Ă©tait bien partie quelques heures avant nous, mais nous n’avons pas confirmation de son arrivĂ©e. Les dernières minutes d’attente avant l’ouverture des bureaux Ă  8 heures sont longues. Nous sommes les premiers Ă  nous engouffrer Ă  l’intĂ©rieur aussitĂ´t la grille ouverte. Après que l’employĂ©e eu fini son cafĂ© et  nettoyĂ© son poste de travail, elle se penche enfin sur ma lettre de transport aĂ©rien. Sans dire un mot elle sort d’un classeur une liasse de papiers reliĂ©s les uns aux autres par un amas d’agrafes. Pour moi, c’est la confirmation que la moto est bien ici. Hormis le fait que le bureau des douanes soit Ă  un bon kilomètre de l’endroit oĂą nous nous trouvons et que nous soyons Ă  pieds, les formalitĂ©s sont vite expĂ©diĂ©es. Vers 9h30 notre caisse est dĂ©posĂ©e au bout du quai. Commence alors une partie de puzzle qui va durer 4 bonnes heures. Il faut dire que pour faire baisser le coĂ»t du transport, nous avons comprimĂ© au maximum la moto et son chargement. Il faut pour commencer arriver Ă  dĂ©faire la visserie du bâti mĂ©tallique afin de  dĂ©gager la moto. Pas gagnĂ© sans les bonnes clefs… Nous avions tellement peur que Ň«a bouge que tout a Ă©tĂ© serrĂ© au maximum Ă  tel point qu’il va falloir tordre la ferraille pour pouvoir extraire la moto. Le remontage des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments et du chargement va s’effectuer sous le regard d’une foule d’employĂ©s qui ne se lassent pas de voir la moto renaitre. La fatigue de deux nuits sans presque dormir alliĂ©e Ă  la chaleur, la faim mais surtout la soif nous mettent sur les rotules. Tout comme Ă  Bogota il y a presque un an, nous quittons donc l’aĂ©roport sur notre moto. La première urgence : Trouver du carburant. A cette occasion, premier contact avec un autochtone, que nous qualifierons d’exotique, « squattant Â» l’entrĂ©e de la station service et qui, sous son chapeau en peau de lion et ses yeux exorbitĂ©s, semble avoir fumĂ© plus d’herbe que ce que nous avons bu d’eau depuis notre dĂ©part de Sisteron. Tous les pleins faits, direction l’auberge oĂą nous avons rĂ©servĂ© une chambre. Pour nous y rendre, et comme Ă  chaque fois, il faut arriver Ă  se diriger dans une ville immense que nous ne connaissons pas. Mais en plus, ici, il faut tenir compte des problèmes d’insĂ©curitĂ©. Cela veut dire, garder certaines distances avec les autres vĂ©hicules lors des arrĂŞts aux feux tricolores afin de pouvoir s’extraire de la file en cas d’agression. Cela veut aussi dire d’éviter certains quartiers. Pas facile sans connaitre la ville… Ville qui est par ailleurs complètement « dĂ©paysante Â». Nous ne savons plus trop oĂą nous sommes avec cette drĂ´le de sensation de traverser une ville d’AmĂ©rique du Nord plantĂ©e en Afrique. Les mendiants et autres vendeurs en tous genres Ă  chaque feu tricolore nous le rappellent. Bon, nous nous en sortons relativement bien et arrivons Ă  destination sains et saufs et bien avant la nuit ! Pour accĂ©der Ă  l’auberge, il faut entrer dans une cour cernĂ©e d’un grand mur et surmontĂ© de barbelĂ©s en franchissant un portail Ă  commande Ă©lectrique. Porte d’entrĂ©e du bâtiment autant sĂ©curisĂ©e. Sensation de pĂ©nĂ©trer dans une prison…
Nous ne perdons pas de temps afin que notre sĂ©jour ici soit des plus bref. Passage au consulat de France afin de demander le renouvellement de nos passeports presque pleins et visite de « Gold Reef City Â». On ne s’attend pas Ă  trouver un tel complexe ici. DĂ©tonnant autant qu’étonnant ! Le site d’une ancienne mine d’or, situĂ© Ă  quelques kilomètres du centre ville, a Ă©tĂ© transformĂ© en parc d’attraction oĂą se mĂŞlent sites historiques relatifs Ă  l’exploitation de ce minerai prĂ©cieux, et manèges en tous genres capables de vous mettre les tripes en vrac. La première partie est de loin la plus intĂ©ressante pour nous. Imaginez un peu : Casque de chantier sur la tĂŞte, lampe halogène Ă  la main, et nous empruntons le mĂŞme ascenseur que les mineurs empruntaient il y a encore quelques annĂ©es. Nous n’irons pas Ă  moins 3300 mètres comme cela pouvait ĂŞtre leur cas, mais nous nous contenterons de moins 226 mètres sous terre. C’est bien assez pour comprendre très facilement les conditions de travail des hommes qui travaillaient ici. Bruit insoutenable, chaleur, humiditĂ© et obscuritĂ© au quotidien. Sans parler des risques constant d’accident…
Il est temps de prendre le large. Ou plutôt la route. Sans assurance pour la moto encore une fois (impossible à souscrire en arrivant par voie aérienne et sans adresse dans le pays). Nous reviendrons plus tard à Johannesburg pour nos passeports.
En attendant, direction le Nord Est de Pretoria (oĂą nous ne ferons qu’une brève escale), afin d’aller visiter deux dĂ©lires : Sun City et le parc de Pilanesberg. Deux dĂ©lires car l’un et l’autre sont le fruit de l’imagination de l’homme. Si le premier est vraiment dĂ©lirant par rapport Ă  sa situation et Ă  son dĂ©calage avec l’Afrique, il n’en gagne pas moins notre dĂ©goĂ»t. Imaginez que l’on dĂ©coupe un morceau de Las Vegas et qu’on le transporte ici, au fond d’une vallĂ©e aride. Vous pourrez alors visiter un palais des milles et une nuits, jouer dans un casino somptueux, nager sur un morceau de mer aux eaux turquoises avec des vagues Ă  faire pâlir d’envie le meilleur des surfeurs et encore bien d’autres choses. En payant. En payant encore et encore et toujours plus. Nous ne tomberons pas dans le piège de cette Ă©norme pompe Ă  fric. Sauve qui peut ! Mais pas bien loin en fait. En mĂŞme temps que la crĂ©ation de ce complexe unique en Afrique, une idĂ©e bien plus gĂ©niale Ă©tait mise en application. C’est le deuxième dĂ©lire ! Le cratère d’un très vieux volcan sert de dĂ©cor. A la fin des annĂ©es 90, on a demandĂ© « gentiment Â» aux cultivateurs qui vivaient ici depuis la nuit des temps d’aller voir un peu plus loin s’il n’y avait pas quelques lopins de terre Ă  gratter. A leur place, on a rĂ©introduit toutes les espèces animales propres Ă  cette rĂ©gion. Cela donne actuellement une des plus belles rĂ©serves animalière d’Afrique du Sud. Le Pilanesberg.
Qui dit rĂ©serve animalière dit herbivores certes, mais surtout prĂ©dateurs. Genre lion par exemple, ou mĂŞme pire, lionne. Et du coup, bien entendu interdiction de circuler Ă  moto. Logique. Par chance, une âme bienveillante a dĂ» penser qu’il pourrait bien se perdre quelques individus de notre espèce dans ce coin reculĂ© du Nord de l’Afrique du Sud (faut suivre !!!). Et voilĂ  qu’un camping nous est accessible Ă  proximitĂ© d’une entrĂ©e du parc. Sympa l’arrivĂ©e en croisant un Ă©norme babouin en balade, un groupe de phacochères, en rencontrant un troupeau d’impalas qui daignent Ă  peine nous laisser passer pour nous laisser rejoindre un groupe de grivets qui font des cabrioles sur la pelouse bien verte du camping. Ici aussi beaucoup de contrĂ´les pour accĂ©der Ă  notre emplacement. Devant l’impossibilitĂ© de louer une voiture pour visiter le parc, il nous faut nous rabattre sur un tour organisĂ© Ă  l’arrière d’un pickup ou d’un camion. 31 euros par personne pour seulement 2h30 dans le parc, cela nous parait excessif. Va falloir trouver autre chose. Le camping est pratiquement plein. Les sud africains quand ils campent, ce n’est pas rien ! Caravanes tout terrain (eh oui Ň«a existe !) tentes qui ressemblent Ă  des blockhaus mais surtout des 4X4. Beaucoup de 4X4 ! Et la plupart ne roulent pas Ă  plein. Nous allons faire de l’autostop. Et il n’y aura pas Ă  attendre. A peine sommes-nous prĂŞts qu’un VW Combi passe devant notre tente. A son bord un couple de retraitĂ©s. Mais Ă  l’arrière les six places restantes sont vides. Je n’ai pas le temps de demander au chauffeur s’il peut nous prendre Ă  bord qu’il est dĂ©jĂ  dehors pour nous ouvrir la portière avec un large sourire. Depuis notre arrivĂ©e en Afrique du Sud, la gentillesse des gens Ă  notre Ă©gard, noirs ou blancs, est une constante. Il faut dire que tout le monde dans le camping a très vite repĂ©rĂ© la moto orange des français qui font le tour du monde. A croire que notre chauffeur avait prĂ©vu que nous lui demanderions ce service. Et pour un service, c’est plus qu’un service. Un vĂ©ritable cadeau ! Toute la matinĂ©e Ă  arpenter les routes et pistes du parc, qu’ils connaissent comme leur poche, Ă  la recherche des animaux. MĂŞme si cela n’a pas Ă©tĂ© facile et que les observations ne se font que de loin, nous revenons en milieu de journĂ©e comblĂ©s. Un petit repas et nous dĂ©cidons d’aller boire un coup pour fĂŞter ce bon moment. Et c’est Ă  ce moment que nos guides de la matinĂ©e rĂ©apparaissent. Nous les invitons Ă  notre table et après un moment de discussion ils nous disent : Nous allons faire un petit tour, vous voulez venir avec nous ? Nous demandant bien oĂą nous pouvions aller vu le nombre restreint de route dans la rĂ©gion, nous acceptons quand mĂŞme leur offre. Et lĂ , surprise : Nous replongeons dans le parc. Sachant que nous repartons demain, ils nous offrent un supplĂ©ment de visite. Et quel supplĂ©ment ! Si ce matin nous n’avions vu les animaux que de loin, cette fois, nous allons faire des rencontres impressionnantes. Girafes qui taillent les arbres au bord de la piste, groupe de rhinocĂ©ros, troupeau de zèbres qui barrent le passage… Mais le must de la balade, c’est au dĂ©tour d’un virage quand nous nous trouvons face Ă  un Ă©norme Ă©lĂ©phant qui se balade paisiblement au milieu de la piste en venant vers nous. Impressionnant ! Quand il frĂ´le la voiture on se sent tout petit… Peut-on imaginer comment nous rĂ©agirions si nous Ă©tions sur la moto Ă  ce moment lĂ  ? Nous allons en rester lĂ  dans l’énumĂ©ration de nos rencontres qui pourrait devenir fastidieuse.
Nous allons tomber assez brutalement de notre nuage. Il nous faut aller faire quelques courses Ă  la station service toute proche pour nous nourrir. Quelques kilomètres qui nous obligent quand mĂŞme Ă  prendre la moto. Et voilĂ  qu’un bruit accompagnĂ© de vibrations nous arrivent du couple conique. Ce n’est pas possible, elle est maudite cette moto ! Si l’on ne peut plus faire 400 kilomètres sans tomber en panne, il se peut que nous ayons des problèmes graves bien avant d’arriver en France. Et voilĂ  comment une superbe journĂ©e se termine par une nouvelle contrariĂ©té…
La pluie qui va nous tomber sur la tente toute la nuit ne va rien arranger.
Retour à Johannesburg au ralenti afin de ne pas causer plus de dégâts.
Nous avions rencontrĂ©, avant de quitter cette ville, Aldo. Importateur TOURATECH pour l’Afrique du Sud, ce dernier nous avait dit : Si vous avez un quelconque problème, n’hĂ©sitez pas Ă  faire appel Ă  moi. Il va ĂŞtre servi Aldo ! Il va, avec ses parents, nous aider comme si nous Ă©tions des rois. Rendez-vous chez le concessionnaire BMW du coin (nous faisons un tour du monde des concessions BMW), aides diverses… Nous sommes aux petits soins.
En cĂ´toyant ces gens, nous allons en apprendre beaucoup sur les « afrikaners Â». Descendants pour beaucoup de colons nĂ©erlandais arrivĂ©s Ă  partir du 17ème siècle, dont ils ont gardĂ© la langue en l’adaptant (l’afrikaans justement). Ils vivent maintenant dans des conditions assez particulières. MalgrĂ© l’espace que procure ce pays qui a le double de surface que la France, et avec seulement environ 49 millions d’habitants, l’insĂ©curitĂ© les oblige Ă  vivre pratiquement reclus dans des fortifications. Murs surmontĂ©s de clĂ´tures Ă©lectrifiĂ©es, camĂ©ras, dĂ©tecteurs de mouvements, alarmes diverses, serrures, cadenas… On pourrait penser Ă  de la paranoĂŻa, mais les histoires d’agressions racontĂ©es par les uns et les autres nous convainquent facilement du besoin de telles prĂ©cautions. Et il ne faut pas croire que seuls les blancs se font agresser ! Un noir rentrant dans une « township Â» peut ĂŞtre Ă©jectĂ© du train qui le transporte pour un seul tĂ©lĂ©phone portable.
La coupe du monde de football qui s’annonce en juin prochain (il faudrait ĂŞtre aveugle et sourd en mĂŞme temps pour le pas le savoir) va peut ĂŞtre faire changer les choses ? Il faut l’espĂ©rer…
En deux heures la moto a été réparée (le fameux roulement du couple conique que nous avions fait changer par sécurité en Australie n’aura tenu qu’une trentaine de milliers de kilomètres), le lendemain nous obtenons nos passeports d’urgence, il ne nous reste plus qu’à aller visiter le musée de l’apartheid avant de quitter, définitivement cette fois, Jo’burg.
En route vers l’Est du pays, avec le parc du Kruger pour prochaine destination.
Notre voyage a bel et bien repris son cours, et nous ne vous cachons pas que c’est vraiment formidable !
Comme lors des mois prĂ©cĂ©dents, nous allons essayer de continuer Ă  le partager avec vous. Nous vous souhaitons donc, Ă  vous aussi, bon voyage !
 
Chris et Alain
www.motards-nomades.com
 
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