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Edition 2009-10-29 15:41:16
Etonnante Afrique du Sud !

Vraiment Ă©tonnante cette Afrique du Sud ! Nous ne savions pas trop Ă  quoi nous attendre, mais nous sommes, après plus d’une dizaine de jours, toujours aussi dĂ©sorientĂ©s, dĂ©paysĂ©s. Nos repères africains, acquis au cours des prĂ©cĂ©dents voyages, n’ont aucune valeur ici. Après avoir quittĂ© Jo’burg, ce sont de grandes Ă©tendues lĂ©gèrement ondulĂ©es et couvertes d’exploitations agricoles que nous traversons. De temps Ă  autre en Ă©merge une centrale nuclĂ©aire ou une mine. Puis, très rapidement le paysage change. Les ondulations s’accentuent pour devenir collines et de vastes forĂŞts apparaissent. Nous entrons dans la plus grande forĂŞt d’Afrique du Sud. Une forĂŞt artificielle en fait. Ici, c’est l’exploitation du bois. Les arbres sont alignĂ©s au cordeau, mais, malgrĂ© cela et quelques lacs aidant, nous avons l’impression de traverser un paysage suĂ©dois… La route, magnifique, nous emmène Ă  notre Ă©tape du jour. Un ancien petit village de mineurs. Les mines d’or Ă©taient nombreuses ici aussi. Le village est pratiquement restĂ© tel quel. Ce sont simplement des commerçants qui ont pris possession des lieux. Cette fois, il semble que nous soyons dans une de ces petites villes de l’ouest amĂ©ricain. Quand on vous dit que c’est dĂ©paysant au point de ne plus savoir oĂą nous sommes… Pilgrim’s Rest, le village en question, n’est qu’à une dizaine de kilomètres de Graskop, point de dĂ©part d’une des plus belles balade du pays. Le Blyde River Canyon, troisième plus grand canyon au monde. Comme le long du Colorado, ou plus modestement (encore que…) du Verdon, les belvĂ©dères se succèdent pour nous dĂ©voiler des paysages toujours plus beaux. Cascades qui tombent de parois abruptes, falaises de roche couverte de vĂ©gĂ©tation tropicale, rochers en forme de cases africaines, marmites de gĂ©ants creusĂ©es au fil du temps par l’eau et les pierres qu’elle charrie… Les journĂ©es sont bien trop courtes pour pouvoir profiter de tout cela comme nous le voudrions. Mais une destination attendue depuis très longtemps apparait peu Ă  peu sur l’écran du GPS. Ce qui nous a attirĂ© dans cette rĂ©gion, c’est avant tout le parc du Kruger. Et nous n’en sommes plus qu’à quelques kilomètres. Notre problème, encore une fois, c’est l’impossibilitĂ© d’accĂ©der au parc avec la moto. Nous ne connaissons pas la rĂ©gion et il nous est difficile de savoir comment, et d’oĂą organiser notre visite. La meilleure solution, pense-t’on, c’est la location d’une voiture. Les prix pratiquĂ©s par les organisateurs de « safaris Â» vont vite nous dissuader, s’il en Ă©tait besoin, du bien fondĂ© de notre idĂ©e première. Il faut simplement trouver un loueur et un endroit sĂ»r oĂą laisser la moto pendant une paire de jours. A force de recherche, il s’avère que pour louer la voiture, c’est Ă  l’aĂ©roport du parc qu’il faut aller. Nous trouvons Ă  nous loger Ă  Nelspruit, distante d’une trentaine de kilomètres et oĂą nous pourrons laisser la moto sous bonne garde.
4h45 du matin. Quelqu’un tape Ă  la fenĂŞtre de notre chambre. Le gardien nous dit : « C’est l’heure pour aller visiter le parc ! Â». La raison l’emporte sur la colère. Nous ne lui avions rien demandĂ©, mais c’est vrai, il faut y aller au plus vite afin d’en profiter au maximum. Ici, les gens vivent plus au rythme du soleil. Ils se lèvent tĂ´t pour aller travailler, mais vers 17 – 18 heures, tout est dĂ©sert.
Il nous faut quand même parcourir une bonne centaine de kilomètres pour atteindre la porte d’accès au parc la plus proche.
Les nombreux reportages tĂ©lĂ©visĂ©s concernant le parc du Kruger nous ont toujours fait rĂŞver. Mais l’expĂ©rience de la pĂ©ninsule de Valdès en Argentine nous laisse septique quand Ă  ce que nous allons dĂ©couvrir. LĂ  bas, il y avait au moins deux cent mètres entre les Ă©lĂ©phants de mer et nous. Que va-t’il en ĂŞtre ici avec la vĂ©gĂ©tation en plus ?
A notre grande surprise, et très vite, notre balade dans la savane va prendre la tournure d’un « feu d’artifice Â» animalier. Nous ne savons plus oĂą donner de la tĂŞte ! Il faut conduire, se repĂ©rer, chercher, se garer dans l’urgence en pensant que nous ne sommes pas seuls et faire des photos comme on le peut, engoncĂ©s dans notre voiture. Une grande partie du bestiaire africain s’offre Ă  nous. MĂŞme le roi lion est de la partie ! Mais alors, que le temps passe vite dans ces conditions ! Pas Ă©tonnant qu’en fin d’après-midi nous soyons les derniers sur la route et les derniers Ă  rentrer au camping alors qu’il fait nuit noire. Allez, demain nous remettons çà ! Avec le soleil si possible… En se donnant la peine d’emprunter quelques pistes isolĂ©es, nous « dĂ©couvrons Â» de petits endroits paradisiaques. A tel point que nous regrettons vivement de ne pas avoir louĂ© la voiture plus longtemps pour en profiter un peu plus.
D’autres destinations nous attendent. Nous ne sommes qu’à une centaine de kilomètres du Swaziland. Un petit royaume coincé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud. C’est certainement le moment où jamais d’aller y jeter un œil de manière à voir à quoi cela ressemble.
La route semble avoir Ă©tĂ© posĂ©e Ă  mĂŞme les flancs des montagnes. Une belle route qui monte et monte encore en sillonnant Ă  travers le relief et les forĂŞts. Bizarrement, nous sommes pour ainsi dire seuls sur cette route. Serions-nous les seuls Ă  aller au Swaziland ? Quand arrive le poste frontière, il se confirme que pas grand monde  passe par ici. Les policiers chargĂ©s de l’immigration ne semblent pas ĂŞtre surchargĂ©s de travail. Le temps de deux coups de tampon et nous sommes dehors du pays. Passage d’un portail et la route se transforme en chemin au revĂŞtement fatiguĂ© tout au long du « no mans land Â». On va dire que le poste de douane cĂ´tĂ© Swaziland est « plus africain Â»â€¦ Il ne nous faudra pas plus de temps pour y rentrer. GoudronnĂ©e, la route, elle a dĂ»t l’être… Pour l’heure nous zigzaguons entre les trous. Un panneau annonce « fin d’on ne sait quoi Â». Par chance, c’est la fin du goudron, ou supposĂ©. La piste prend la relève. Sommes-nous dans la bonne direction, sur la bonne route ? En guise de route, c’est une piste d’exploitation forestière qui sert de liaison jusqu’à Piggs Peak, village oĂą nous retrouvons une route revĂŞtue.
Surprise : D’après les informations de notre guide, nous nous attendions Ă  un pays assez pauvre. Les frasques du monarque en place, Mswati III, Ă©tant prioritaires sur les besoins de ses sujets. Nous sommes finalement dans un environnement assez similaire Ă  la grande Afrique du Sud voisine. Certes, des habitations sont plus proches de la cabane que de la villa, mais dans l’ensemble, la majoritĂ© des gens semble vivre correctement. Les centres commerciaux de la capitale, Mbabane en attestent tout comme le parc de vĂ©hicules. Le pays est cernĂ© de montagnes et la verdure prĂ©domine. Nous allons vite comprendre pourquoi. La pluie nous rattrape encore ici.
Il nous faut rouler un peu. Direction le Sud-ouest avec pour point de mire presque immĂ©diat un autre royaume, complètement enclavĂ© celui-lĂ , dans l’Afrique du Sud : Le Lesotho. Avant d’y entrer, un passage au « Golden Gate Hightland  NP Â» s’impose. Paysage de sable fossilisĂ© que le temps a modelĂ© en construisant des forteresses rocheuses recouvertes d’une verte prairie oĂą paissent zèbres et gazelles alors que les babouins semblent faire la manche au bord de la route, des fois qu’un touriste de passage leur donnerait un bout de pain… (Nous ? Jamais ! D’abord, c’est interdit, et puis on le sait, les babouins ne mangent pas de pain dans la nature…)
Le ciel est rempli de nuages. Encore une fois, le passage des diffĂ©rents postes de douane n’est qu’une formalitĂ© de quelques minutes. Toujours impossible par contre, d’assurer la moto… Le Lesotho est comme un gros paquet de montagnes posĂ© sur un plateau qui est dĂ©jĂ  Ă  une altitude moyenne de 1700 mètres. Nous ne nous doutions pas, que sur cette dernière « ligne droite Â» vers la France, et plus prĂ©cisĂ©ment en Afrique, nous aurions Ă  gravir des cols de plus de 3000 mètres. Le futur  proche va nous dĂ©montrer que le Lesotho est vraiment un pays de montagne. Qui en douterait, alors que plus de 80% du territoire se trouve Ă  plus de 1800 mètres et que l’on nomme le Lesotho le « royaume dans les nuages Â» ? Pas nous en tous les cas ! Car bien entendu, si la mĂ©tĂ©o n’était dĂ©jĂ  pas terrible, c’est la pluie mĂŞlĂ©e Ă  un vent violent et froid que nous allons affronter pour franchir le Tlaeng Pass Ă  3251 mètres, qui succède Ă  deux autres cols presque aussi hauts. C’est justement pour un col que nous sommes venus au Lesotho. Le mythique Sani Pass. 2874 mètres d’altitude. Une brèche dans la gigantesque falaise qui marque la frontière entre Lesotho et Afrique du Sud Ă  l’Est du pays. Falaises recouvertes de pâturages et parsemĂ©es de quelques cases. A nos pieds, une mer infinie de nuage. Impressionnant ! A tel point, que ce panorama trouve sa place parmi les plus grandioses de notre voyage (vous vous rappelez de ce bout du monde majestueux dans le film « les dieux sont-ils tombĂ©s sur la tĂŞte ? Â»). Au dessus du col, au bord de la falaise, le Sani Top chalet. Le pub le plus haut d’Afrique qu’ils disent. Eh bien, pour nous cela va certainement ĂŞtre le camping le plus haut d’Afrique. MalgrĂ© le vent, nous plantons la tente sur l’herbe verte face Ă  la falaise. On ne vous en dira pas plus sur le bonheur que procurent de tels instants. Par contre, et ce n’est pas un dĂ©tail, le Sani Pass est une destination qui se mĂ©rite. La mĂ©tĂ©o mise Ă  part (elle nous a quand mĂŞme bien gâchĂ© le paysage pourtant sublime, en estompant les couleurs de la terre, du ciel et des cases, pourtant joliment dĂ©corĂ©es), la piste, 51 kilomètres, n’est pas toujours des plus facile. Les passages dĂ©licats se succèdent Ă  l’approche du col alors que nous avons laissĂ© derrière nous les derniers villages. Il n’y a plus que quelques rares bergers, enveloppĂ©s dans des couvertures et un bonnet sur la tĂŞte, pour rigoler de voir deux extra terrestres se dĂ©battre sur un gros truc orange afin de franchir quelques marches rocheuses qui entravent la piste. Mais l’arrivĂ©e n’était rien comparĂ©e Ă  ce qui nous attendait le lendemain…
Encore un coup de tampon sur nos passeport et nous plongeons par cette brèche. Si, vu de lĂ -haut la piste semble facile, quand nous y posons nos roues, il n’en est plus de-mĂŞme. La pente est forte. Très forte ! Les rochers qui « affleurent Â» sont autant d’obstacles qui peuvent dĂ©vier la moto et tout ce quelle transporte vers le prĂ©cipice. La boue glissante colle aux pneus. La première vitesse, bien trop longue pour ce genre d’exercice, nous oblige Ă  trop solliciter les freins qui chauffent vite. Les arrĂŞts sont obligatoires pour faire reposer la mĂ©canique et les passagers. Presque aussitĂ´t nous sommes entrĂ©s dans les nuages. Tellement absorbĂ©s par les obstacles, on ne se rendra compte que bien plus tard que nous sommes maintenant sous ces mĂŞmes nuages. Le paysage est toujours aussi beau. Cascades, rochers vertigineux, parterres de fleurs orange…
Deux heures pour parcourir les quelques 36 kilomètres qui nous sĂ©paraient du goudron, en bas, dans la vallĂ©e. On s’est bien arrĂŞtĂ© prendre quelques photos, puis pour les formalitĂ©s de douane, mais quand mĂŞme, cela prouve, si besoin Ă©tait, que ce n’était pas du gâteau. Que dire s’il nous fallait monter de ce cĂ´tĂ© ?
Un bon repas s’impose (on mange bien en Afrique du Sud !) afin de reprendre des forces. D’autant qu’un imprĂ©vu s’ajoute encore Ă  notre programme : Le bouchon de remplissage d’huile du moteur fuit de plus en plus. A tel point que tout le cotĂ© de la moto est crĂ©pit d’huile. Oublions l’état de nos habits…
Il y a vraiment deux pays en un dans cette immensitĂ© australe. Celui des blancs et des rares noirs qui ont « rĂ©ussi Â», et celui des noirs… Et il semble qu’il y est vraiment des rĂ©gions oĂą prĂ©dominent les uns ou les autres. Nous quittons la petite ville d’Underberg pour traverser une vaste zone beaucoup plus pauvre. Du moins, de la partie que nous avons pu voir. Le Kwazulu-Natal. Plus d’arbre. De la prairie recouvre les collines Ă  perte de vue. Prairie rĂ©gulièrement recouverte de ces towns ships aux maisons multicolores mais tellement dĂ©risoires, plantĂ©es anarchiquement et sans souci des problèmes d’urbanisme. Les quelques petites villes traversĂ©es sont sales et encombrĂ©es. Plus rien Ă  voir avec ce que nous avons rencontrĂ© depuis le dĂ©but de notre sĂ©jour ici. Il ne ferait pas bon avoir une panne par ici. L’insĂ©curitĂ© est omniprĂ©sente. Ambiance due Ă  la pĂ©riode de l’apartheid. Ici un blanc est un afrikaner (blanc qui vit en Afrique du Sud depuis plusieurs gĂ©nĂ©rations) donc un ennemi pour les noirs qui vivent dans la misère. Cette situation est particulière Ă  l’Afrique du Sud et ne reflète en rien les rapports entre africains et « europĂ©ens Â» dans les autres pays de ce continent.
Il faut faire très attention. Vaches, chèvres et autres chiens errants sont à nouveau de la partie.
Il pleut. Toujours ce vent glacial. Il est frĂ©quent de traverser des zones de brouillard tellement les nuages sont bas. Nous sommes obligĂ©s de nous arrĂŞter au bord de la route afin de sortir du fin fond de nos bagages doublures et gants d’hiver. Nous pensions avoir trop chaud en Afrique du Sud ? Les centaines de kilomètres se succèdent. Et toujours cette huile qui s’échappe des contraintes du moteur… Toutes les astuces pour remĂ©dier Ă  cette fuite ont Ă©tĂ© utilisĂ©es. Mais n’est pas Mac Gaver qui veut. Le ruban adhĂ©sif, le chewingum, rien n’y fait. La jambe gauche du pantalon pèse de plus en plus, imbibĂ©e d’huile.
Comme si la richesse allait de pair avec la météo ou le paysage, c’est en arrivant sur la côte de l’océan Indien que nous retrouvons des villes structurées et propres en même temps qu’une accalmie météorologique.
Une visite (une de plus) chez le concessionnaire BMW de Port Elizabeth s’impose. Il va nous falloir attendre ici une paire de jours pour que les deux mécaniciens aient un peu de temps à consacrer à notre moto. C’est le début de la saison estivale et l’atelier est bondé.
Notre séjour en Afrique du Sud joue les prolongations et ce n’est pas pour nous déplaire. Nous avions prévu trois semaines ici, les voilà déjà écoulées. On va en ajouter au moins une…
Aussitôt prêts, nous prendrons la direction de Cape Town avant de bifurquer plein Nord, vers l’Europe. Mais d’ici l’Europe, il y a encore quelques pays à découvrir et quelques rencontres à faire.
A bientĂ´t pour vous raconter tout cela !
 
Chris et Alain
www.motards-nomades.com


     
 
 
 

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