La route des Grandes Alpes relie Évian-les-Bains à Menton en traversant une succession de cols qui font autant sa réputation que sa difficulté. Elle ne se parcourt pas comme un axe unique mais comme une chaîne d’étapes distinctes, chacune avec son propre relief, son altitude et ses conditions de circulation. Beaucoup de motards la confondent avec la route Napoléon, plus à l’ouest, qui suit un tracé historique différent entre Grenoble et la Côte d’Azur : les deux itinéraires se croisent par endroits mais répondent à des logiques d’étape bien distinctes.
D’Évian à Menton, un itinéraire pensé par cols
Le tracé historique enchaîne des cols emblématiques des Alpes françaises, du Cormet de Roselend au col de la Bonette en passant par le Galibier, sur près de sept cents kilomètres du lac Léman à la Méditerranée. Chaque tronçon change de caractère : lacets serrés en versant nord, longues lignes en balcon côté sud, replats d’altitude où le vent se fait sentir sans prévenir. Découper le parcours col par col, plutôt que viser Menton d’un seul élan, permet d’adapter le rythme à chaque relief plutôt que de subir la fatigue en fin de journée.
Cette logique de découpage sert aussi à répartir l’effort mécanique de la moto : freinages répétés en descente, régime moteur soutenu en montée, refroidissement sollicité sur les longues rampes. Un contrôle mécanique avant le départ évite qu’un col isolé au milieu du parcours ne devienne un problème sans solution rapide à proximité.
Le Galibier et l’Iseran : altitude et ouverture saisonnière
Le col du Galibier culmine à plus de 2600 mètres et reste fermé une bonne partie de l’année, généralement de fin d’automne au printemps selon l’enneigement résiduel. Le col de l’Iseran, plus haut encore, obéit à la même logique d’ouverture tardive et de fermeture précoce dès les premières neiges. Ces dates varient chaque saison et se vérifient avant le départ plutôt que sur la seule foi du calendrier de l’année précédente.
L’altitude change aussi la conduite elle-même : la température chute nettement à l’approche du sommet, parfois de dix degrés ou plus par rapport à la vallée, et l’air plus rare réduit légèrement la puissance disponible sur les motos à carburation ancienne. Une tenue superposable devient utile pour passer d’un fond de vallée chaud à un col frais sans multiplier les arrêts pour se rééquiper. Le revêtement lui-même change avec l’altitude : gravillons résiduels après le déneigement de printemps, chaussée humide à l’ombre des parois même en plein été, plaques de goudron rustiné qui modifient l’adhérence dans certains virages serrés.
La descente mérite autant d’attention que la montée, car les longs freinages successifs sollicitent les disques et les plaquettes bien plus qu’une utilisation habituelle sur route plate. Alterner le frein moteur et le frein à main, plutôt que de freiner en continu sur plusieurs kilomètres, évite l’échauffement excessif qui fait chuter la puissance de freinage au pire moment, dans une épingle serrée en fin de descente.
Ravitaillements et circulation estivale
Les stations-service se raréfient en haute vallée, et certains cols n’offrent aucun point de ravitaillement sur plusieurs dizaines de kilomètres. Anticiper le plein avant d’attaquer un col long évite de se retrouver à sec sur une portion sans réseau ni station ouverte, en particulier tôt le matin ou en fin de journée.
L’été, la route des Grandes Alpes attire un trafic dense de cyclistes, de camping-cars et d’autres motards, surtout sur les portions les plus connues comme le Galibier. Cette circulation resserrée impose une vigilance accrue dans les épingles, où la visibilité reste limitée et où un cycliste peut occuper une large part de la chaussée. Selon l’article que Wikipédia consacre à cet itinéraire, la route culmine à plusieurs reprises au-dessus de 2000 mètres, ce qui explique la fréquentation touristique concentrée sur les mois d’été où l’ensemble des cols reste garanti ouvert. Rouler tôt le matin reste souvent le meilleur compromis entre lumière rasante agréable et trafic encore clairsemé.


