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La route se prépare autant qu'elle se roule

Rouler sous la pluie : les vingt premières minutes sont les pires

Avatar de Ombline Rebuffat-Gastinel

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Contrairement à une idée répandue, ce n’est pas l’averse la plus intense qui met le plus en danger un motard, mais les premières minutes après le début de la pluie, quand la chaussée n’a pas encore été lessivée par une eau abondante.

Le film de gras remonté par la première pluie

La chaussée accumule en temps sec des résidus d’huile, de gomme de pneu et de particules diverses qui restent invisibles à l’œil nu. Dès les premières gouttes, cette pellicule se mélange à l’eau et forme un film glissant particulièrement traître, bien plus dangereux qu’une chaussée déjà bien mouillée où ces résidus ont eu le temps d’être rincés.

Ce phénomène explique pourquoi une pluie fine après plusieurs jours de sécheresse peut se révéler plus piégeuse qu’un orage soutenu survenant après une journée déjà pluvieuse. La vigilance doit donc être maximale dès les premiers signes de pluie, pas seulement lorsque l’averse devient franchement intense.

Marquages au sol, plaques d’égout : les pièges glissants

Les marquages au sol peints, les plaques d’égout métalliques et les rails de tramway offrent une adhérence nettement inférieure à celle de l’asphalte environnant, un écart qui se creuse encore sous la pluie. Une trajectoire qui recoupe une ligne blanche ou une plaque en plein virage, même léger, augmente sensiblement le risque de perte d’adhérence sur une surface déjà fragilisée par l’humidité.

Anticiper ces obstacles suppose de les repérer à l’avance et d’ajuster sa trajectoire pour les traverser le plus droit possible, sans être penché, plutôt que de les découvrir au moment où la moto est déjà inclinée dans un virage.

Adapter sa conduite à cette fenêtre critique

Ralentir dès les premiers signes de pluie, plutôt qu’après coup, permet de composer avec une adhérence réduite avant même d’en ressentir les effets. Les accélérations et les freinages doivent devenir plus progressifs, avec des transitions plus douces sur la poignée de gaz et sur les leviers, pour éviter de solliciter brusquement une adhérence déjà amoindrie par le film de gras encore présent sur la chaussée.

Cette période de vigilance accrue dure généralement une vingtaine de minutes, le temps qu’une pluie continue rince la chaussée de ses résidus accumulés. Passé ce délai, l’adhérence reste inférieure à celle d’une route sèche, mais de façon plus prévisible et plus stable, ce qui permet de retrouver une conduite un peu plus fluide sans pour autant relâcher l’attention portée aux éléments les plus glissants de la route.

Distance doublée, visière et pression des pneus

La distance de freinage augmente nettement sur chaussée mouillée, et les repères habituels utilisés à sec ne s’appliquent plus. Doubler mentalement la distance de sécurité habituelle reste une règle simple et efficace, qui laisse la marge nécessaire pour un freinage moins efficace et une adhérence réduite.

La visière, elle, s’embue rapidement dès que la température extérieure chute sous la pluie, réduisant la visibilité au moment où elle est le plus nécessaire ; une aération légère de la visière ou un traitement anti-buée limite ce désagrément. La pression des pneus mérite aussi une vérification régulière, car une pression trop basse déforme la bande de roulement et réduit la capacité du pneu à évacuer l’eau par ses rainures, augmentant le risque d’aquaplanage. La FFMC insiste régulièrement sur ces réflexes simples, qui pèsent autant que le choix de l’itinéraire dans la sécurité d’un trajet à moto sous la pluie.


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