TOTAL VISITEURS


NOS PARTENAIRES
Contenu de la lettre d'information
Edition 2009-07-29 02:26:54
Transcentraméricaexpress

Cancun ses cocotiers et son sable blanc bordé de piscines luxueuses et le Mexique sont déjà très loin derrière nous. Cancun que nous avons quitté le 2 octobre en compagnie de deux autres couples de motards qui se dirigent dans la même direction, l’Amérique centrale. L’un prévoit d’aller jusqu’à Ushuaïa, l’autre va simplement faire un tour d’une quinzaine de jours au Guatemala. Très vite, la frontière du Bélize est devant nos roues. Formalités rapides et nous traversons ce pays d’une traite sans y faire escale. Un peu frustrant, les gens ont l’air accueillant et il doit certainement y avoir des choses intéressantes à y faire. Mais le temps presse. Nous n’avons plus que trois tous petits mois pour arriver en Terre de Feu, et tout un continent à traverser, sans parler du problème que pose le passage de Panama vers nous ne savons quelle destination en Amérique du Sud…
Donc, du Belize, nous ne verrons pas grand-chose d’autre que ses maisons de bois aux couleurs chatoyantes et de ses grandes étendues vertes. En quelques heures, nous revoilà à la frontière à l’Ouest du pays. Les formalités ne seront pas plus longues pour nous retrouver au Guatemala après une bonne pluie. Et cette dernière ne nous arrange pas vraiment. L’accès au Guatemala se fait par une piste de terre qui détrempée, devient très glissante. Vingt quatre kilomètres de piste où il faut éviter trous et ornières la plupart du temps … Les nuages sont noirs et obscurcissent le ciel. Le GPS indique la direction de notre destination, juste à l’endroit où le soleil essaie de faire une trouée à travers les nuages comme pour nous guider. Mais rien n’y fait. C’est encore des trombes d’eau qui nous tombent sur le casque. Le retour sur la route goudronnée, bien que partiellement détruite, va nous soulager. Tout autour de nous, les champs sont recouverts d’une profonde couche d’eau. La nuit ne va pas tarder à tomber. Rouler de nuit ici est vraiment trop dangereux avec les piétons et quelques véhicules sans éclairage… De plus, l’assurance n’étant pas obligatoire ici, nous n’avons donc pas pu assurer les motos… Il est plus prudent de s’arrêter au plus tôt. Un hôtel au bord du lac Peten Itza et à une trentaine de kilomètres du site de Tikal est le bienvenu. Equipages et motos sont couverts de boue. La douche, même froide, ne sera pas de trop ce soir. L’ambiance revient au beau fixe quand nous nous retrouvons autour de la table afin de déguster quelques spécialités locales.
Trente kilomètres d’une belle route traversant la jungle et bordée de panneaux annonçant la proximité d’animaux exotiques nous conduisent jusqu’au site de Tikal. Classés au patrimoine mondial par l’UNESCO, les vestiges mayas sont « éparpillés » dans la jungle qui a pratiquement repris ses droits depuis quelques siècles. Seuls les principaux monuments ont été dégagés de cet enfer vert inextricable. Aussi, il est assez difficile de se faire une idée précise de ce que pouvait être cette ville il y a quelques mille cinq cent ans. Seuls les grands temples surplombants des pyramides émergent de la végétation et servent de repères. Nous nous baladons sous les arbres dans lesquels quelques singes passent d’une branche à l’autre afin de se gaver des meilleures feuilles. Même ces dindons sauvages dont nous avons vu quelques spécimens sur la route en venant, arrivent à rejoindre le haut des arbres pour s’y nourrir. Ce genre de visite nous a habitués depuis quelques temps à monter et descendre des quantités de marches impressionnantes. Parait que c’est bon pour le cœur ! Mais alors, chaleur et humidité s’entendent bien pour nous faire transpirer des litres d’eau. Ici, des escaliers en bois ont été aménagés pour que les visiteurs n’usent pas les pierres en gravissant directement les édifices. Le problème, c’est que quand on voit les escaliers en question, confectionnés avec des chevrons et à des hauteurs vertigineuses, il faut faire un peu confiance au concepteur avant de s’y engager. Mais une fois en haut, assis sur une marche au pied du temple (et en haut de la pyramide), quel spectacle ! La forêt à perte de vue, juste trouée par deux ou trois temples plus hauts que les plus hauts des arbres.
Bon, c’est bien beau tout cela mais nous n’avons pas que çà à faire. Nous nous rappelons que le bout du monde n’est pas encore à portée de nos roues et que du coup, il nous faut rouler. Traversée d’un animal inconnu (pour nous) au museau très long, puis, un peu plus loin, d’une araignée. Bof, des araignées il y en a à la maison. Pas de quoi en faire « un plat ». Sauf que celle là, elle est tellement grosse que Chris la voit alors que nous roulons à un bon rythme. Arrêt photo qui nous permet d’admirer la bête dont une partie du corps est recouverte de poils rouges. Dire qu’il y en a qui mange ce type de bestiole…
Quelle indiscipline ! Passer autant de temps devant une araignée alors que nous devrions être au moins à cent kilomètres d’ici… A Florès plus précisément. Petit village construit sur une île du même lac et relié à la terre ferme par un pont. C’est ici que nous rejoignons un autre motard désirant se joindre à nous. Mike, américain du Minnesota qui se rend… à Ushuaia… Va y avoir du monde là bas !!!
La route qui se déroule devant nos roues est une véritable invitation à rouler et à se faire plaisir. De plus, depuis que Ricardo a mis ses mains sur la moto, celle-ci marche presque bien. C’est celle de Pascal qui a pris le relais et qui a des coupures d’allumage en roulant… Sûr qu’il va nous falloir encore aller rendre visite à un mécano à l’occasion de notre passage à Guatemala City… Les montagnes qui se profilent à l’horizon, sont un peu la colonne vertébrale de l’Amérique centrale et quand la route décide d’y plonger, c’est un vrai festival de virages sur un revêtement parfait. De plus, ce n’est pas la circulation qui nous gêne ! Les véhicules sont rares ici. Nous sommes dans un pays des plus pauvres de la planète qui a du mal à se redresser des dernières crises politiques qui l’ont secoué il n’y a pas si longtemps.
Les choses vont sérieusement se gâter à l’approche de la capitale Guatemala City. Le trafic redevient intense et le revêtement de la chaussée se dégrade proportionnellement à cette intensité. Nous contournons la ville par le Nord, bien contents de ne pas s’attarder plus ici pour le moment, pour nous diriger vers l’ancienne capitale : Antigua. Les pluies diluviennes des derniers jours ont occasionné des coulées de boue sur les routes et il n’est pas aisé de rejoindre cette petite ville étendue au pied d’un majestueux volcan qui peine à se débarrasser de son bonnet de nuages. La ville est parsemée de vestiges de monuments reliés les uns aux autres par des rues où s’aligne de vieilles maisons coloniales aux façades qui arborent des couleurs chatoyantes. Se balader ici est vraiment relaxant. Même si le temps nous est compté, nous allons en profiter un peu.
Denise et Andrew qui roulaient avec nous depuis Cancun, nous quittent ici. Eux ; remontent vers le Mexique. Pour nous, passage obligé par la case mécano à Guatemala City. Pour une fois, ce n’est pas notre moto qui pose problème. Après une grosse demi-journée, passée à attendre, nous roulons vers le Honduras. Frontière franchie, nous faisons une escale humide à Copan . Dernier site Maya vers le Sud. Visite « obligatoire » ! Même sous les trombes d’eau qui se déversent encore sur nous. Des jeunes ont la bonne idée de louer des ponchos à l’entrée du site. Nous nous retrouvons déguisés aux mêmes couleurs que les perroquets qui attendent patiemment la fin de la pluie perchés sur des clôtures où sur des arbres, une goutte d’eau qui pend au bout du bec. La fin de la pluie, ce n’est encore pas pour aujourd’hui… Comment planifier un voyage avec ses visites alors que la météo ne fait aucun effort pour être un peu clémente ? La décision est vite prise. Si rien ne change d’ici demain, nous roulons vers le sud pour nous rapprocher au maximum du Nicaragua. La météo ne changera pas, mais au moins nous avancerons un peu. Et c’est bien comme cela que se déroule cette journée qui nous conduit à Danli après avoir traversé la capitale du pays, Tegucigalpa. Là, il s’agit d’un record à mettre à l’actif de cette ville : Un quart d’heure montre en main sans rencontrer le moindre feu tricolore ! Nous en connaissons qui, s’ils pouvaient aller à leur boulot dans les mêmes conditions seraient enchantés.
Danli ne sera qu’une étape « pratique » dans notre voyage, mais nous en garderons un souvenir inoubliable grâce au pompiste qui nous fait le plein de carburant en tenant d’une main le pistolet de la pompe, de l’autre un pistolet aussi, mais mitrailleur cette fois. Pas intérêt à partir sans payer… Nous sommes à quelques kilomètres de la frontière du Nicaragua et nous y sommes assez tôt le lendemain après avoir remonté une file de camions en attente et garés des deux cotés de la chaussée. C’est bizarre cette impression que les paysages sont plus beaux à proximité des frontières… Il faut dire que dans l’ensemble, nous sommes relativement déçus par les paysages que nous offre l’Amérique centrale. Certes, la météo ne fait rien pour les mettre en valeur, mais nous nous attendions à plus d’exubérance végétale sous les tropiques. Heureusement, les vieilles villes coloniales où nous faisons étapes sont agréables avec leurs façades colorées et leurs monuments. Pour peu qu’il y ait deux ou trois volcans à proximité, tout devient de suite plus sympathique. Ou le deviendrait, si le soleil daignait se montrer un peu et nous illuminait tout çà…
C’est le cas de Granada au bord du lac Nicaragua et au pied du volcan Mombacho. Peut être nous faudra t-il revenir à une autre saison ?
On l’a déjà dit, il faut rouler. A ce sujet, les pneus de la moto, montés il y a déjà bien longtemps à Tacoma, commencent à fatiguer un peu. Il serait bien qu’ils tiennent jusqu’à San José au Costa Rica. Il y a de l’espoir, nous venons de rejoindre la célèbre route « Panaméricaine » (un bien joli nom pour une route étroite, bosselée et avec quelques trous) qui nous conduit Sud Est vers la frontière en longeant le lac Nicaragua où s’élèvent, majestueux, deux volcans posés sur l’île Ometepe….
Il commence à être tard et nous nous sommes fixés comme règle, et par sécurité, de ne pas rouler de nuit. Cela ne va pas être facile à respecter. La sortie du Nicaragua se fait en quelques minutes. Les formalités les plus longues sont toujours pour la moto. Nous allons encore le vérifier pour entrer au Costa Rica. Si nous obtenons notre tampon en quelques minutes, il faut d’abord décontaminer la moto pour pouvoir continuer les formalités. Encore faut-il que le douanier en charge de nous délivrer la dose règlementaire de paperasserie ait fini de manger… Et il prend son temps ! Ca ne le dérange pas du tout lui, que nous roulions de nuit… Et quand nous avons ces papiers, c’est pour en obtenir un autre un peu plus loin… Et le fonctionnaire qui doit nous le délivrer, en a visiblement plein les doigts de taper toujours les mêmes choses… Il nous faut encore bien une heure pour clôturer l’ensemble du parcours du parfait passeur de frontières. Un dernier contrôle avant que la barrière ne se lève, des fois que, et nous voilà enfin sur la route de Liberia, mais bloqués par les camions qui s’engagent sur la seule voie libre de la chaussée et se retrouvent face à face sans pouvoir reculer. Il faut mettre en pratique l’expérience tout terrain pour pouvoir s’en sortir. Plus que 77 kilomètres pour arriver sous un feu d’artifice d’éclairs et dans la crainte que le ciel ne nous tombe encore une fois sur la tête. Nous allons y échapper cette fois, mais c’est pour mieux déguster le lendemain.
Pause photos sur les hauteurs qui surplombent le lac Arenal. Le contraste est saisissant entre le Nicaragua que nous venons de quitter et le Costa Rica que nous avons maintenant devant les yeux. Encore une fois nous avons changé de monde. La misère et la saleté ont laissé la place à de belles pelouses bordant des maisons cossues, et d’un coup les paysages ont comme explosés. Finit la morosité des pays précédents.
Un plus bas, les singes font les pitres dans les arbres en poussant des cris à faire peur. En face, sur l’autre rive du lac, il tombe des clous comme diraient nos amis québéquois. Et notre route, vous l’avez deviné, passe sur l’autre rive pour rejoindre Fortuna. Depuis le Sud de la Baja California, nous n’avons eu qu’une journée sans pluie. Inutile de vous dire que nous avons pris de bonnes douches. Mais ce qui nous attend cette fois, est vraiment au dessus du lot. Il y a des moments ou nous ne voyons pas le lac que longe pourtant la route au plus prés. Nous avons l’impression que les deux océans se rejoignent sur nos têtes. Et pourquoi est ce moment là que choisit un caillou pointu pour se planter dans notre pneu arrière fatigué ? Allongé sur la chaussée détrempée pour mettre une mèche et un peu d’air qui vont nous permettre de rejoindre notre étape après avoir évité nombre de pierres et glissements de terrains. Il n’y a plus qu’à franchir l’équivalent de quelques rivières qui ont choisit de traverser la route où ce n’est pas vraiment prévu pour arriver enfin, complètement trempés dans une ville privée d’électricité…
Il y a tant de choses à voir dans cette région, et nous ne sommes même pas capables de situer le volcan Arénal qui doit être tout prés d’ci…
Au matin, après le déluge, nous réalisons que nous avons dormi juste au bas du volcan. Celui- ci se dresse en haut de la rue, énorme avec ses deux cônes d’où s’échappent des colonnes de fumée qui s’élèvent pour rejoindre…les nuages. Car il ne faut pas croire que c’est fini … Nous pensions rester une journée complète ici pour se balader un peu mais encore une fois le voyage décide autrement. Afin de palier à une petite carence mécanique de notre chère (très chère !!!) monture, il nous faut être à la capitale cet après midi sous peine de ne plus avoir de mécano qui va s’absenter deux mois. Chargement rapide, un peu d’air dans le pneu arrière et en route. 140 kilomètres, ce n’est rien… Ce n’est rien vu de loin, mais là, route de montagne encombrée de camions et qui grimpe à plus de 1800 mètres d’altitude… Et que croyez vous que l’on trouve lors d’un passage de col à cette altitude et coincé entre Atlantique et Pacifique ? Un « peu » de pluie pardi ! Il ne manquait qu’un énorme accident à proximité de San José pour en couper l’accès. Nous arrivons malgré tout juste à temps pour rencontrer le mécano en question et trouver un hébergement.
Encore une fois la capitale où nous nous arrêtons, va se révéler comme une étape logistique bien plus que touristique.
Changement des pneus, changement des chaussures qui au bout de six mois ont déjà décidé d’en rester là, tentative de réparation d’un appareil photo qui n’a pas supporté autant d’humidité, récupération d’un colis et envoi vers la France de quelques affaires. Pas le temps encore de trainer.
Nous sommes à quelques jours de changer de continent.
Arrivée à Panama, la Panaméricaine s’arrête à cause du Darien. Une région trop marécageuse pour espérer y construire une route. Un service de car-ferries devait être mis en place entre le Panama et Carthagène en Colombie pour palier ce manque de bitume, mais rien n’a été fait. C’est donc le système D qui prévaut ici. Du coup, impossible de prévoir à l’avance une traversée ou un vol. Il faut voir sur place.
Avion ou bateau, Colombie ou Equateur, nous n’en savons rien. Laissons le voyage décider. Pour l’instant, nous venons d’apprendre que la panaméricaine est fermée pour au moins une semaine suite à un glissement de terrain dû à la pluie et qui a emporté la route. Le passage par la côte Pacifique est fermé aussi à cause d’inondations.
Reste une dernière chance pour rejoindre Panama par la côte Caraïbe, mais le passage de la frontière se fait sur un petit pont vétuste et la route après est plus qu’improbable…
Coincé ici au Costa Rica ?
A bientôt pour d’autres nouvelles.
Chris et Alain
www.motards-nomades.com


Réalisé par Communicator 2.0.2