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Edition 2009-07-29 02:38:26
No worries !

Le soleil illumine de ses premiers rayons les gratte-ciels du centre ville de Melbourne qui émergent de la brume matinale. Le Spirit of Tasmania approche doucement du quai. Une « horde » de motos ne va pas tarder à s’échapper du garage du navire. Tout juste débarqués, nous filons chez le concessionnaire situé au centre ville. Pendant un moment, nous allons avoir l’impression d’être pilotes d’une course d’endurance moto. A peine arrivés, un mécanicien s’empare de la moto et quelques dizaines de minutes plus tard, la revoilà avec des pneus neufs. Le temps de revenir chez Didier, notre pâtissier français du bout du Monde et nous nous emparons à notre tour des outils. Il nous faut moins d’une heure pour déposer les deux amortisseurs. Nous avons prévu de les faire reconditionner tant que cela est possible. Après plus de 70 000 kilomètres d’utilisation intensive, il vaut mieux jouer la sécurité avant de s’engager dans quelques semaines en Asie. Nous avons la chance de trouver sur notre chemin des gens compréhensifs. Vingt quatre heures plus tard, les amortisseurs sont à nouveau à leur place et la moto en parfait état pour poursuivre le voyage. Et nous n’attendons pas plus.
750 kilomètres, Adelaïde nous voilà. Pas pour longtemps. Une brève visite accompagnés de Steve, motard du cru, qui nous guide. Il ne fait pas chaud. Steve nous dit que deux semaines auparavant, la température est montée jusqu’à 45°. Des oiseaux tombaient des arbres. Morts.
Et nous roulons. Port Augusta. Nous voici enfin à la porte de l’out back, du bush… Pour nous, de l’Australie. La vraie. L’authentique. Celle des étendues infinies, celle des aborigènes, celle des routes interminables seulement ponctuées par des « road-houses » où les ravitaillements sont impératifs, celle des « road-trains » et, il ne faut pas les oublier, celle de ces mouches qui vous collent à la peau à la moindre occasion (à ce sujet, les aborigènes considéraient que les mouches faisaient partie d’un cycle naturel et trouvaient normal que ces dernières essayent de s’incruster dans la bouche, les yeux, le nez ou les oreilles. C’est une manière naturelle de « faire » sa toilette, les mouches venant nettoyer ces parties du corps. Une manière bien écologique de se « laver » quand on manque d’eau !) …
Nous pensions souffrir de la chaleur en abordant cette partie de notre voyage, voilà qu’il nous faut ressortir nos polaires. L’été touche à sa fin. Dans quelques jours l’automne sera là et il va nous falloir penser à changer de latitude, tels les oiseaux migrateurs.
Laissons à notre droite la mythique « Stuart Highway » avec son panneau qui annonce Alice Springs à 1221 kilomètres pour nous engager sur la Eyre Highway qui file plein Ouest. Perth, notre prochaine destination n’est qu’à quelques 2500 kilomètres. Allons-y ! Nous longeons le Nord de la péninsule d’Eyre couverte de champs de plusieurs dizaines d’hectares chacun où sont cultivés des céréales. Les silos à grain géants jalonnent le parcours. Bien souvent, d’ailleurs, un point sur la carte correspond plus à un de ces silos qu’à un village. Un repère simplement. Ici aussi, à chaque entrée d’agglomération un panneau indique le degré de restriction d’eau dans la commune. Cette pénurie d’eau peut-elle expliquer le prix exorbitant d’une bouteille d’eau minérale (jusqu’à 4 ou 5 dollars pour 1,5 litre, soit environ 2 ou 3,50 euros !) ? On comprend alors que les australiens soient de grands consommateurs de bière !!!
Kimba marque le milieu du parcours entre l’Est et l’Ouest du pays. Un grand panneau signale cette particularité géographique. Un peu plus loin, à l’entrée d’un village, une forêt d’éoliennes égaye le paysage en tournant dans tous les sens et en grinçant joyeusement. Il est déjà temps de s’arrêter pour la nuit. Un petit camping est installé en bordure du village. La réception est située dans un vieil hôpital reconverti en musée et où vit le gérant du camping qui justement, est un des derniers nés ici. C’est dimanche soir au fond du bush. Les haut-parleurs diffusent de la musique « à fond les watts » dans la cour du restaurant. Une bonne partie des gens qui vivent aux alentours se retrouvent ici une fois par semaine. C’est un peu la fête. Il faut dire que la vie ne doit pas être facile dans ces contrées. Les distances sont énormes. A tel point que nombre d’enfants suivent leur scolarité par l’intermédiaire d’un poste radio. L’instituteur n’est pas physiquement avec ses élèves. Tout passe au travers d’un micro et d’un haut parleur. Il en est de même pour les docteurs. Souvent les fermes sont isolées au milieu de nulle part où les villages trop petits pour avoir un docteur en permanence. Ses derniers se déplacent donc en avion au gré des besoins. Les « Flying-Doctors ». Fréquemment, d’ailleurs, la route sur laquelle nous roulons est aménagée pour recevoir un avion à proximité des villages ou des road-houses.
La traversée de la plaine de Nullarbor s’annonçait comme éprouvante à cause de la chaleur qui y règne habituellement. Or, voilà qu’au moment de partir ce matin, il pleut ! Il ne pleut jamais ici. Soit disant…
Alors que brusquement les arbres disparaissent, un panneau nous indique que nous entrons dans la fameuse plaine sans arbre. Il fait bon, le soleil a fini par reprendre le dessus sur les nuages. Il semble que la moto roule toute seule. Tout va bien. La région redoutée est finalement traversée sans encombre et sans trop s’en rendre compte. Petit à petit les arbres réapparaissent. Nous roulons entre deux bandes d’eucalyptus aux troncs couleur cuivre. Les nuages qui se détachent sur le ciel bleu donnent encore plus de profondeur au paysage. La route rectiligne semble monter au ciel, là-bas où ses deux accotements semblent se rejoindre. Dans la foulée, nous passons à proximité d’une « réserve aborigène » : Accès interdit, photos interdites…
Au sujet de route rectiligne, voilà encore un panneau (ils aiment bien les panneaux les australiens, comme nous) qui indique que nous entrons sur la ligne droite la plus longue d’Australie. 146 kilomètres sans l’amorce de la moindre courbe. Un vrai cauchemar pour tous conducteurs. Et alors que nous sommes sur le point d’en venir à bout, surgit de l’horizon un homme. Un homme qui marche en poussant une sorte de « poussette de compétition ». Le temps de réaliser, freinage, demi-tour, photos et discussion avec cet australien d’Adelaïde qui tente de relier Perth à Sydney en marchant pour récolter des fonds afin d’aider les enfants souffrant de cancers. Sacré bonhomme avec qui nous aurions aimé passer plus de temps !
Le contraste est saisissant entre la frêle « poussette » et les road-trains que nous croisons et qui roulent à 90 kilomètre/heure avec deux ou trois remorques, l’ensemble pouvant atteindre 50 mètres de longueur, peser 115 tonnes et avoir 62 roues (sans compter les roues de secours bien sûr …)! Courant d’air garanti !
La plupart des petits villages que nous traversons sont apparus au moment de la conquête de l’or. Après l’Amérique, l’histoire s’est répétée ici. A la seule différence, c’est qu’ici, tout cela continue. Les bivouacs comme on le dit, au milieu de nulle part se succèdent. Qu’elle joie de s’endormir sous une voute étoilée comme on ne peut en voir que dans l’hémisphère Sud ! Le dernier en date, se situait à proximité du lac Cowan. Lac salé asséché et bordé d’une forêt d’eucalyptus sur une terre rouge. Un endroit idéal pour planter la tente en toute tranquillité. Et du coup, c’est en pleine forme que nous reprenons la route le lendemain au petit matin. Nous allons essayer, aujourd’hui, de rejoindre la ville de Perth à quelques 800 kilomètres. Il fait beau, il n’y a pas grand monde sur la route, tout devrait aller bien. Devrait… Car après seulement 14 kilomètres, le moteur s’arrête d’un seul coup. Impossible de redémarrer. Nous poussons la moto à l’ombre et commençons les vérifications de base. Il y a de l’allumage. C’est l’essence qui semble ne pas arriver jusque dans les culasses. La panne classique sur les BMW, c’est la durite entre la pompe à essence et le filtre qui se débranche. Et bien entendu, la pompe en question est dans le réservoir. Réservoir que nous avons rempli de 41 litres de carburant hier soir juste avant de nous arrêter.
Nous nous mettons à récupérer les bouteilles vides qui jonchent le bord de la route afin de vidanger (qui a dit que les australiens sont écolos ?). Aucun problème donc pour trouver des récipients. Une fois le précieux liquide évacué, on peut ouvrir la trappe de la pompe. La durite est correctement branchée… Il faut chercher ailleurs. Et c’est en remontant le réservoir que vient le déclic. Il semble bien qu’en mettant le contact, on n’entendait plus tourner la pompe à essence… On vérifie immédiatement. Effectivement, elle ne fonctionne plus. Fusible ok, relais qui semble fonctionner, elle a dû lâcher.
Que faire ? Nous tentons sans succès d’arrêter une voiture (qui a dit que les australiens sont solidaires ?) afin de se faire emmener au village le plus proche pour y trouver un véhicule et venir chercher la moto.
Il commence à faire chaud, nous n’avons pas grand-chose à manger et notre réserve d’eau diminue bien trop vite. Il n’y a plus qu’à espérer que nous allons trouver rapidement une solution afin de ne pas sécher ici…
Bon, il suffit de se dire : No worries (pas de problème), qui semble être la devise australienne quoi qu’il advienne.
Nous n’avons plus qu’à vous dire à bientôt…
Chris et Alain

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