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Edition 2009-07-29 02:42:23
sur l\'autre rive du Mékong

Nous venons de quitter un groupe d’éléphants qui nous a fait une démonstration de travail avant d’aller prendre un bain dans la rivière voisine et alors qu’il nous faut maintenant traverser une petite chaine de collines pour rejoindre la route principale qui doit nous conduire à Chiang Rai, dans le Nord de la Thaïlande, nous sommes à nouveau en train d’enfiler, et pour la énième fois, nos combinaisons de pluie. Nous ne savons plus vraiment pourquoi nous faisons cet effort à chaque déluge qui nous rattrape. Elles commencent à se déchirer, comme les couvre-chaussures qui n’en peuvent plus non plus, et nous sommes autant mouillés que si nous ne mettons rien… Et si même elles étaient étanches, nous serions dans le même état à cause de la chaleur et de la transpiration. Il est dit dans cette histoire, que nous devons être mouillés…

Malgré ces désagréments, notre voyage, depuis que nous sommes en Thaïlande, prend des airs de vacances comme ce n’était pas encore arrivé. Notre pouvoir d’achat ici est plus confortable qu’il ne l’a jamais été. Nous pouvons nous permettre des hôtels un peu plus luxueux qu’à l’habitude et de temps en temps, nous nous offrons un menu autre que le traditionnel « bol de riz ».

Chiang Rai n’a rien de spécial à nous proposer. Ce qui fait l’intérêt de cette ville est sa proximité avec des régions montagneuses et belles à souhait. Oui mais voilà : En ce moment, quand il ne pleut pas ici, c’est qu’il va bientôt pleuvoir. Il n’y a aucun intérêt à parcourir encore des centaines de kilomètres sous la pluie et dans les nuages qui s’accrochent à la cime des arbres en nous empêchant de voir quoi que ce soit. Nous revivons exactement la même situation qu’en Amérique centrale l’année dernière.

Nous avons juste le temps, entre deux averses, de nous rendre à l’extrême Nord de la Thaïlande à la frontière avec le Laos et la Birmanie. Un point, sur la rive droite du Mékong, d’où nous pouvons voir un morceau de ces trois pays. Lieu appelé, « à tord », Triangle d’Or. Appellation qui revient en fait à toute la région couvrant une vaste surface à cheval sur ces pays et connue pour ses plantations de pavots (la moitié de la production mondiale d’opium proviendrait d’ici. On comprend dés lors, beaucoup mieux l’appellation…). Mais les lois du tourisme ont décidé de cette appellation pour ce point plus précis afin d’avoir plus d’impact auprès des touristes qui s’y précipitent. D’ailleurs, rien n’a été oublié pour eux. Si les rives des deux autres pays semblent assez austères, ici la démesure est encore au rendez-vous. Des hôtels bien sûr, mais surtout un temple énorme en forme de bateau multicolore et surmonté d’une grande statue dorée de Bouddha et encadré par des statues d’éléphants grandeur nature.

Le village ressemble à un alignement de gargotes à souvenirs pour touristes.

Nous fuyons la région trop humide pour nous, afin de rejoindre au plus vite la frontière du Laos et Vientiane, sa capitale. Sans espérer toutefois trouver là-bas un climat plus sec… Deux étapes de quelques quatre cent kilomètres chacune et nous y voilà.

Juste à temps pour assister au coucher de soleil sur le mythique Mékong. Il est tellement rare qu’il ne pleuve pas le soir à notre arrivée à destination…

Et encore une fois il nous faut changer de pays pour continuer notre voyage. Sortie de la Thaïlande en dix minutes, franchissement du pont de l’Amitié qui enjambe le Mékong et une quarantaine de minutes pour entrer au Laos. Il n’y a plus qu’à choisir un assureur pour la moto, parcourir une vingtaine de kilomètres et nous voilà au centre de la capitale du pays. Nous trouvons là quelques bonnes surprises : En premier lieu, depuis que nous sommes rentrés au Laos nous roulons de nouveau à droite. Et puis ici, les rues s’appellent des rues comme les avenues des avenues ou les boulevards, vous l’avez compris, des boulevards. Mais la meilleure surprise, ce sont ces baguettes de pain empilées sur les étalages. Vestiges de la colonisation bien appréciés tout comme les nombreuses traductions en français.

Vientiane, petite capitale tranquille où nous allons profiter de quelques ambassades installées ici pour obtenir des visas qui nous serons utiles dans un futur proche.

A ce sujet, si nous obtenons le visa pour le Cambodge dans la journée, il faut une semaine de délai pour avoir celui de l’Inde. Qu’à cela ne tienne. C’est au moins le temps nécessaire pour allez faire une balade dans le Nord du Laos.

Nous quittons donc la capitale par la route principale qui traverse le pays. La route 13. En coupant le Laos, elle relie la Chine au Cambodge. Pas beaucoup de circulation, et une route, on va dire, un peu chaotique. Aussitôt après être sortis de l’agglomération, nous sommes à nouveau au beau milieu des rizières, mais, pas pour bien longtemps. A l’horizon, apparaissent de petites montagnes que la route ne va pas tarder à contourner ou escalader pour les franchir par de petits cols. Nous traversons de nombreux petits villages aux maisons de bois, souvent sur pilotis et encadrées de petits greniers à grain. Le calme règne, l’ambiance est agréable et le dépaysement total.

La différence du niveau de vie entre la Thaïlande et le Laos est flagrante. On comprend très vite, que pour les gens qui vivent ici, dans ces montagnes, c’est la survie au jour le jour. De nombreux enfants jouent le long de la chaussée entre les piments rouges et les racines qui sèchent, alors que les plus âgés transportent du bois ou la récolte de la journée dans des hottes accrochées à leur dos. Les habits sont sales et usés. Les conditions d’hygiène sont précaires. Nous voyons souvent des gens faire leur toilette au bord de la route, profitant d’une source ou de la petite chute d’eau d’un ruisseau.

Les gros véhicules 4X4, tellement nombreux dans le pays voisin, sont bien plus rares ici. Ils paraissent d’ailleurs, quand ils traversent l’un de ces villages, venus d’un autre temps. Venus du futur ou même d’une autre planète tellement le décalage est énorme entre ces véhicules sophistiqués et la sobriété pour ne pas dire le dépouillement des habitations des villageois.

Chaque coin de nature accessible à l’homme est exploité. Au même titre, la moindre étendue d’eau concentre un grand nombre de pêcheurs qui travaillent sur de petites pirogues taillées dans des troncs d’arbres. Les nombreuses gargotes bordant la route et arborant des guirlandes de poissons séchés témoignent de la présence abondante de plusieurs espèces qui viendront agrémenter le plat de riz ou le bol de soupe.

Il n’y a guère que dans les régions touristiques qu’une petite partie de la population s’en sort mieux.

De beaux endroits, le Laos n’en manque pas. Vangvieng, petite ville construite en contre bas d’une forêt de piton rocheux qui regorge de grottes et cascades. Luangprabang, ville classée au patrimoine mondial et qui borde le Mékong. Phonsavan et la plaine des jarres. Ces grosses jarres taillées il y a quelques millénaires dans des rochers de calcaire et qui semblaient servir de sépultures…

En reliant ces différents sites, le spectacle est aussi tout au long de la route.

A l’étape, ce sont souvent des regrets de ne pas s’être arrêté plus souvent pour faire encore plus de photos. Une fois encore, il faudrait filmer en permanence. Il faut dire, qu’assis sur la moto, nous occupons un poste privilégié pour voir les gens vivre tout au long de notre route.

Au hit parade des photos que nous n’avons pas faites aujourd’hui :

Ces enfants qui sautillent dans l’eau boueuse accumulée dans un grand trou sur un chantier et qui leur donnent l’impression d’être dans un jacuzi, ces hommes qui s’occupent de leurs jeunes enfants pendant que leurs femmes coupent du bois, cette vache qui est en train, au milieu de la route, d’essayer d’avaler une « tong » en caoutchouc, ces images traditionnelles de paysans coiffés de chapeaux « chinois » en train de repiquer les plants de riz (c’est la saison) dans les rizières vertes fluo et inondées, ce camion surchargé de marchandises et recouvert d’une grappe humaine, ces piton rocheux qui s’enchainent pour se perdre dans la brume à l’horizon… Malgré les milliers de photos que nous faisons depuis maintenant 14 mois, ce sont celles que nous n’avons pas faites qui nous préoccupent…

Ici aussi, les rencontres contribuent à l’agrément du voyage. Dans le classement des rencontres exceptionnelles, celle de Thierry est en bonne place.

Sans faire un tour du Monde comme nous l’entendons, lui, parcours un maximum de pays depuis… 35 ans et à cheval! Les aventures qu’il nous raconte ne manquent pas de piquant.

La route est mauvaise. Nos amortisseurs font le maximum, mais notre chargement bien trop lourd nous empêche de rouler à un rythme normal. Nous n’en avons que plus le temps pour apprécier ce qui se passe autour de nous. D’autant, que depuis notre passage à Phuket, la moto se fait complètement oublier tellement elle marche bien. En passant le cap des 100 000 kilomètres il y a quelques jours, peut être en avons-nous fini le rodage ?

Retour à Vientiane. Nous avons déjà nos repères et bonnes adresses ici. Nous sommes un peu comme à la maison. Quelques visites touristiques, la récupération, non sans mal, de nos passeports auprès de l’ambassade de l’Inde (en fait, en une semaine rien n’a été fait, et devant notre insistance, le responsable des visas nous colle le fameux timbre sur nos passeports en …quelques minutes…) et il va falloir prendre la direction du Sud, vers le Cambodge. Le temps passe très vite, la saison des pluies a commencé ici, et si nous voulons avoir une chance, même infime, d’apercevoir l’Everest au Népal puis de gravir la plus haute route du Monde au Nord de l’Inde dans de bonnes conditions, il va nous falloir accélérer un peu le rythme (nous n’avons pourtant pas vraiment l’impression de chômer…).

Allez, on roule ! Nous vous laissons encore pour cette fois-ci. Il y a encore tellement de choses à voir, de gens à rencontrer…

Recevez un grand bonjour du Laos !!!

Chris et Alain

www.motards-nomades.com

 


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